06 juillet 2009

Quatrième semaine. (4)

Totalité avril-mai 2009 137.jpg

   Le nouvel an a tenu ses promesses. Du beau et du n’importe quoi. Et en apologie cette journée à l’Île du Lapin avec Sok, Valérie, dont je parlerai plus tard, et des élèves de l’école, ty mouy une famille de Psar Kep. Kontia, Srey Mirn, Noun Sousdey Noun, nous étions seize… Jeux de mains mais pas vilains, jeux d’eau, la mer trop chaude, un Soleil avec un S immense, une intense impression de Vivre, jusqu’à la fatigue. Une saine fatigue bien que je picole à nouveau un peu trop, la parenthèse est close.

 

                                                                          ***

 

   Je parle énormément ces derniers jours, au fil des rencontres, que je trouve bien plus intéressantes que celles que je faisais à Phnom Pehn.  Mais je n’ai pas la mémoire et ne trouve pas le temps pour relater toutes ces discussions.

   Je prends un énorme retard concernant ce journal, peut-être parce que je veux aussi que ce journal ne soit pas trop classique. Ni trop long. Je sais depuis longtemps que l’écriture d’un journal est un sacerdoce qui peut aller jusqu’à prendre trop de place, à grignoter la vie elle-même.

   Je vais donc rattraper par la queue ce terrible animal, fuyant de l’avant ces derniers jours. Résumer ce qui ne se résume pas, un exercice de style pourrait-on dire.

   Télégraphique.

   Stop.

   Je suis parti avec Veng en moto pour Kampot. Au « Cheval Blanc » je lui demande de s’arrêter car je voulais prendre des photos. Celles d’une procession avec bonzes et musiciens déguisés en singes, sûrement une récolte de fond pour la construction d’une Pagode. Nous nous arrêtons, je prends mes photos, et au moment de remonter sur la moto je le vois déjà parti. Dans l’ordre je pense : il va mettre de l’essence, ou acheter quelque chose, ou il me fait une blague, ou un caca nerveux. J’attends, patiente, puis décide de marcher en pensant ce que je pense de plus en plus : m’adapter à la situation quelque qu’elle soit en sachant qu’elle n’est pas grave. De fait je prends d’autres photos, rigole avec des gamins, salue des vieillards, me promène, erre vers Kampot. Finalement, la chaleur aidant, un semblant de fatigue me gagne et je m’arrête pour boire un jus de palme à l’ombre. Dix minutes après Veng arrive. Il était aller jusqu’au pont qui mène à Kampot, quinze kilomètres, persuadé que j’étais derrière lui! Le casque intégral qu’il avait mit, les soubresauts naturels de la Daelim, mon habitude d’être derrière mais discret, fumant et observant les paysages, ce lot de circonstances l’avait conduit à conduire persuadé que j’étais là! Fou rire de part et d’autre et nous repartions together! L’anecdote fait maintenant parti des meubles, à l’école et à Psar Kep, et nous en rigolons encore!

   Stop.

   Trois jours passés à boire, à rire, à danser. Des situations improbables. Claude François à Psar Kep, des murs d’enceintes en concurrences, la fête perpétuelle et bon enfant, la fête foraine dans les pagodes, la techno Cambodgienne, les baffles qui saturent, les camions remplient de gamins, le déhanchement anarchique des adolescents, les invitations ici et là, tini tinou ; et au Kep Lodge, chez Dan, Champagne et transe, pizza, discussions encore et encore avec une avocate allemande qui travaille dans le cadre du TKR, avec Chath sur l’éthique de l’Ecole de Français à Kep, les libertés, l’homosexualité, nos dramaturgies réciproques, l’Histoire et nos histoires, nos implications et nos désirs, rêves et cauchemars, l’horreur des échelles de souffrances, la joie de nos passions souvent incomprises...

   Stop.

   Je pleure en regardant La Déchirure, puis S 21. Pas de masochisme dans ces démarches, seulement je veux chaque jour comprendre un peu plus pourquoi j’ai choisi de vivre au Cambodge, et il est hypocrite, idiot, prétentieux, égoïste, de peu et très triste, de vouloir faire fi de cette page récente de leur histoire.

   Stop.

   D’ailleurs, on passe aux choses sérieuses…

Commentaires

BON DEPART

Ecrit par : Nina_Tool | 19 septembre 2009

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