04 décembre 2009

04/12/2009

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Reprise du « Journal d’un Képois »

 

04 décembre 2009.

 

Je me décide donc à reprendre mon journal, après plusieurs mois « d‘abstinence ». Il serait trop long de raconter tout ce qui s’est passé, entre les problèmes de mon frère, l’école, mon voyage de presque un mois en France, Veng, des retrouvailles et des déceptions amicales. Certaines choses reviendront peut-être sous la forme de réminiscence mémorielle, souvenirs en flash back, appelé par des faits contemporains à cette reprise.

 

L’école a bien rouverte la première semaine d’octobre, sans Sarah mais avec Alexandra, nouvelle venue, ici en tant que chef de projet. Une centaine d’élèves inscrits, un nouveau partenariat avec HAMAP Santé, mais une reprise rendue plus complexe par le départ de Sok en France pour un mois, il y a une dizaine de jours maintenant. C’est donc Anne-Sophie et Guillaume, que nous avions rencontré à Phnom Penh il y a deux mois, qui sont venus à la rescousse. Anne-So s’occupe des petits, de 9 heures à 11 heures et de 14 heures à 16 heures, et Guillaume du « bar » du Caméléon qui a lui aussi repris ses fonctions, mais comme à ses débuts, c'est-à-dire sans une publicité qui pourrait l’assimiler à l’école. L’ambiance est donc excellente. J’ai fêté ma première année d’installation au Cambodge, puis mes un an avec Veng, toujours aussi adorable et dont je suis toujours fou amoureux, un peu trop parfois il me semble, mais cela vaut mieux que le contraire. Tout pourrait être comme l’hiver qui déroule ses journées « fraîches » et ensoleillées, si ce n’était mon frère, et la rencontre d’une moto avec moi dessus, et d’un veau fou, le jour de mon anniversaire, qui se solda par une fracture de l’olécrane du coude, une plaie imposante à la hanche et quelques contusions et écorchures, qui me firent passer mon « happy birthday » à l’hôpital Calmette de Phnom Penh, les yeux fixés au ventilateur plafonnier, entre deux autres accidentés de la route et leur famille respective, puisque aucun service de chambre (repas, toilette, etc.) ne sont proposé par l’hôpital. Ce sont donc les familles, qui dorment à même le sol, qui s’occupe de tout. Me concernant, Veng fut mon ange gardien et me pouponna durant la petite semaine que durerait mon séjour après l’opération, qui eue lieu le 19 à l’aube, dura presque deux heures, et vit mon bras droit « ferré » de deux broches et mon compte en banque amputé, lui, de quelques centaines de dollars,  répétition « débitrice » assez épuisante ces trois derniers mois. Enfin, je suis en phase de rééducation, m’imposant une demi-heure de « torture » quotidienne pour essayer de retrouver 100 % en flexion / extension du coude, ce qui n’est pas complètement sûr…  En parallèle, donc, mon frère. Toute les histoires seraient trop longues et complexes à raconter, mais disons, comme le constataient justement deux amis communs, qu’il ne tire jamais leçon de ses erreurs, balance en général sur le dos des autres ses problèmes, et de par les quantités d’alcool qu’il s’envoie, ne réfléchit pas aux solutions qui pourraient être les bonnes pour enfin s’en sortir. Après une tentative avortée de travailler, dans des conditions de « rêves » en tant que Manager au Bout du Monde, de par mon entremise, il a repris le Caméléon, il est vrai, avec l’accord de tout le monde. Mais ayant voulu trop en faire, c’est jusqu’à l’école qui fut en danger, entre autre après une sordide histoire de baise qui nous amena à une engueulade mémorable, à une « fuite » de ma part à Phnom Chiso, et à une rumeur circulant dans Kep, faisant passer le Caméléon, maison des professeurs et vitrine de l’école, pour une maison de passe! Une fois de plus il n’y était pour rien, ni au Bout du Monde, ni au Caméléon, seulement toutes les méchantes Sambath et hypocrites Vice-gouverneur étaient les coupables, sans, limite, me compter dans le lot, et toute la terre entière avec. Il décida donc de tenter sa chance… en Thaïlande ! Alors même qu’on lui avait dit que là-bas on n’engageait pas de barman ou manager occidentaux, puisque la main d’œuvre locale était largement formée et suffisante. Pour se faire il demanda à tout le monde de l’argent, dont à moi. Et ce fut 600 $ qui partirent, en fumée et en quelques jours à Phnom Penh, en beuveries, entre autre. Puis 3 mois assez catastrophiques, et hier un mail comme quoi il était en overstay de visa de plus d’un mois, menacé de prison, et acculé à payer 530 $ pour pouvoir quitter le territoire. Et donc, encore 600 $ a envoyer d’urgence. Auxquels on peut rajouter les 800 $ que m’aura coûté l’opération et ses frais corollaires. Bref, je ne cache pas à ce jour qu’une certaine « mélancolie » me gagne, malgré la gentillesse de tout mon entourage et des élèves. Peut-être est-ce là une des raisons qui motive le reprise de ce journal ; un besoin de laisser sortir mes sentiments d’un côté, et de l’autre celui de m’évader le temps de l’écriture, ou encore de me réfugier dans le récit à venir des petits bonheurs du quotidien qui me permettent de ne pas sombrer dans la déprime, alors que toutes les conditions sont là pour une vie sereine, calme, constructive et heureuse. Des « détails » comme cette dégustation de délicieuses tartes au chocolat accompagnées d’un petit Chardonnay blanc pas piqué des brouettes avant-hier, ou le plaisir d’avoir repris les cours depuis lundi, de 17 à 20 heures. La lecture de bons bouquins au soleil, face à la mer. La « fraîcheur » des petits matins avec le café en terrasse et le rire des enfants. L’achat d’une nouvelle moto pour nos un a avec Veng (Merci Danielle et Daniel !) Les séances de « pêche » à la lumière de la pleine lune, que j’observe les pieds dans l’eau sur un petit muret, alors que s’ébattent Veng, Piseth, Rady et Guillaume. Les passages de Jérôme au Caméléon, l’écriture et la publication de mes textes dans l’Echo du Cambodge, ou encore cette superbe petite soirée d’anniversaire concoctée par Veng et une quarantaine d’élèves, avec Alexandra, Anne-So et Guillaume et avec ballons, gâteau, danse et pluie de cadeaux ! Bref, toute cette brochette d’instants délicieux, qui rattrapent les grosses emmerdes de ces derniers mois et me font maintenir la tête hors de l’eau, avec même, parfois, une certaine zénitude toute Asiatico-Képo-Bouddhiste.   

Absence.

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06 juillet 2009

Synthèse TKR

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Mardi 07 mars 2009

 

   Ce journal va prendre une tournure particulière pendant deux jours. En effet, mon programme de vacances s’est vu tourneboulé par ma décision d’aller assister à deux séances du procès en cours de Kaing Guek Eav, alias Duch, chef des camps M 13 et S 21 durant la terreur des Khmers Rouges, cela dans le cadre du très contreversé  Procès International des Khmers Rouges, mis en place par l’ONU et l’Etat du Cambodge, principalement financé par la France et le Japon.

   J’ai considéré que vivant dans ce pays, il était pour moi indispensable, pour mieux le comprendre, de m’intéresser à sa langue et à son histoire. Histoire d’autant plus importante qu’elle fût récemment bouleversée par une des plus horribles guerres du 20ème siècle. En effet la plupart des historiens s’accordent à dire que les quatre grands dérapages de ce siècle furent le génocide des juifs et celui des Arméniens (pas encore reconnu par la Turquie), et les massacres intercommunautaires des Tutsie par les Hutus et des Cambodgiens par les Cambodgiens Khmers Rouges. Je tiens à signaler tout de suite que je ne suis pas historien, que bien d’autres massacres eurent lieux que ce soit au cours de guerres où tous les civils furent touchés (Kosovo/Bosnie, Darfour, Chine/Tibet, etc.), d’autres où l’on s’en prie à des communautés particulières (Homosexuels, gens du voyage) sans parler de celles, moins médiatisées, en Afrique tout particulièrement. Et puis ceci n’est pas une chronique des ignominies perpétrées par tous les fous de tous les pays, par tous les tarés du monde entier,  mais juste le récit de mon incursion dans un Tribunal au cours de laquelle j’ai pu voir et entendre un de ces « monstres », à la fois se justifier, mais aussi, accepter ses responsabilités et demander pardon, à la différence des quatre autres accusés, pour l’instant. Voici donc un récit purement subjectif, entre impression et paroles dites, n’ayant bien sûr comme valeur que celle d’un néophyte.     

                                                                          ***

 

   Le premier jour où j’arrive voit l’audience reprendre sur les questions du juge français Lavergne sur les conditions de détention, la vie au quotidien et les mesures de sécurité pour empêcher les évasions, à M13, le centre dont s’occupait Duch avant d’être nommé responsable de S 21, plus connu sous le nom de Tuol Sleng. Tout ce que j’écris entre guillemet est la retranscription des dialogues entre l’accusation et l’accusé, et sera sujet à être contredit, affirmé ou répété au fil des audiences par ce dernier. Et ponctué « d’anecdotes »… N’ayant pas pu tout noter, je séparerai par un saut de lignes les phrases que j’ai écrite car m’ayant particulièrement marquées, sans avoir pris soin de noter la question précise. Ces phrases resteront tout de même liées au contexte, ou alors je le resituerai. Précision importante, Duch n’est pas jugé sur ses responsabilités durant cette période, l’accusation portant de 1975 à 1979, c'est-à-dire sur S 21. Mais M 13 ayant été, en quelque sorte, le camp où Duch s’est « fait la main », il a été considéré comme important d’en parler.

 

« Juge Lavergne : Pouvez-vous nous préciser les conditions de détentions à M 13 ?

 

Duch : Il y avait des mesures de sécurités pour empêcher les évasions. (…) La journée les prisonniers travaillaient, pour l’agriculture, les femmes par exemple plantaient des aubergines, le soir les prisonniers étaient enchaînés par les pieds. (…) Il y avait la construction de digues, on les emmenaient liés ensemble par le cou, attachés par des cordes de hamacs. (…) Les évasions étaient presque impossibles. Je vois très bien, j’observe. Les prisonniers qui s’évadaient étaient rattrapés puis exécutés. (…) Les prisonniers étaient enfermés dans des baraquements et des fosses, d’environ deux mètres de long sur trois mètres de large et deux mètres de profondeur. (…)

 

Juge Lavergne : Comment se passaient les interrogatoires, quelles méthodes utilisiez-vous?

 

Duch : Il s’agissait principalement de tabassage, de coup de fouet. (…) Je me souviens de… alias P, qui écrivait des poèmes. Je l’ai torturé pendant presque un mois, pour expérimenter, puis j’ai appris aux autres à torturer, « je suis responsable ». (…) J’ai aussi essayé sur une femme une méthode nouvelle. Je lui ai dit d’aller se laver dans la rivière, puis en sortant je lui ai dit de rester nue dans le vent et le froid car il faisait froid à cette époque. Mais l’expérience ne s’est pas avérée efficace et j’ai abandonné cette méthode. (…) Dans les centres de détentions des Khmers Rouges et dans les postes de police la torture était systématique.

 

Juge Lavergne : Quelle forme de violence pendant les interrogatoires ?

 

Duch : Il y avait trois types, trois niveaux je dirais. D’abord la méthode douce, basée sur la communication orale, la menace avec un marteau ou un bâton, il fallait faire monter la peur, être convaincant. (…) Puis il fallait passer aux actes, les frapper, les étouffer avec un sac plastique sur la tête mais nous n’avions pas toujours de sacs plastiques. Et enfin la méthode plus brutale, c’est Ta Mok (supérieur direct) qui me l’avait apprise. Nous avions monté des poteaux, et on les attachait à ces poteaux pendant quatre ou cinq jours, avec les mains liées derrière le dos (Il se lève pour montrer comment) en séparant les détenus pour qu’ils ne puissent pas se parler. »

 

   Il y a eu aussi une première série de questions, questions qui seront régulièrement répétées, sur les méthodes de tortures. C’est à ce moment que j’ai eu envie de pleurer, la gorge serrée, je regardais aussi le visage de Veng, très fermé sur lui-même. Enoncé de ces méthodes, dont Duch nie qu’elles aient eu lieu à M 13, mais qui furent pratiquées à S 21. Enfonçage d’aiguilles sous les ongles et ongles arrachés, suspension des prisonniers à des poteaux, noyades. Pénétrations anales avec divers objets, parfois des tisons brûlants. Etouffements, bris d’os à l’aide de marteaux. Pendaisons publiques. Tétons ou seins coupés, arrachés… Et d’autres encore mais j’ai arrêté de noter. Une question suite à cette énumération, qui sera développée plus tard, mais qui rend toutes ces pratiques encore plus ignobles, concernant la véracité des aveux obtenus sous la torture : 20% peut-être des réponses étaient « conformes à la réalité. ».

 

   Les questions reprennent sur les exécutions.

 

« Duch : L’interrogatoire terminée, il fallait exécuter, effectuer l’exécution le plus rapidement possible. (…) Ta Mok le disait donc il fallait le faire, c’était acceptable. (…) Il fallait procéder à l’écrasement, il fallait écraser. (…) Je ne le faisais pas moi-même, je le faisais faire par des fils de paysans que je recrutais dans les villages avoisinants. (…) L’âge des membres de l’équipe chargée des exécutions était compris entre seize et dix-huit ans. Il y avait aussi deux adolescents. (…) Le plus jeune, âgé de douze ans, je l’utilisais comme messager.

 

Le juge Lavergne : quel était le processus, la méthode d’exécution?

 

Duch : (…) Le bâton, l’ordre était donné d’asséner un coup de bâton ou de barre de fer sur la base du coup de la personne. (…) nous utilisions cette méthode car elle ne faisait pas de bruit, pas d’exécution à l’arme à feu.

 

Le juge Lavergne : Est-ce que les exécutions étaient secrètes, étaient-elles nombreuses?

 

Duch : Le secret était partout et les exécutions devaient être secrètes. Elles avaient lieu à environ cent mètres du camp. Il n’y en a pas eu moins de deux cent et pas plus de trois cent. (…)

 

Le juge Lavergne : Est-ce qu’il y a eu des purges, quelle était la nature des prisonniers qu’on vous amenait?

 

Duch : C’était des espions, ou considérés comme tel. Des espions et des ennemis de classe, des rebelles à la révolution, des traîtres. Il y a aussi eu quatre exécutions de cadres du Kampuchéa Démocratiques. (…) Mais pas d’exécutions de vietnamiens à M 13, ou je ne m’en souviens pas. (…)

 

   Puis le juge Lavergne demande à produire une pièce à conviction, le témoignage écrit et traduit de Han Hin, malheureusement décédé, qui fût un rescapé du camp M 13. La lecture commence. Han Hin dément les propos de Duch, dit que Duch a lui-même participé aux tortures et exécutions, parle de vingt à trente mille exécutions. Duch nie et dit que pour connaître la vérité il suffirait de creuser autour du camp, d’exhumer et de compter les corps. Puis intervention de la défense signifiant que bien que cette pièce à conviction ait été portée au dossier par les juges d’instruction, elle n’est pas recevable et n’a pas de valeur judiciaire car on ne connaît pas ses origines, on ne sait pas qui l’a traduite. L’avocat, François Roux, demande une interruption de séance, l’obtient. Fin de la séance du matin. Pause déjeuner.

 

                                                                          ***

 

   Je suis fatigué au bout de ces presque trois heures trente de procès. Physiquement et nerveusement. Bien sûr je connaissais les tenants et aboutissants de cette parenthèse Khmers Rouges, qui a ravagé le Cambodge en moins de quatre ans, faisant dans les deux millions de morts. Je connaissais aussi S 21 et Duch, pour avoir vu « S 21, La Machine de Mort Khmer Rouge », de Rithy Panh. Mais il y a là une confrontation à la réalité qui pousse à poser un regard très différent sur cette époque. En parlant de Rithy Panh, il est présent dans la salle, en tant que « spectateur ». Il y a aussi James Burnet, ancien journaliste pour Libération et Le Monde, qui couvrait cette région de l’Asie du Sud-est avant 1975 et après 1979, qui de plus va au procès et en revient tous les jours avec Bernard, et donc moi, dans sa voiture. Il y aussi la présidente de MIKADO, une association des droits de l’homme basée en France et au Cambodge, femme cambodgienne très intéressante et parfaitement francophone, accompagné de son mari, un ancien général qui s’occupait entre autre de la sécurité de l’ambassade, avant, pendant et après les Khmers Rouges. Bref, une kyrielle de personnages qui ont été « là » et qui pour certains sont encore dans le « secret ». Les discussions sont passionnantes, les avis se confrontent, je reste discret, à l’écoute, intervenant parfois, étonnement de façon assez judicieuse, avec à deux reprises une pointe d’humour qui détend un peu l’atmosphère. Mais je ferais une petite synthèse à la fin de ce récit… A treize heures trente l’audience reprend. Je résume les réponses de Duch au juge Lavergne et aux questions posés par les parties civiles sur M 13 et la fermeture de M 13, audiences de cette après-midi, mais aussi du lendemain matin.

 

   Duch aura dirigé M 13 quatre ans, du vingt janvier 1971 au premier octobre 1975. Il y aura eu en tout trois déménagements du camp durant cette période, le dernier eut lieu en juin 1973. Il y avait environ de dix-sept à vingt « employés » dans le camp. « L’enfant est comme une feuille blanche, on peut y écrire son histoire » et donc la majorité du personnel de M 13 était des jeunes de douze à dix-neuf ans recrutés dans les villages. Ces enfants étaient directement recrutés par Duch qui les formait aux méthodes de tortures et d’exécutions, tâches auxquelles ils étaient affectés. Précision de Duch à ce sujet : « Ils ne sont pas coupables, il ne faut pas juger la main qui tenait le bâton mais celui qui leur a mit le bâton dans la main, et je suis donc le seul responsable. » Il affirme à ce propos n’avoir jamais lui-même exécuté personne, seulement avoir ordonné les exécutions. 

 

   « M 13 était un centre d’exécution, un centre criminel, je n’objecte pas cette appellation. »

 

   «  Personne ne pouvait s’enfuir, il y a seulement eu un cas d’évasion, un groupe, mais sinon personne ne pouvait s’enfuir. »

 

   «  A l’époque il n’y avait pas de cultures privées, seulement des cultures collectives, et les prisonniers participaient à ces cultures. »

 

   « Quand le Parti donnait un ordre, il fallait l’exécuter, nous ne pouvions pas désobéir aux ordres du Parti, aux ordres de nos supérieurs, et dans le cadre de mes responsabilités à M 13, mes subordonnés ne pouvaient pas non plus me désobéir. »

 

   « Je n’ai jamais assisté à une exécution, elles avaient lieux à cent mètres du camp, dans la forêt, je n’y assistais pas. » 

 

   « Il fallait écraser, écraser, nous pratiquions l’écrasement. »