07 mars 2006

3 à 18 dans le désordre

 

medium_perec5.jpg

 

Je me souviens de cette frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, cette certitude de rentrer à la maison...

Je me souviens de la lumière ivre de l'aube le premier janvier deux-mille six, en équilibre sur le muret qui plongeait dans la jungle du Cambodge et la mer du Vietnam.

Je me souviens, dans le bus qui me ramenait à Phnom Penh, des trente-trois ans de Thomas ; de ce pardon, plus christique qu'innocent, qui se crucifiait en Moi...

Je me souviens que j'ai toujours su ne jamais être né.

Je me souviens avoir été coiffé à l'île de la Soie à l'heure de la sortie des écoles, comme des centaines de gamins riaient, riaient, riaient jusqu'à faire trembler de rire l'humanité toute entière en me voyant me faire coiffer, ICI...

Je me souviens de mes rêves. Et la facilité avec laquelle ils s'oublient dans les vapeurs de la réalité.

Je me souviens des Députés ivres dans ce Troquet derrière le Musée National, avec Sophéak et son Rire unique au Monde.

Je me souviens de ce matin où j'ai bu un café en regardant Sou Mey en haut du toit en train de peindre face à face au soleil, des danseuses Apsaras Cubistes dansant dans l'air contemporain du temps, obsolète Cambodgien : De cette « Apparition « onirique...

Je me souviens de mon frère, comme on est passé de l'incompréhension réciproque à la complicité mutuelle...

Je me souviens d'Isa, de Ben et Isabelle, de Marc et de Jub, d'Isabelle, d'Alex et de « Papa », de David et de miss Scorpion, de Janna, de son Frère et de Frankie, de mes amants anonymes et des noms de mes ami(e)s d'un soir d'une nuit. De Nicolas et de Luc-Olivier, de Sophéak et de Sou Mey, de leurs parents et de leurs frères, de leurs enfants et de leurs soeurs, de leurs amis et de tous je me souviens de leurs coeurs battants au rythme du Rire et du sourire. Du 'chat' du Banana et des serveuses Apsaras. Je me souviens des jours à venir où toujours ils caresseront la nuit de mes souvenirs – Apparitions dans des rêves qu'on voudrait réel à jamais -

Je me souviens de mes larmes dans les bus, les aéroports, les taxis, les métros, les touk-touk, les boulevards à Paris et les Avenues à Phnom Penh, les Hôtels à Bangkok et les chambres à Siem Reap...

Je me souviens des soupes de tripes au petit-déjeuner, des bains dans le Mékong à l'aube, des programmes de TV5 et de l'ennui qui guette mais qui jamais n'attrape sa proie...

Je me souviens du vin de palme sous les Palmiers et de l'écho permanent des rires sans fin...

Je me souviens des impasses arc-en-ciel, des écoles dans les Vat, des temples urbains et des monastères sauvages qui brillent de mille feux de paix.

Je me souviens des repas jambes-croisées sur des tables improvisées...

Je me souviens de mes errances sous le soleil assassin, dans les marchés via les ruelles, de terrasses en matchs de boxes, à pied en moto, de levés en couchés de soleil, des avenues au Lac, au fil des hasards, d'ici et là au rythme Unique de la Vie qui s'improvise : Du swing des jours et de ceux des nuits blanches sur des motos inconscientes, à la barbe de la mort avec le rasoir de la Vie...

Commentaires

"Ma véritable histoire est la suivante. Silence.
Y passer nos vies. La petite histoire des fleurs qui disent merci à la culture.
Description.
Des tables et des chaises en acajou. Des murs blancs. Des photophores disséminés un peu partout."

La suite sur http://hirsute.hautetfort.com

Ecrit par : Andy Verol | 07 mars 2006

whaouh c'est trop beau ce que tu écris....
et encore je commence juste à découvrir!
et encore je ne parle même pas des photos là...

j'ai presque l'impression de me retrouver dans tes mots...
étrange
et
j'aime!

wldp

Ecrit par : wldp | 27 mars 2006

Ecrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.