19 août 2008
Ruinard, pour Taku et pour tout le monde.

Des aéroports et des larmes. Des textes impossibles. Des amis et des amies qui s’en vont et qui s’en viennent. Des envies de faire du Brel mais des résistances. Lucidité et démences, pantin sincère en perpétuelle alternance. Je pleure à chacune de mes « fautes » et ris de toutes mes espérances. On me prend pour un salaud un jour, le lendemain pour un saint, comme si j’étais l’un ou l’autre, rien que « Minestrone » la soupe du pauvre, tous mes ingrédients sont d’honnêtes obédiences, label rouge de mes nuits noires repeintes en blanc. Je me bats contre des murs, je fais tellement de promesses qu’il m’arrive de ne pouvoir en tenir aucune. Je veux plus que je ne peux et je ne peux pas faire autrement, qu’à me retrouver à vouloir faire plaisir à tout le monde en faisant le contraire. Je mens par omission, ou cumule les pieux mensonges par peur que les vérités blessent, et les vérités blessent quand je psalmodie que je ne suis qu’errant en ce monde, qu’on ne peut compter sur moi que pour de la tendresse et des larmes, quelques rires volés à la volée et des clins d’œil que certains comprennent encore, au fil des années, ma liberté qu’on me reproche tant, que certains m’envient, sans en connaître le prix. Je bois et j’aime comme aime les ivrognes mais je ne hais jamais que d’improbables instances et d’abstraites inconséquences, marionnettistes du monde que je me force à ignorer, que j’ignorerais complètement un jour, car seuls me fascinent les individus, les regards croisés, les personnages improbables, les « intelligences sensibles », ceux qui pardonnent sans être chrétien et qui comprennent n’étant pas crétins. Des amis, des amants, des amies et des amours. Jamais rien à moitié. Ni masculin ni féminin, voguant en-deça et au-delà sans aucune des prétentions que certains veulent me prêter sans me connaître.
J’aime trop voilà tout. Eternels aboiements des jalousies diverses, éternels atermoiements des inepties culturelles, de toutes nations et de toutes patries, je suis sans parti pris que celui de céder aux tentations d’autrui quand elles se déclament du partage et des caresses, des mots qui ne se cachent pas et des gestes qui ne se fuient pas. Je sais recevoir tout autant que je sais donner, au fil des échelles grimper aux ciels, du premier au septième, une heure ou une vie je ne suis égoïste de rien d’autres que des désastres que je garde, en général pour moi. J’aide et on m’aide, j’aime et on m’aime, heureux de n’avoir, pour de bonnes raisons, n’avoir jamais été totalement détesté, n’avoir jamais détesté totalement, une âme ou un cœur un jour, plus de temps qu’il n’en fallait pour noyer dans un sourire les causes de larmes qui ne valaient pas la corde pour se pendre. Les gibets de potences et les potences de gibets, j’ai assez donné, mais je donnerais encore. Comme on m’a donné, comme on me donne.
Les ciels heureux, explosés d’étoiles, sous couvert d’une lune hilare, je pars. Je réalise ce soir que je pars. Que je laisse derrière moi les gens que j’aime, que j’en rejoins d’autres. Que je pars pour ce qui pourrait être, une dernière tentative, une dernière expérience, une dernière tentation à laquelle j’aurai cédé pour suivre les bons conseils de Wilde, cet Oscar si bon à lire, si dangereux à écouter comme tout bon auteur. Ciels heureux de mon enfance, nuits calmes que je veux retrouver quand je ne suis plus que…
Dans un delirium de sentiments et de sexe qui m’effondre. Amoureux et insatiable. Je bande encore plus mais je veux plus. Plus de tout. Etre enlacé par un serpent de sensualité ou être baisé par un ange pervers à l’adolescence attardée. Je bande moins, sauté par un quadragénaire payant rubis sur l’anus, aux ongles parfaitement limés, fatigué de sa femme et de son mariage, de ses enfants et de ses collègues. Mais surtout, au final je ne veux plus rien de tout ça, qu’un simple mâle, entre garçon et adulte, qu’aimer ne ferait pas mal. Et l’attendant le sexe n’existe plus que par procuration onirique, cumulant les conquêtes plus que les quéquêtes, dans une overdose de sentiments qui malgré les apparences sont sans faux-semblants, singe sentimental, songe amoral.
Mes amis si nombreux et si différents autant que mes amants, cette impossibilité de tout concilier.
J’ai la peur au ventre, la fatigue gagne à nouveau les moindres instances de toute ma matière. Le dégoût du monde me hante, mais une simple note de musique, un simple mot prononcé par une personne qui m’est chère, une simple phrase dans un livre de hasard, un silence tout en douceur, le frôlement d’un chat en bas de chez moi qui n’est plus le mien mais, quelque part… La peur au ventre mais l’espoir de certains morts, qui sont des hommages à la vie… La peur au ventre mais les intestins tordus d’espoir, de vaincre les angoisses, les cauchemars et les fatigues, de ne céder en rien aux sirènes faciles qui chantent si douces la mort au fil du rasoir. Ô que non, et ce soir pas plus qu’un autre soir!
Triques océaniques et impuissances frileuses. Devant moi Jazz Track, un vieux vinyle bientôt disparu et le visage de Miles fumant sa cigarette devient vivant. Tous ces livres, ces lyres, et ces disques et tous ces objets. Et comme je me répète, comme je m’enferme dans la peur de perdre au lieu de me faire magicien, de me séparer d’eux pour mieux les reconnaître dans le seul lieu qui vaille, dans le seul lieu qui soit, ma mémoire. Je suis un bon salaud, un fétichiste. Je veux tout avoir sous la main, quand c’est dans la paume du cœur qu’il faut que je garde tout, quand c’est là bien au chaud qu’il faut qu’ils battent la chamade et qu’avec eux je trouve les solutions à toutes mes charades. Tant et tant de charades et de rébus à résoudre. Et si peu de temps.
Fatigué de pleurer de tant de départs, de sourire à tant de retours. Epuisé de ne pouvoir donner plus à ceux qui sont là et de mieux écrire à ceux qui ont « filé ». Calciné certains soirs de voir mon visage défiguré de larmes, certains autres ce sourire d’enfant qui ne veut s’en aller. Cette impossibilité d’être adulte, ce refus de m’enfermer dans l’adolescence, seul paradis pourtant de l’existence, où l’on peut dire à la Sagesse qu’elle aille se foutre un concombre dans le cul alors qu’on lit un beau livre en écoutant Coltrane et en buvant un rosé de Provence en clopant sans cesser, sans penser à demain, pourtant si indissociable d’hier, et des improbables lendemains. Et si frustré de clore un texte par fatigue, sur un tel lieux commun…
03:14 Publié dans sorte de " journal " | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

Commentaires
Après bien des concombres, il fallut bien reconnaître que la Sagesse était ailleurs!
"A coeur vailant, rien d'impossible"!!
Tout ira bien!
Ecrit par : Grillon parlant | 20 août 2008
Mon dieu que ce garcon est beau....... Malgre tout ces beaux khmers que j apercois dans mon quotidien je suis heureux de constater que la beaute asiatique masculine me fascine toujours autant..
Ecrit par : bebekhmer | 01 septembre 2008
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