10 juin 2006

Douce Amy

 

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Douce Amy.

Il est inutile de vouloir mettre des barreaux aux pics du soleil, de vouloir enfermer la liberté quand elle s'offre simplement. Il est inutile de vouloir se flageller parce qu'un sourire a manqué ou qu'une maladresse a trébuché sur le dos d'âne de la fatigue. Il est inutile de transformer un silence en vain bavardage de Tristesse. Il est inutile de faire d'un manquement à la bien-séance affective un « drôle de drame » . Il est inutile de gâcher l'Eden en battant de la hanche parce qu'un Adam a dérobé un regard, une attention, une intention. Il est inutile de se dénigrer parce que le temps fait son office et qu'on est toujours perdant. Il est inutile de se dire qu'on s'Aime au reflet TGV pour se rassurer. Mais par dessus-tout, il est inutile de se vouloir utile. Douce Amy, nous sommes fébriles, à fleur de peau, toujours sur la sellette, de la naissance aux morts jusqu'à ce qu'arrive la notre. Il reste, loin des politiques, des sanguinaires, des malfrats et des ordures, des pourris, des morts-vivants, des « borgnes » , des corrompus de toute race et de toute époque, des barbares et des aigris, des censeurs, des éteints, des prolifiques et des morts-nés, des salauds et des salopes ( Pas dans le sens de D. ) des Mauvais, des mesquins et des fanatiques : La liste serait trop longue et jamais exhaustive : Par-delà tous ceux-là il reste les poètes, les musiciens, les amoureux, les libertins, le soleil du Sud et les Nuages lourds de pluie du nord, les montagnes et les cités, les clubs de jazz et le bois ou le fer des scènes de théâtre, il reste les rimes tendres et les assassinats clownesques, les orgies d'Idées absurdes et l'onanisme jouissant des nuits solitaires, les enfants perdus et les parents oniriques, les improvisations sur la grille sans fin de l'humain à jamais incertains, il reste le RIRE de ce qui est noir et les larmes de JOIES des sempiternelles pâleurs : Il reste le swing des guitares, et si tard des cithares : les Trouvères qui aiment à se perdre et les angelots qui aiment à voler des cierges dans des Cathédrales d'autre-monde. Il reste les siestes les après-midi de grosse chaleur, les résistances aux minuits frénétiques, la blancheur chaud/froid exhibée des bonheurs nocturnales. Il reste, toujours quelque chose, qui dépasse le Temps et n'arrive jamais, sans frustrations. Il reste, toujours quelques chose d'intemporel qu'il faut préserver, en Soi et pour l'Autre. Douce Amy, je ne suis qu'un Errant Errant Petit Peter Pan, fragile bloc de swing perdu à la lisière de cristal du Temps qui passe, cherchant toujours à surmonter et à transcender, mais faible face aux larmes : Mes épaules sont trop frêles pour supporter le poids du Monde et encore trop frêle pour supporter trop d'auto-flagellation, d'un corps et d'un visage si beau et lumineux quand le Rire prend le dessus.

Commentaires

Nous rirons aux larmes, sans larmes. Nous laisserons des ailes envoler nos épaules. Nous laisserons la liberté sécher les regrets jusqu'à un prompt oubli. Don't worry, sweetheart. Et il y aura une chanson, comme Greco, Prévert, Cosma : "Je suis comme je suis... Quand j'ai envie de rire, moi je ris aux éclats, j'aime celui qui m'aime". Et un sourire dans la douceur, légère, pour consoler les sanglots, venus de si loin, les pleurs des enfants avec la trace de sel sur leurs joues où s'esquisse un nouveau rire. Il suffit d'une fontaine,d'un baiser tendre comme un papillon dans l'ivresse de l'azur, d' un poème chantonné, de Louis Amstrong chantant "La vie en rose" et "C'est si bon", de Rex Stewart et Albert Nicholas au Savoy de Boston pour un Dixieland free-for-all, mon premier disque de jazz. Et de l'écriture magique, la mer miroitante où scintille ta vie. Et elle est retrouvée, l'éternité.

Ecrit par : Amy | 10 juin 2006

super génial ton site manu

Ecrit par : gilles | 16 juin 2006

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