20 décembre 2008

Floraison, et Commissaire Principal. (suite)

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   Veng dormait profondément et la Plante avait disparu. Les lampions rouges et verts dansaient dans un vent léger. Une tasse de café et un verre de Jameson étaient posés sur la table basse.

   Je me levais pour aller observer le début de la nuit au bout de la terrasse, regrettant de ne pas avoir de quoi écrire.

   « De l’art de regarder la mort du bon œil. » de ce titre je ferais un deuil. Où étaient mes livres? Mes titres? Mes notes? Ce qui était censé faire la genèse, le résumé, l’écartèlement public sur la place du Design poétique? Où la profusion?! Quel degré de confusion avais-je atteint?

   « Maudit Bic et Moby Dick sont sur une baleine » pourquoi n’étais-­je pas en train d’écrire des calembours sur les stylos plutôt que de me retrouver à faire le planton pour la plante d’une vieille folle dans un pays que je ne comprenais pas encore en l’aimant déjà trop ?! Et puis, et puis si Ny n’était qu’une déesse perverse, n’ayant de la Mante Religieuse que le goût de menthe de ses visions délicieuse, ma silhouette dans l’angle mort de la Faucheuse ?

   « Plantes en pots et potes en plans, de l’amitié de terroir dans le milieu agricole des bistrots de l’Avenue Principale de Morne-en-chtouille ». Je songeais sérieusement à me réattaquer à une thèse.

   Mais mon livre de titres me manquait trop, j’avais trop de livres à écrire qui n’auraient jamais de titre. Quelle biographie de mon père de quelques pages se terminant par « Le Commissaire Principal Adekoi aurait été chargé de suivre cette affaire » pourrait trouver un titre autonome? « Trou de balle Oedipien en Somalie. » ?

   Et pourquoi un livre ne serait-il pas qu’une succession de titres comme la Kabbale n’est qu’une succession de chiffres, de signes, emmerdant tout le monde depuis trop de centaines d’années?!

   « Je tournais en rond » et ce n’était pas un Titre, même de noblesse.

   « Rédemption d’un Cochon ». Je pataugeais dans la morne et profonde fange de la confusion chronique, dans la boue des équations improbables, dans la lourde merde épaisse du Doute.

 

   « Mais Veng dormait profondément. »

 

   Et la plante avait disparu. Un petit bout de néant dans un grand vide, je m’étais évanoui. Et j’avais fouaillié dans la nuit avec des cris de joie et de cauchemar. 

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