07 février 2008

Sale gosse!

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Je réfléchissais cette nuit sur mes textes, l’infernal bordel de mon éparpillement. Comment générer un recueil, comment accoucher d’une « œuvre ». Lisant au hasard mon « blog » j’en suis arrivé à la conclusion qu’il y a une cohérence intrinsèque à cet ensemble. Puis, errant, je retombais sur une pièce commencée il y a quelques mois, très importante, mais gardée secrète encore : « Le Gniard » ou « Sale Gosse » mettant en évidence mes paradoxes sur les enfants, que j’aime tant au Cambodge ou que j’ai tant aimé chez les « autres » mais dont moi je ne voudrais « jamais ». D’un côté je prône cet état unique de l’innocence et de l’autre je trouve détestable cette fascination de la reproduction comme causalité de la Survie, comme évidence de la Femme et de la Maternité. Cette pièce s’avère à la relecture extrêmement violente et sans issue, au-delà même du pessimisme elle s’attaque à l’horreur d’enfanter par instinct, et pose « le gniard » comme conséquence malheureuse des égoïsmes et souffre-douleur rédempteur des géniteurs au début, puis tortionnaire par vengeance ensuite, vengeance inconsciente.  Bref, je pataugeais dans mes contradictions habituelles, et voilà qu’au réveil ce matin après de mauvais rêves, je prends comme souvent un livre au hasard pour en lire un extrait, et voilà ce sur quoi je tombe :

(…) L’enfant, par sa faiblesse physique, le jeune camarade, par son retard intellectuel, sont des tentations constantes de violences. Mais, chez Lautréamont, où tout s’individualise, c’est le fils de la famille humaine qu’il veut ravir, un fils gardé, bien différent de l’enfant montévidéen exilé sans retour dés l’âge de quatorze ans. Contre ce fils anxieusement protégé, la violence s’intellectualise ; elle devient réfléchie. Tandis que la violence animale s’effectuait sans délai, franche dans son crime, la violence contre l’enfant va être savamment hypocrite. Lautréamont va intégrer le mensonge dans la violence. Le mensonge est le signe humain par excellence. Comme le dit Wells, l’animal n’a pas de gestes mensongers.

Toutes les pages où intervient le crime contre l’enfant prennent alors une double durée. Le temps s’y divise en temps agi et temps pensé, et ces deux temps n’ont pas la même contexture, les mêmes principes d’enchaînement, la même causalité. En préparant le crime contre l’enfant avec tous les soins techniques, Lautréamont livre une impression de temps suspendu, de sorte que dans des pages trop rares, mais fondamentales, il a su donner l’essence temporelle de la menace, de l’agression différée. Dés que Lautréamont menace il ne dort plus. Cette absence de sommeil fait pendant à l’absence du rire. Les prunelles de Jaspe sont en synergie avec les lèvres de bronze. L’œil et la bouche, ensemble, attendent. (…)

Lautréamont. Gaston Bachelard.

Influencé malgré moi comme souvent, je me rends compte que je ne suis guère original dans la pensée, mais que je peux l’être dans la forme, c'est-à-dire dans le poème car il ne nous reste plus que ça. Baudelaire l’a dit :

« Tout a été dit, reste à le dire autrement. »

 

06 août 2007

De bon matin ça fait du bien!

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Le progrès : Trop robot pour être vrai.

*

Hélas, quand le Diable boite, Dieu est cul-de-jatte.

*

Si vous cherchez la petite bête, vous finirez bien par trouver Dieu.

                                                                    Sainte Coccinelle.

*

L’homme sans amour, c’est comme une lanterne sans lumière, un bordel sans lanternes, un port sans quartier réservé, sans musique ni chansons. Et un port sans quartier réservé, c’est con comme un porte-avion.

*

Des systèmes à tics :

Ce système m’étrique, l’autre système me traque, le troisième me troque et le dernier me truque.

*

On a beau avoir une santé de fer, on finit toujours par rouiller.

*

Et Joseph et Marie confièrent leur enfant à l’assistance biblique.

*

Et l’imbécile de la ville tourne toujours en dérision l’idiot du village.

*

Il y a des gens qui s’amusent d’un rien, faites comme eux, amusez-vous de Dieu.

                                                                                                     Merdezuth.

*

… Mais il y a des épines sans roses.

                                             J.C.

*

La théologie c’est simple comme Dieu et Dieu font trois.

 

Extraits de " Greffiti " de Jacques Prévert.  

 

13 août 2006

Sur les murs bariolés d'un autre bar.

 

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 La certitude d'être tout, l'évidence de n'être rien.

 Cioran.

 

Au fil des chiottes de divers bars...

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La réalité n'est qu'une illusion provoquée par le manque d'alcool

25 juillet 2006

Centième!

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« When once in whilhood times

I'd aerial laughter my mischief 


Quand jadis aux temps sauvages

de mon rire j'égrenais mon espièglerie »

 

Gregory Corso

" Sentiments élégiaques américains. "

 

29 avril 2006

Du, plus grand Regret...

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« DU PLUS GRAND REGRET... Regret de n'avoir pas réalisé la vie pure en soi, d'être infecté de conscience, d'esprit, d'idées et de valeurs ; d'avoir été tourmenté de regret, de désespoirs, d'obsessions et de supplices ; de s'être senti mourir à chaque pas, à chaque rythme et à chaque instant de la vie ; d'avoir été torturé à tout moment par la peur du néant, la pensée de l'inanité et la crainte d'exister.

Regret de n'être pas LA VIE PURE, que la vie ne soit pas un chant, un élan et une vibration qui vous traversent, regret de ne pas être une aspiration pure jusqu'à l'illusion et chaude jusqu'au réconfort, de n'être pas une béatitude, une extase, une mort de lumière.

J'aurais voulu que la vit circulât en moi avec une plénitude insoutenable, qu'elle y dessine ses mouvements anonymes d'avant l'individualisation, désir exclusif de la vie d'être partout, et d'être parallèle à la mort. Cette vie aurait palpité si fort en moi que son essor aurait été irradiation, explosion de rayons lumineux, démence de vibrations. Tout aurait été intégré à ce triomphe de l'être et serait uniquement MUSIQUE, orgie sonore, attachante et enchanteresse jusqu'à l'insupportable. J'aurais pu être irresponsable de la vie qui coulait en moi et c'est par ma voix qu'elle aurait parlé! »

Cioran

Le livre des Leurres

25 mars 2006

Du libertinage...

 

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" Que nos vertus sachent aussi, d'un pied léger, pareilles aux vers d'Homère, venir et s'en aller "

Friedrich Nietzsche. Le Gai savoir.

 

Acte 1, Scène 4

 

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Caligula : Tu penses que je suis fou.

Hélicon : Tu sais bien que je ne pense jamais. Je suis bien trop intelligent pour ça.

Albert Camus. Caligula.  

26 février 2006

Réédition d' " Au Régal des Vermines " !

 

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« On crée dans l’instant où l’on swingue. On reconnaît le swing mais on ne peut pas l’expliquer : c’est l’inexplicable, comme la Foi, le Désir, la Faim, la Poésie, l’Orgasme. Qu’est-ce que le swing ? Est-ce que vous pouvez m’expliquer l’odeur de la lavande ? »

Marc-Edouard Nabe

29 janvier 2006

Assez joui, rebandons!

 

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« Le jazz, ça ne s’improvise pas. »

 « Je veux fermer tous les guillemets derrière moi. »

 « Ceux qui parlent des belles images, des belles couleurs, des beaux accords et qui sont sensibles à ce qui est bien écrit n’ont rien compris. » 

« Toute tête adorerait se voir tranchée. »

« Le juste milieu est le dieu des pauvres cons. » 

« Que j’aimerais témoigner du désir dégueulasse en nous de gâcher les choses. »

« Léon Bloy, ce sont des yeux de vache très intelligente, parce que le train qu’elle regarde passer est celui de toute la bêtise du monde »

 

Extraits

 

 Marc Edouard Nabe

 

« Chacun mes goûts »

Le Dilettante, 1986

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