20 octobre 2007
Billevesées

Il faut que je travaille ! (Billevesées !)
Il faut que je sois un bon serf… Que je concessionne bien doux, sur tout, surtout que je m’inclus bien à la fange… Que je ne fasse qu’un avec le quotidien, que je me range en osmose avec la survie matérielle, le travail bien vache. Que je fasse du lait, qu’on puisse me traire, me ponctionner, bien grégaire, fastidieux, que je sois dans cette masse juste limite… Encore un peu décent tout de même… Pas à la rue, ni confortable… Pas SDF juste « ayant de quoi », pouvant subvenir, l’essentiel rien de substantiel… Aux excès inaccessible mais à la clochardisation évitée…
En équilibre douteux sur la brèche… Limitrophe… Pleine frontière… Mi-mort / Mi-vivant… Mi-couic / Mi-présent… Ni amorphe ni exalté, ni ruine ni flamboyance… Tout en nuances, en bruines, sans trop pencher d’ici de-là dans la balance… Ni tonnerre ni soleil, ni trouvère ni ciel, ni or ni étron.
Pâle comme je suis il faut que je sois un bon nègre rentable… Esclavage moderne, retour de boomerang... Boum !... Dans le rang, en enfilade et sans broncher ! Tout en pliures, courbures, les ménisques en miettes et le dos en galettes que je mime que tout va bien Madame La Marquise, et que non, je ne m’émiette point Monsieur De La Ronflette… Que je sourie bien bas… Oui Miss et Oui Sieur mais non je ne parle pas ni ne réfléchis, il ne s’agirait pas qu’en vos pensées je m’immisce…
Que je m’affiche bien sérieux, bien mis, neutre à souhait que j’éternue en silence et pas malade non surtout pas malade… Que je me montre parfaitement comme je ne suis pas, exact opposé, hypocrite au possible… Tout en douceur… Le mensonge sincère et si réclamations, que je me plaigne au Saint-siège en allumant un cierge sans trop montrer de mécontentement… Tapissé à fleur, chemise repassée, pli parfait, sans reproches et sans peurs… Col nickel, le fiel caméléon que je racole en loucedé faisant fi de mes rêves inachevés. Bien sans swing, bon ouvrier, cervelle en extinction sans feux de Bengale un petit mâle aux ordres qui font mal… Que soumission rime avec excitation et boulot avec tout beau, tout gentil, l’âme frite au grill du Néant que tout soit joli et intéressant… Brave domestique à son mignon notable, petite tique sonne la cloche, tout le monde à table, le festin des nantis est servi !
Que je mette mes méninges de côté en faisant quelques ménages… Que je sois en convolutés sur moi-même bien con sans voluptés… Que je me laisse aveulir et ne plus lire, ne plus penser mais travailler… Gagner mes francs, les mériter, quatre sous sans opéra petit rat grignote et tais-toi !... Sans fondations, larve bitumineuse se faisant rouler dans la farine en clapant son clapet… Ta gueule alcoolique ! Casse-couilles jamais ne l’être, mais fourbe et fourbu pour sa croûte, pain rancis et pâtes aux beurres les pataugas usés à servir pour payer le gaz… Suer c’est normal… Evident… S’agiter pour assurer quatre murs, la boustifaille dans l’assiette même les jours où on ne l’est pas, dedans… Montrer de l’allant ! De l’enthousiasme ! Vaquer surveillé, par quelques caméras dans l’entrepôt traqué car il faut bien, pour le soir un peu de matières, illicites sucrées, les feuilles à rouler, le « Gourmet » pour la Miss, félin et ses vaccins, croquettes et graviers. Être bien concret… Obnubilé boulot… Fade pour le sel dans la soupe, sans cheveux sur la langue ne pas balbutier, souple et affable pour ne pas être viré… Avoir le caractère bien docile… Tout doux… Qui accepte… Réfléchir surtout pas… Obéir… S’exécuter bien con, se démener dans le vivier de la rémunération sans promotion, être bien pute laissant se dégorger le sinciput de son trop-plein de vide…
Se falsifier… Tout en fausseté… En saloperie… Être un personnage à la place de Soi. Fiche… Numéro… Bavoir pour encre administrative… Être bien lisse, tout calque, admis… Intègre… Congloméré… Bien correct les contours, tout bien dans le moule être Ô cagôle bien remué dans la grande casserole fourre-tout du consumérisme à outrance. Se tisser sur mesure, englué tout banal, mièvre à qui mieux-mieux, à souhait, torve merde lacé… Bien géré, malléable et malléé, modelable viande qui se doit de s’user, au service de… Pour la caution, l’assurance, les garanties, le gel et le banquier, les capotes sont gratuites mais le popers en option…
Mais surtout ne pas se cracher sincère ! Se dévoiler naïvement ! Se montrer profond, se disséquer à la loyal !... Ah ça non ! Surtout ne pas se lâcher unique, faire voir la différence… Le canyon d’avec le reste… La béance de la crevasse… Le volcan qui éructe et exulte, la lave toute en ébullition… Prés aux spasmes… Nerveux… A la fantasmagorie meurtrière… Malade de désespoir… Amputé de croyance sous morphine utopique ne pas jeter à la gueule de ces gens là ses missiles de paradoxes, ses bombes à fragmentations oniriques, ses scuds libertins ! Faire bonne figure et montrer patte blanche à l’employé de rigueur, au troufion des instances, au chefaillon qui se croit terreur, qui s’imagine qu’il Pense, qu’il a raison, qui croit dur comme fer que sa manière de faire est la bonne, pauvre bonhomme !...
Non ! Que je me cache bien, sous des couches d’oripeaux, des strates de faux-semblants… Ne rien montrer encore une fois de Soi (Loyer)… Ne rien dévoiler de son cœur en lambeaux (Charges, taxes et factures)… Ne pas s’exalter ! (Chat)… Et ne rien dévoiler d’honnête sous peine de le regretter un jour (Messieurs et Mesdames de l’ANPE bonjour – Et bonsoir !)… Se contenter... Rester un fantôme ponctuel, une ombre régulière, un souffle de présence qui met la main devant sa bouche avant même de tousser, par précaution. Apeuré gringalet dans la grotte aux ogres, affolé galopin stressé aux ordres !...
Devenir, rester, perpétuellement baveux quarante annuités pour un pavillon de banlieue, l’écume dégoulinante au secret. Un tas à dispo, sans scissions sucer au fil des cessions dans le galetas sans passions surtout ne pas moufter. Et les ordres inaltérablement effectuer.
Être un bel exemple de fausseté ! Le puit à merde par excellence ! L’à-tout-faire jeter ses atouts à la mer, sans messages et sans bouteilles, subliminal appel au secours sans écho !
Rester fluide et vivant dans le tout-à-l’égout de l’époque, se diluer dans le cyanure de la routine ! Infecté d’obligations… Qui doit… Qui contient de quoi… Chair à canon ou chair à stock-options, pour les sévices public ou en représentation à la chaire privée d’une institution joliment subventionnée, être « de quoi avoir ou pouvant rapporter à moindres coûts »… Chacun son chemin de croix monétaire ! Soumission légale… Précarisation autorisée par le journal officiel : Chers administrateurs, prenez et jetez à votre bon gré !
Mais ne pas se plaindre… Evidence du siècle… Moderne… Adaptation… Priorités… Concurrence ne soyons pas concupiscent et pi y a pire ailleurs, et s’il y a mieux autre part, Fi ! Ou fuyez : Sa Patrie on l’aime ou on la quitte à ce qu’il paraît.
Mais énervons-nous encore un peu, ça ne sert à rien mais ça soulage !
Être une bonne salope oblitérée, poste restante : Oyez bonne gens je suis sis rue de la Société Maquerelle, à vot’ service. Vieillesse à assumer il faut s’assurer les rides ! Transpirer doublement pour maintenant et après ! Subventions pour commissions inutiles mais pas un centimes pour écrivaillons a-futiles fût-il bon. Non ! Calculer pour le futur. Prix de gros pour le bromure et la mort-aux-rats : Ratifions le décret du vingt-et-unième siècle : Les feignasses aux gibets et les Patrons aux Panthéons. La bonne vieille lutte des classes, smoking contre crasse ! Et continuez braves gens à bosser en projetant ! Projetez, les pros de la gestation de leurs bidons millésimés vous remercieront au centuple !
Oui ! Bosser projeté… Miroiter sa mort et calculer sa fin… Prévoir la décrépitude sociale-professionnelle… Rêver de l’accession au Club Med nouvelle formule ! Quinze jours dans un pays du tiers-monde pour moins d’un mois de salaire, sourires des nègros garantie sans astérix. Toutes les capitales du monde à une aile d’A 380 et en cas d’infarctus du Myocarde rapatriement Carte Premier assuré ! Rafiots de luxe, croisières pépères, vos quarante-cinq annuités les ont bien mérité ! Esquissez-vous en projection de vieillardises, je ne vous attendrez pas pour ailleurs poser mes valises !
S’autopsier à l’avance par assurance ! Choisir sa Bière et son cimetière, crédit à taux réduits !
Travailler ! S’agiter éteint ! Être le joyeux pantin des stentors qui savourent, des marionnettistes qui vous labourent. Point de jachères dans les traverses de galères ! Je ramasse mes piécettes en fin de mois affamé du Moi d’avant… La turlutte tenace pour éviter le Parc je lisse le marbre de mon Vouloir, tente la résistance mais la crevure me gagne, la fatigue prend le dessus, je n’écris plus que mon inutile journal, mes futiles pensées sans habilités ni poésie, arrivant jusqu’à perdre mes derniers refuges, et mes derniers deniers dans des alcools qui ne sont que des subterfuges. Tenter de racler le fond des francs qui restent pour respirer un peu encore en taclant aux mols laids les patrons insignifiants qui vous signent votre fiche de paie comme j’m’en fiche tout en se prenant pour bon Roi. Je n’achète même plus de livres ! Je les vends…
S’user pour un pourboire… Une ristourne… Une feuille de paie dans les détails… Et social sécurité… Poinçonner le carton à exister… Penser que Céline n’a écrit qu’un livre… Que la chasse est écologique… Que l’armée est une force de paix… Que la mondialisation c’est le folklore du millénaire… Qu’il vaut mieux travailler pour Auchan que d’essayer d’écrire quelques livres invendables… Où écrire quelques livres bien consensuels pour quelques prix rentables, de préférence en oubliant d’exister. Opéré de Poésie comme d’une sale hernie, d’un cancer qui tourne mal, d’un Sida qui s’acharne… Anesthésié par la réalité porcine se laisser couper les couilles et chanter d’une voix de castrat des partitions pour Média… Ne plus transparaître mais paraître chez Ardisson and cons’ domestiqué et excisé de Swing. Ne pas parler de Miles c’est ringard mais encenser Mika en léchant une glace Miko avant un Film TF1 à l’UGC du coin. Être Blanc, Français, Fier et Patriote. Ou mieux encore, pédé, étranger et Nicolas. Mais surtout ne pas gerber dans les Ors, et prévoir une bassine.
Mais, amusez-vous à croire encore.
Magnifié par la toge livide et mesquine
Des mensonges cotés en bourse
L’humain lambda n’est qu’une bonne lapine
Dans le clapier des Ressources.
22:35 Publié dans Fantaisies " erreurs de jeunesse " | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires
De quoi tu t'plains? Qui ne travaille pas ne mange pas! Et le travail rend libre! Il y en a en ce moment des rescapés des orgasmes qui poussent leur premier hurlement pour pomper l'air, te pomper l'air, c'est la loi de la nature! Et avec antibiotiques et pesticides, la vieille nature n'y arrive plus. La machine s'est emballée, elle n'y arrive plus, les morts-vivants restent vivants, l'enfant paraît par milliards en un siècle. Alors tu peux bien hurler, il n'y a plus de désert. il n'y en a plus. Un tsunami, un cholèra, dérisoire! Dans leur cage trop étroite, les humains se battent, quelques bombes! deux ou trois bébés au congélateur! Dérisoire! Mais les milliards puissance x de spermatozoides, laissez-les vivre. Et ne brisez pas le coeur des mères! Alors tes oeuvres complètes, vite direction l'espace pour de futurs extra-terrestres!
Ecrit par : Bête et méchant | 19 octobre 2007
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