28 août 2007
Oraison funeste.

A l’orée du bois s’étalent les branches-souvenirs.
Je me rappelle un dernier soupir, le mien je crois,
Il partait d’un recoin comme d’un empire
Du lointain de ma chair il me laissa sans voix.
Je me suis éteint dans le mensonge à la fleur
J’ai volé son parfum, j’ai brûlé son odeur
L’amer des pétales a volé entre les éclairs
Incandescences miroitées, étoiles grégaires.
Lambeaux de l’orage éclaté de foudres
J’erre en rage à la lisière pâle de l’amour
Fringale de cimetières, éclipses sourdes
Je me trimballe, bringuebale et me lourde.
Je me suis rendu au centre des harmonies idéales
Dans le ramdam, les flots des désirs éthérés,
Sac d’os et d’espoir depuis trop longtemps fané
Je ne suis arrivé qu’au cuivre lisse d’une balle.
A l’orée du bois s’étalent les branches-souvenirs
Désert et sécheresse d’un devenir absurde
Je me souviens de nos corps empêtrés dans les soupirs
De nos corps scintillants, de la mort à l’étude.
Ne serais-je donc plus que l’ombre d’un fou
Arrivé à la dérive au bout du rouleau
Traînant ses boulets comme dansent dans la boue
Les pouacres maigres et crades dans leur placebo ?
Je me suis perdu dans le jardin pollué des vices
Chaque aube reconnaît à nouveau ma croix
Les crapauds fiers croassent en leur calice
Dans les églises en ruines criant aux abois.
Cosmogonie onirique, chorégraphie du réel
Je déambule saoul dans mon jus lactescent: Prolepse:
Moquez-vous des agissements du bâtard irréel
Je suis heureux que mon juste délire vous empeste.
Je me suis pendu à la bave des astres
Avec La corde esclave de mes désastres
J’ai vu un ange probe se défenestrer
Tomber avec moi dans la fosse aux paumés.
A l’orée du bois s’étalent les branches-souvenirs
Sinueuses extractions en faction à la lisière
Je me souviens de la somme de mes délires
Des torsions et distensions pour enfin m’en soustraire.
21:11 Publié dans Fantaisies " erreurs de jeunesse " | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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