26 janvier 2008

Un couillon et deux bilboquets au Cambodge.

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   Je bilboque donc je sue, dans des paysages chauds qui m’interloquent, des transpirations nouvelles me rappellent que breloque je m’enfuis mais peu importe car ce n’est pas n’importe où... La silhouette d’un jeune paysan me fait monter des sueurs froides, le visage d’une demoiselle à chapeau conique trimant dans les champs me fait venir des chants étranges alors qu’un gamin comique me tire des larmes de rires malins. Je cherche une échappatoire aux lieux communs, un principe d’évasion aux descriptions objectives, un refuge subjectif où lover quelques instantanés.

   Des étendues de vide s’offrent à perte de vue mais je ne peux pas parler d’étendues de vide car elles sont pleines de Vie. Je me les approprie et d’émoi j’oublie qui je suis pour me retrouver autrement. Cultiver le mensonge à Soi pour trouver un Moi à peu prés vrai, une quête insensé parsemée des mille pièges de la sensibilité. Alors je lève les yeux au ciel, me passe les mains autour du cou, et tel un lapin de son chapeau apparaît un bilboquet, d’apparat collier, et je joue de la ficelle, de la sphère et du bit d’amarrage avant de rentrer en transe :

 

   Mes plantes de pieds se palment dans le Mékong et je me pâme dans mon autisme, défiant l’indéfini du Temps. Le soleil me brûle, des échos de rires me galvanisent, des regards aux perspectives de Joie me dessinent un autre art de vivre, un Rien est une Surprise.

   La rive au loin en face m’efface de tout principe Logique, elle ne se heurte à aucun réel dont on pourrait dire qu’il soit cohérent. Je barbotte dans un des plus fous fleuves de la terre comme on s’installe dans une baignoire chamanique et fantastique : Je couine des couins-couins comme un chat ronronne et magicien je fais fi des équilibre, bilboquant debout sur une bouée au nez des courants et à la barbe du Temps.

   « Sur Ko Dach nous bilboquâmes. » Des gamins forment une horde autour de l’objet. Ce simple stratagème de menuiserie ludique enchante les curiosités. Des pupilles se dilatent, des sourcils se froncent. L’agitation côtoie la distanciation concentrée des enfants qui se rejoignent. Les personnalités se précisent, les talents se démontrent.  Le plus en retrait à qui on donnerait volontiers le bonnet d’âne sans concession sera celui qui vous le posera peut-être sur la tête, sans confession. Le chef du « gang des gamins de la plage » se concentre mais c’est toujours à côté, alors qu’un timide à qui on donne sa chance réussira du troisième coup, et plusieurs fois. Et me viens que si nous en France comme à l’école, nous avons des cours de récréations, eux ont parfois des cours tout court, et récréent à longueur d’enfance, de jeunesse et d’adolescence, sans consoles de jeu ni enjeux de consolations, de quoi gagner au jour le jour ce qu’on passe notre vie à perdre.  

 

    Mon bilboquet au Cambodge est mon satellite essentiel. Il me tourne autour comme on rôde autour des espoirs. Il m’ouvre à l’échange, reste clef des serrures qui ouvrent au partage.  Il est le prolongement de mon bras à des heures diverses, à des heures d’ivresses ; aussi compagnon de mauvaise fortune les jours sobres quand je m’illumine en silence et en solitude, en bravades et en incertitudes !

 

***

 

   Le long des centaines de marches gravées dans une montagne qui mènent à un Temple, mon bilboquet, le rouge, reste dans mon sac et je l’oublie, je l’oublie comme il se rappelait à moi sur les quais Sisowat au coucher du soleil, quand personne ne savait que j’étais là, faisant de moi un clown inapproprié, un épiphénomène inhabituel, une étrangeté souriante et inhibée, s’amusant avec son bilboquet, mais le vert cette fois-ci.

***

 

Le Bilboquet caméléon.

 

Je bilboque en soliloque, « tchip sexy boy »

Devant l’incarnat flamboyant qui incendie

Le ciel de Sihanoukville, je joue mais « at mirn loy »,

Le coucher de soleil ici n’a pas de prix.

 

Je bilboque sans équivoque en ville

A la campagne, en mer et en montagne,

On the road, chez les gens et dans les familles

Mes sphères tournoient et tout le monde gagne.

 

Il entre et il sort au nez pointu des frontières

Petit Pinocchio, cheminant coléoptère,

Sphéerique et ludique il passe partout,

 

Qu’il soit rouge ou vert, grand ou petit, « peuchère ! »

Mon bilboquet se reflète dans les rizières,

Sur le sable, dans les rivières : Bouts de bois fous !

Commentaires

Fou, partout, il joue,
admirateur de cet ailleurs,
on rêve, on guette,on cligne,
aux ricochets du bilboquet,
comme une pomme bien bonne,
qu'on voudrait
croquer!

Merci de de ces aventures aux bords du mékong, bien belles

Ecrit par : Grillon parlant | 27 janvier 2008

Pour suivre l'actualité du Cambodge, un site à recommander : http://www.netvibes.com/cambodia

Ecrit par : P. | 26 mars 2008

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