26 août 2007
Place des Cardeurs.

Dans le tumulte stupéfiant de tes regards
Pareil aux flux et reflux d’un Styx ambiguë
J’ai laissé s’embellir le spectre hagard
De mon âme fanée aux délires têtus.
Peut-être ta mémoire se souvient-elle
De mes yeux implorants de jeune malade
Comme ils fouillèrent insolents tes prunelles
En s’imaginant mille et une balades.
Solitaire je promenais mon image
Dans les ruelles de ma ville natale
Drôlement vêtu, tristes moi et mon âge
N’allions nulle part tout en bravant le mistral
Sur ses trottoirs que je savais mieux que mon nom
J’errais dérisoire en rêvant de silence
Clope au bec, chapeau sur le crâne, dérision,
Ivre je me remémorais mon enfance.
Je souriais étranger je mangeais mon pain,
Ma mélancolie était celle d’un bouffon
N’ayant personne à faire rire, était d’un chien
Venant de perdre son maître et ses ordres abscons.
Puis je t’ai croisé. De ces invraisemblable muses
Dont les poètes parlent dans leurs poèmes,
Tu avais l’air malicieuse de celles qui s’amusent
A faire fléchir les faibles et leur bohème.
Tu savais les attitudes qui font frémir
Les paroles qui se gravent au cœur du sang
Les gestes les manières d’effleurer les rires
Que personne n’oublie sauf celui qui se ment.
Tu avais ce visage comme d’une apparition
Avançait en saccades, langue protractile
A l’affût tu avançais en caméléon
Dans le saccage de mon corps malhabile.
Sachant les circonstances, jouant des instants,
Tu avais l’art de rendre l’autre fou et, - Foan !
Combien en as-tu rendu complètement saoul
Avec tes sortilèges et tes jeux de femmes ?
Mais Circée féerique, épicentre Afrique
Petite sœur de la Kora aux yeux brillants
Je me souviens surtout de nos discussions obliques
Et de l’oblique de ton regard d’enfant.
02:43 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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