16 avril 2008

Un rêve qui prend forme.

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Tout ne devrait être qu’un immense festin mais nous souffrons. Nous souffrons de nos peurs et des jugements que l’on porte, que l’on se porte, autant que des jugements des autres, ou alors nous sommes de fieffés menteurs. Nous souffrons de ce que nos angoisses colportent, des rumeurs de nos consciences, des a priori de notre éducation, de l’orgueil de nos savoirs accumulés, de nos fantômes que l’on voudrait ressusciter. Nous souffrons d’avoir peur d’avoir tort, notre orgueil est ce petit vers de terre qui ronge nos fiertés. Nous pensons connaître mais nous ne connaissons rien, nous ne voulons que de la reconnaissance et de la tendresse, au fond nous savons que tout le reste est vain, jeu de dupe, de coqs et de poules dans la basse-cour des faux-semblants. Se l’avouer serait se renier et nous ne voulons pas nous renier. Demandez à l’orphelin de dire que ses parents sont morts, à la femme qui a avorté que son enfant est mort, ils biaiseront.

Tout ne devrait être que soleil mais tout est Ombre. Ombres et fantômes. Freud est un malade cocaïnomane, Lacan un malicieux littéraire, et vous voudriez qu’on en fasse les Dieux de nos consciences ? Au lit et bons rêves, Œdipe au coin de la classe avec un bonnet d’âne, vous nous emmerdez avec vos postulats et vos sciences du rêve.

Nous souffrons de nous croire, de nous vouloir exceptionnel quant nous ne sommes que communs, Somme commune de nos certitudes absurdes et de nos persuasions bancales : nous ne sommes que des pieds-bots à vingt-sept béquilles ou vingt-six, et un déambulateur. Mathématiciens de nos croyances, de nos athéismes, avec ou sans mystique nous saurons toujours nous justifier de nos philosophies et nous saurons toujours nous croire exégète de nos certitudes.

Nous aurons beau nous réfugier derrière les boucliers de nos Savoirs et autres intimes convictions, dans la sphère des sentiments aucun cercle n’est régulier, et nous sombrerons dans la facilité manichéenne de dire que ceci est bien et que ceci est mal, que tel est un bon gars et tel autre belle ordure, sans même essayer de comprendre, surtout en ne voulant rien comprendre, Platon ayant dit cela, Nietzsche ceci, Dieu autre chose encore et son Soi ayant tranché !

Nous souffrons de ne savoir être à la fois romantique et honnête, intellectuel et humble, fou et humaniste, fier et ouvert, sentimental et sexuel.

Nous souffrons de renier la beauté d’être souillé et de souiller par désir. Nous souffrons de refuser les rapports de Noce en transformant tout en guerre et en rapport de force.

Nous souffrons de refuser la paix entre les ogres bienveillants et les fées étranges, et l’effet qui en résulte n’est qu’un leurre créé de toute pièce entre faux ennemis.

 

Maudites sont les lois qui régissent les sentiments et les passions et transforment tout en tragédie Shakespearienne !   

 

Tout ne devrait être qu’un immense festin. Mais nous aimons grappiller, mentir, leurrer, transformer une orgie en disette et une disette en agonie, nous plaindre de nos solitudes autant que de nos excès sociables. Tout transformer en critiques, de mode de vie, de survie ou de non-vie. Il faudrait réussir ou rater pleinement mais non, la société, les amis, les amours, saurons nous remettre dans le bon, le juste et le droit chemin. Ne pas déborder surtout !

 

Nous souffrons et nous refusons de souffrir, alors que la souffrance est le stade ultime de la jouissance : ne rien contrôler.

 

Je refuse à ce jour et pour toujours de vivre dans l’aigreur, le contrôle, la raison, la bienséance, le respect, la norme, et mille autres valeurs encore, non par principe ou idéologie, mais par désir de Liberté, dans le sens le plus Noble du Terme. Que les politiques, les religieux, les moralisateurs, les philosophes, les psychologues, les sociologues, les intellectuels,  les athées, les docteurs honoris causa, les « pour votre bien » et les professeurs, les « anarchistes en groupes », les puristes, les démocrates, républicains, nationalistes et autres nombrilistes, les reproducteurs et reproductrices, les droit-de-l’hommiste, les conservateurs, les libéraux, les artistes de galerie et les marchands de rêves, les « j’ai tout vu et j’ai tout vécu donc j’ai raison » et les underground de bas-étages, les académistes, les riches cyniques et les pauvres de comptoirs, les aristocrates, les fils à papa et les parvenus, les héritiers, les paumés qui se paument encore plus et les branleurs de lieux communs, m'oublient!

 

Je ne vivrai que de voyages, d’amants et de Poésie!    

 

Et dimanche, je pars réaliser un rêve vieux de cinq ans, vieux de dix ans, vieux de vingt ans. Je pars rejoindre la seule fille, la seule femme que j’ai jamais aimé, dans son pays, dans ce continent qu’à ce jour j’ai seulement rêvé. Et sus aux Cauchemars!

 

Commentaires

Tout est dit: seuls ceux qui partent seront sauvés selon ce jugement dernier. Mais les tortionnaires meurent aussi. A mépris, mépris et demi. NON, LA SOUFFRANCE EST L'ABOMINATION, L'INHUMANITE DE CEUX QUI LA DONNENT EST L'ABOMINATION et la bêtise est leur servante.

Ecrit par : Les uns et les autres | 20 avril 2008

Quel théâtre... D'ailleurs, la Servante c'est la petite lumière qui éclaire les planches la nuit, entre deux représentations. Ou de l'art de transformer un billet d'humeur générale en dramaturgie intime.

Amicalement et sans mépris aucun, ni entier ni à demi,

Un Peter Pan qui n'a peut-être pas le droit d'être heureux de partir en vacances sans "les uns et les autres" ?

Ecrit par : emmanuel | 20 avril 2008

ton texte me touche vraiment, poursuis !

Ecrit par : thierry-michael | 29 avril 2008

et après avoir retrouve la seule femme qui ait compte, te revoila parti, tel un Peter Pan excite, vers une autre destination pour t en aller retrouver ton frère qui t attend depuis longtemps... Vas tu retrouver ta terrasse sur laquelle un jeune éphèbe nonchalant, en krama, t attend, peut être encore.... A bientôt mon frère...

Ecrit par : bebekhmer | 31 août 2008

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