29 juillet 2008

Le Jardin des Plantes.

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J’étais immense. Une sorte de monstre, ou de lutin mais de Rabelais, dans un univers sans normes ni grilles de conversions, loin des mornes plaines de la logique contemporaine qui prévalait, triste euphémisme. J’étais un lilliputien caméléon, un éléphant dans un chat d’aiguille.

Je tenais dans ma main un marteau qui était celui d’un forgeron rustre, qui était comme la hache d’un bûcheron de père en fils et de génération en génération. Un marteau-hache lourd et pesant comme mille ans de coups donnés sur le fer et le bois. 

Point maigrelet non, bien au contraire, mes muscles horribles saillaient sur mon corps en sueur, sans peur près à pourfendre les reproches qui m’assaillaient, moi l’homme, moi l’humain prétentieux, moi l’ogre hautain mais aussi le rusé et le malin. Le rusé car j’avais réussi à m’introduire, à tous les berner. Igor le Russe! Malin!Un Wiking mais sur un tapis de velours, silencieux dans  mon immensité, rustre mais félin, tous mes paradoxes à l’affût, mes lames affûtés et mon âme sûr d’elle comme jamais.

Le ciel avait de ses manières comme je les aime. Des nuages roses et jaunes jouaient avec le couché du soleil, la lune marquait un temps d’arrêt sur le fil d’une latitude pas si innocente.

Les petits bonhommes en vert n’avaient pas pu trouver ma cachette, pas plus que les petites bonnes filles toutes aussi vertes, tous et toutes avec leurs bonnes consciences et leurs talkies-walkies errant pas loin des orangs-outans, que dans mon angle de vision je continuais à couver d’amour.

Ces verts gardiens, jeunes idéalistes, qui étaient idéalistes comme on va voter, je n’avais rien contre eux, seulement ils ne savaient pas, tout simplement. Habile comme un singe et sans les mordre ni les blesser, je les endormais au chloroforme, en douceur, comme est douce la philosophie du Paresseux, que je libérerais demain.

Je les déposais dans une volière délaissée par un perroquet, crevé de solitude quelques jours plus tôt.

Le parc était à moi.

Je me rendais à la singerie, et sortais de derrière les fagots ma bouteille de Morgon, un verre à belle allure, un paquet de Camel et un radiocassette à piles. J’enclenchais ce dernier, et Django Reinhardt se mit à s’amuser avec ses huit doigts qui en valaient douze. Je m’installais en tailleur, et petit à petit, doucement, mais avec beaucoup de non-grâce, les orangs-outans se mirent à danser dans leur enclos, de lianes en cabanes, de pneus en bambous, de faux arbres en fausses passerelles. Moi-même, qui ne danse jamais, je me levais pour les accompagner. Nous dansions ensemble! Ni valse ni rock, en pas de crabes comme en pas de deux, nous nous suivions à travers les vitres. Nous nous regardions sans faïences dans l’absence de silence. D’habitude à cette heure, ronflements et gloussements de pigeons insomniaques étaient les seuls sons auxquels ils avaient droits, avec parfois le crissement sur le gravier des pas du gardien. Routine de trop d’années!

Ils ne se privaient pas du spectacle, qu’ils créaient eux-mêmes à chaque accord du Manouche fou. Le patriarche laissa tomber son machisme pour enlacer langoureusement sa chère et tendre. Le petit frère, qui fatigué par les flashs des visiteurs hébétés et les vitres en verres qui coupaient court à toutes ses velléités d’espace, et en était arrivé a totalement ignorer sa petite sœur, lui faisait des chatouilles et des gratouilles sans pour autant oublié de se gratter les couilles comme à son habitude, mais avec plus de grâce. Il ne manquait plus qu’un kaléidoscope et l’ombre de Travolta se déhanchant sur un air disco pour croire à une ambiance de boîte de nuit. Les singes dansaient! Ils swinguaient du feu de Dieu! Acrobates à quatre mains ils se déhanchaient à quatre pattes! Je montais le son!

Je montais le son et repris mes esprits. Leurs cris de joie gonflaient le ballon de mon bonheur, et mon bonheur gonflait mes muscles. Je saisis alors la hache qui était un marteau, qui était une massue, qui était toute la sauvagerie de la liberté, et après avoir respiré de longues secondes qui ressemblaient à des minutes, je brisais le verre en chantant et la cage s’effondra sans émettre un bruit, sans que je sache ce qui se passait. Django cassa une corde et s’arrêta de jouer, le silence revint, la nuit se tue.

D’abord je m’avançais vers eux, approchais le patriarche qui semblait ivre de cette danse. J’apposais une caresse sur son ventre, qu’il gratta en me regardant circonspect. Puis je fis une grimace à son fils, qui me la rendit. Désireux d’arrondir les angles, je fis le baisemain à la Dame et pareil à un magicien offrit une glace sortie de ma besace irréelle à la fille. Je donnais au grand-père un clin d’œil complice et à la grand-mère une grimace sans vice. Nous nous regardions comme se regarde le malade en phase terminal et le médecin encore jamais rencontré qui va lui ouvrir le ventre pour le sauver. L’haleine du mâle me rappelait celle de certains amants après une nuit blanche à boire de l’alcool frelaté en de lointaines contrées : il en était de même de celle de la femelle qui jalouse s’était approché jusqu’à ce que ses babines effleurent mes lèvres. Je me voyais déjà en charpie.

Nous nous tournions autour. Les enfants eux avaient déjà « disparu » : Nous étions des adultes et nous étions en réunion. On se reniflait, s’observait, palpait nos intentions. Puis doucement, on se rapprocha. Les tensions baissèrent de plusieurs crans, puis remontèrent, et Monsieur et Madame allèrent baiser aux cimes d’arbres nouveaux alors que je me mis à écrire ses lignes, à la va-vite, sans réfléchir sur cette situation que j’avais pourtant prévue depuis des mois. Une heure chaotique propice à la prose alors qu’entre prépuce, vices et libertinage, mes orangs-outans copulaient à deux pas de la cage des curcubitacés ensommeillés aux rêves imperturbables. Puis j’entendis un cri à faire bander Dieu! Un Cri de Bonheur, un cri féminin et un cri masculin, qui déclancha dans la ménagerie un immense brouhaha. Taquins Takin, Bharal et bouquetins, chèvres des montagnes et la smala des échassiers : Spatules, Ibis, Grues, Flamants et comparses! Vautours, perroquets, chamelles et Pandas, lézards florissants et panthères dépressives, lama cracheur de Serge, caméléons et Boas et toute la smala rentra en rébellion! Une furia de partitions folles, d’hurlements et d’hululements, de stridences et de chants doux, de susurrations serpentines et de meuglements ovidés, de langues lancées par des caméléons énervés et des pics stressés et tressés par d’iguanes ou aspics pré-historiquement frustrés se libérant!

Les barreaux sous les assauts finissaient poussières et les verrières ne résistaient pas aux aigus des volatiles dingues qui chantaient pareil à des castrats à qui on auraient greffé une queue, tout le malheur du Monde en déliquescence dont ils avaient jusqu’à ce jour été les tristes clowns. Le swing reprenait ses droits et j’imaginais la sublime inversion où nous, prétentieuses allégories de la Nature, nous nous retrouvions en cage avec cette belle pancarte, en bon français, clouée sur le « bec » avec sa touche latine : Seule race animale autodestructrice dotée d’intelligence, Humanum. 

Je me réveillais la tête dans le cul, buvais un café trop fort en fumant une clope de trop, bien décidé à délivrer un jour les singes de la prétention des humains. Et hurlais, Leibniz aux Chiens!

 

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28 octobre 2007

AlphabetS

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Amorce la pompe à mots
Balance ton émail aux chiens
Cadence tes rythmiques
Démonte tes a priori
Fredonne tes romances
Grappille tes relents relaps
Harponne ta poiscaille
Immerge-toi jusqu’au cou
Jure que non et jure que oui
Kapo des carpettes
Lamine tes oripeaux
Mange ton chapeau
Norme tes galipettes
Oublie qu’un jour
Publie tes amoncellements
Qu’avant ou qu’après
Ramasse tes sédiments
Souille tes rêves
Touille tes cauchemars
Urine aux grèves
Vérole tes départs
Wallon chante Brel
Xylophone ton swing
Y’a qu’à te dire
Zut et merde
Annule la pompe à mots
Broie tes « noirs de loupe »
Caresse tes fesses
Débrouille-toi à la poupe
Falsifie tes démences
Groucho rentre dans la danse
Harpie soit contenté
Invente des anarchies
Jure par milliers jure sur ta vie
Kakou anodin qui ondine
Liposuce tes catins
Maille tes pelotes
Nourri toi aux Saints
Orpaille interlope
Pourri et malsain
Queue hautaine des ors
Ripaille aux sanctuaires
Sanctifie vaille que vaille
Tripote tes adultères
Vole au secours des chimères
Waterloo des destins
Xylophage des forêts mortes
Y’a plus qu’à faire dessins
Zélé aux oreilles des portes.  

 

05 octobre 2007

Before : Note 199

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   Jolie petite étoile morte, Défoncé matutinal et ton Graal comme un rêve sans relief. Vieux singe avant l’heure, grimacé de rictus à la rigole, riant à pleines dents de tes constats suicidaires. Tu clapotes de larmes dans tes soliloques, clopin-clopant tu clopes jusqu’à l’aube et galopes après tes fantasmes de mort-né. Tu gargouilles, tu te gargarises de théorèmes en bohème, de vieilles idées qui sont en fait toutes faites et plus jeunes que le monde, plus primales que les pets autochtones du premier mâle venu de la première ère. Tu limaces en te prenant pour Antilope, tu te salopes mais c’est Gallinacé dans sa coquille, Narcisse en son reflet. Ô joli petit trou du cul ! Tes romances qui glapissent et tes cinquante romans comme cent prémices de Néant. Ô prépuce des précipices ! Tu ne finis rien que pour recommencer et ne commences que par défi pour ne rien finir : Juré craché promis. Tu minaudes, tu miaules dans ta piaule, tu dépotes sur tes vieux potes et cagues belles crottes, enfiles les bagues aux doigts et les doigts aux culs. Beau salop à la peau d’enfer, sot ballot qui à trop en faire se tasse et s’effondre, dans son âge d’ado erre de culs en adultères, dans les halos de lumière rigole des ombres et se fout des auras. Anarcho-poète et anachorète, boit-sans-soif sans Soi beauf, tu bois le vin bouchonné si le Gin est frelaté et le J&B avec du coca si le Cardhu est vidé. Ô Classieux petit vicieux,  Chassieu petit vineux. Tu es vraiment une jolie petite comète dans ta planète, jamais sans arrêts. Tu brilles encore mille vieilles années posthumes derrière toi. Un feu d’artifice de vomis en toile dans le ciel de tes ors d’Etoile. Tu sirotes l’Après dans des gobelets en plastique qui ressemblent à du cristal. Pareil à l’orfèvre de l’Irréel tu fignoles le diamant de l’Avant à coup de cul-secs à la gnôle. Joli petit môme d’un quart de siècle, petit Adam de la vodka-pomme, adepte du vivre comptant payant rubis sur l’ongle ses cubis d’Ivresse. Tu as tes yeux pleins de prières sans queues ni têtes, au-dessus de toi tournoie une auréole qui a perdu la boussole.

   Serais-tu saoul à Jérusalem que tu pisserais aux pieds des minarets en rigolant à la barbe du Prophète, serais-tu la descendance d’un insecte de Mathusalem que tu rirais à la barbe du Temps comme à celle du Bon Dieu.  Serais-tu un vers ivre dans les intestins grêles de Bacchus que tu ferais le fier en te tapant l’anus, en te tapant des muses, en t’amusant des coquettes d’Eros tu te gaverais jusqu’à l’os. Serais-tu un conteur que tu le serais de comptoir, et comptant sur tes avoirs à boire te resservirais un Trou Noir, suave spécialité du Bar des Alcoolos Notoires. 

   Au singulier, Poil de carotte et sa coupe au bol, puis des années plus tard au pluriel : Coupes pleines jusqu’à la coulpe d’alcools, une découpe des veines et une saignée des rêves.

   Jolie petite étoile morte. Les bulles de bières du matin, les rots de scotch le soir, le boulot en jachère et bien le bonsoir : La Zubrowzka n’attend pas ! A l’Ombre du cadran, le temps, pantin gnomonique, s’en balance de ce qui passe comme de ceux qui passent : Les aiguilles qui se défilent, la ronde des secondes qui abrutissent, quelques minutes de silence pour les quelques heures restantes. Un dernier bouchon de Pastis ou un premier délice de Ricard ? Oh Con que c’est bon. Et la Smirnoff sera claquée à la santé de Boulgakov ! Oh fadas buvons et buvons. A la santé des cochons et à celle des bouffons d’égouts, aux mimes mous et aux fous aphones, à celle des pucelles de la rondelle et à celle des puceaux du prépuce, à la musique et à l’accordéon, aux partouzeurs de la bafouille et aux frimeurs comme aux arsouilles !

 

04 octobre 2007

200ème :-)

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   Bon, puisque c’est mon deux centièmes textes, ou ma deuxième centaines de notes diront quelques fidèles pointilleux, et comme de plus il se fait bien longtemps que je n’ai pas fait un inventaire à l’après verres, je tiens à remercier quelques personnes... Pas deux cent, mais ça sera déjà beaucoup trop pour la plupart des gens...

   De Mémoire (défaillante) :  

   P.S. Toute ressemblance avec… Et dans un ordre aléatoire consistant à laisser filer les Noms au fil de la dégustation d’un café noir et en fumant un pétard jusqu’au bout du filtre Camel, ceci dit en passant enroulé de manière un peu trop anguleuse, insuffisamment cylindrique :

    Ma mère et mon père, sans qui je n’aurais pu commettre autant d’adultères, ni tromper d’amants de mon vivant. En parlant d’amant : S Q E T A J P T BA O G B JM H E CHZ B etc. Elvin Jones. Viviane. John. Kevin. Louis Ferdinand Destouches et Donatien Alphonse François, Marquis de Sade. Jacqueline et Yvonne. Harry. Gaëlle. Madame de Staël. L’abbé Trou du Cul et Jean l’énarque. Arthur ! Non d’un œillet Ferré et « Tout le Fer de la Tour Eiffel ». Caroline et Fela, Marie-Claude et Berlioz. « Et il y a peu de chance qu’on détrône le Roi des Cons ». Eric. Dee. Le Free d’Archie Shepp. Maupassant et mes premiers mauvais jeux de mots passants. Manou a douze ans.  Cioran. Caravaggio. D’Oliver « Les Paradis de Tristesse » et dans Belleville suivre Lucius à la trace en reniflant les culs des pages de Pennac. Art Blackey ! Mingus ! Django ! Billie ! Bird ! Max Roach ! Thelonious ! Freddy Green ! Coltrane! Miles! Une frêle fée protectrice !… Fernando Vallejo. Des Adams et des Eves, des amants et des fèves de back-rooms. Isidore ! Ducasse ! Crasse de Guyota, malfrat de Villon ! Marie et Djaya, Astrick et Boulgakov ! Jean-Marie. Chant de Nabe nègre sous l’arbre d’Albert Ayler en furie Marseillaise. Camille et ses danseuses avec au fond du jardin Rodin et son Penseur. Chaplin ! Kusturica ! Les Marx Brothers ! Akira. Damien en fresque et en frasques. Nicolas PP et Pépé Ben Riley. Daniel… Nicolas un autre, Canetti et Ferreri, Le grand Jacques. Nadia et Gilles. Francis. Raphaël, sa peluche et ses trains, Noé et Luc-Olivier (…) Dizzy et Patrick Font. Stéphanie. Ogier. Karine. Madame et monsieur Crocq. Gna et Baptiste. Monsieur et madame Poisson. André Holzer. Alain Gerber, Tonny Williams. Des Baudelaire et des Kerouac, des Hendrix et des Jacques Brel, du Vivaldi et du Magma. « Au-dessous du Volcan ».  Boucle d’Or ou Tata Isa ma Belgo-Israëlo-Cambodgienne. Lhassa. Wilfried et Thomas. Un frère et une sœur qui boiront à ma santé une vodka Red-Bull au défunt alcoolique. A Stéphane !! Ny ! Sou Mey ! Tonny ! Camille ! Nadège ! Fred ! Marc ! Laure ! Sopheak! Jana! Toutes et tous! Au Cambodge! A Marguerite et tes fleurs de vieillesses! Muriel. Fred. Sébastien. A Guylaine et consorts, à la vacuité de vos aigreurs ! A Jian, Julie, Nadège, Véronique, à mes amours érotiques et triques et triques et colegram ! A mon Artaud mon Antonin ! Sus au Marteau et à la faux du Grand Matin. Ah Perrec ! « Que nos vertus aussi sachent d’un pied léger, pareilles aux vers d’Homère, venir et s’en aller » Nietzsche ! Cioran ! Et Fleuve de fracas parmi les ruisseaux : Fernando Vallejo! Et cent autres encore. Thomas…

 

02 septembre 2007

Le bagagiste.

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                             Dessin de Victor Hugo 
 
  

Le contremaître au gros ventre boursouflé
A la bedaine bondissante
Aux stridences écoeurantes
D’une grosse voix gueulant ces onomatopées.

Il arrive les yeux brillants plein de pouvoir
Deux petites orbites rances
Deux trous aigris plein de sentences
Il arrive derrière ses lunettes noires.

Se prenant pour le maître il n’est que trouffion
Déplaçant sa graisse dans les recoins sans noms
D’une âme grise se grisant dans la fange.

S’imaginant d’importance il est le nain
Se prenant pour un géant au petit matin,
Retrouvons-le ce soir pendu dans la grange.  

01 septembre 2007

Le bagagiste.

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   L’aube peinait, le ciel mort du mois de juillet semblait ne pas vouloir démordre de la nuit. Nuit de plus. Nuit sans lune et matin sans soleil. Souvent Hubert Espérance se demandait s’il n’existait pas un instant détaché du temporel, ni aube ni levé du jour – Il parlait de levé du jour comme on dirait levé de corps - Ni nuit ni couché de lune, pas de vents, aucun, ni mistral ni harmattan, pas d’air, de sable, de poussières, table rase des éléments, néant. Vide inter temporel dans le hall interlope, avant les sous-sols, ciel de béton, néons blafards, premiers chuchotements des chariots, premiers couinements des poulies et lui comme une pouliche, premiers hennissements en soulevant la première malle, la seconde valise, le troisième sac, première mise à sac du moral dans les bottes.
   Le manzanilla de la veille lui tapait les tympans. Roulements de tambours, homme orchestre déglingué dans le sinciput, l’occiput, ou tout autre partie, anfractuosité du cerveau. De pandiculations en petits bonds il n’avançait pas, ça martelait, battait, pulsait à tire larigot dans le marigot de son crâne où surnageaient les mandragores fantomatiques de ses cauchemars de la veille, de la vieille nuit d’hier.
   Bientôt arriverait par la grande porte le triumvirat des cheftains, cloportes dérivés du mariage d’une bêtise insolente et d’un râble d’aigreur, tour à tour le sadique, le pleutre et l’ambitieux, pareillement ploucs, pouacres et fallacieux, mais bien sur ils arrivaient après, plus tard, aux heures de bureaux, aux heures de lumière naturelle, les oreilles bien au chaud enveloppées dans la couverture de leur vacuité, bourreaux sans envergures, se prenant pour aigles en fait corbeaux de mauvaise augure.
   En attendant commençait, recommençait, continuait la valse des bagages comme autant de cadavres avec accrochés aux poignets, sangles, dans la morgue de la salle immense, comme autant de vade-mecum identitaire, les étiquettes, portraits succincts, anthropomorphiques, des propriétaires, noms et prénoms, adresses, pays d’appartenances, destinations de leurs errances.
   Dehors la danse ouvrait le bal. La volière s’agitait. Gazouillis des pélicans de ferrailles, réacteurs des rossignols blindés d’électronique, gros bonbons gris et blancs lancés dans le ciel de plomb. Appareils de fret et transports de chair fraîche aux ventres pendants boursouflés de sang pétrolifères, graciles oisillons ou oiseaux-baleines, pourfendeurs d’espaces et de temps desquelles émanaient un sentiment de légère liberté tout autant que de lourde pesanteur. Chacun son continent se contentant de survoler les autres, chatouillant frontières et radars, faisant rêver la meute humaine clouée au sol, la masse laborieuse qui jamais ne grimperait dans ces fusées oniriques.
   Hubert Espérance était de ceux là. Il trimait, triquard il suait en triant, entassait sur les chariots ce qui contenait la vie éphémère des clients de la Terre. Terre, nom de La Compagnie qui gérait toutes les autres : Air Sénégal, Terre Australe, Air Thaï, Terre Sienne, Terre d’Afrique. Hubert vaille que vaille et coûte que coûte tenait le rythme, la cadence, Terre d’Enfer, Air Usine, il était ce petit lampion inconséquent dans la chaîne, un peu de Rien au cœur de la Fantasia des valises, une loupiotte de peu d’aura dans l’antre sous les immenses dialyses. Automate du surplace il était un maillon anonyme de l’E.T. : l’Entreprise Touristique.
   Symphonie des cliquetis, ramdam sur le macadam, dansent les macchabées le long des rames, s’entassent sur les tapis roulants les malles remplies de frusques vers le pays des Etrusques, de fringues vers de dingues contrées. Matières inertes empruntant des chemins de traverses pour rejoindre les propriétaires, Hubert les appelait ses natures mortes, ses guignols, sacs de toutes sortes et bagages aux folles destinées bringuebalés d’ici et là. Il s’appropriait l’espace de quelques secondes celui-ci ou celui-là comme s’il en était l’heureux détenteur, direction le Cambodge ou les Îles Bora Bora, sans malaises bien à l’aise c’est alors qu’il s’envolait pour la Malaisie. Mais très vite, arrivait l’atterrissage forcé : Le contremaître…

01 août 2007

Divine gourmandise

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Un calice comme orné de silices, aux pétales dont les sépales rappellent des écailles, celles de fleurs carnivores prêtent à dissoudre jusqu’au suc ultime, dans leurs entrailles baveuses, cette dégueulasse limace répondant au nom de Dieu.

 

26 juin 2007

Sorte de Journal Intime

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Parfois dans des murs il ne reste plus que du vide.
Les traces des amants qu'on imagine, des souvenirs qui traînent de la patte.
Un borborygme à gauche, un cri à l'étouffé pas très loin.
L'amour qu'on avait imaginé pour toujours, la gueulante d'un orgasme qu'on voulait ad vitam 
Des conneries qui n'en sont pas.

Ne plus avoir honte de pleurer c'est déjà franchir un pont. Ou le dynamiter pour vouloir le franchir, juste à temps, de peu.

Odeur d'un sperme qui manque déjà. 
S'asseoir sur les décombres et faire le décompte de ce qu'il reste :

Un bureau solitaire et des tiroirs vides.
Des étagères silencieuses sur lesquelles étaient posées milles gueulantes effacées à ce jour :
Plus Rien.
Une moquette qui râpe.
Une plante verte, une télé et le câble.
La Wi-Fi.
La Mezzanine.
Voilà on a fait le tour.
Fini.

En finir et pleurer doucement, seul sans faire de vague en imaginant... Non! Non pas en imaginant mais en se souvenant, en se souvenant quand on voudrait n'être qu'amnésique parce que, ça serait, tellement plus simple.

Mort à Crédit? Non, Né à découvert. Au bout de la nuit le voyage semble impossible, qui voudrait aller si loin, en des contrées antinomiques, pour des virées apolitiques, se promener dans des marais où s'embourber serait rire et pleurer des borborygmes médiatiques en gueulant des rimes anarchiques? Triques! Piques! Bordéliques! Sismiques! Je rends du vent et je vends de la rente je sens qu'il est temps que les orages se mettent en rages et que d'antédiluviennes démences rentrent dans la danse : Tangue-haut! Valsent les arithmétiques et les géométries des brevets : Je veux seulement des cadavres de toutes beautés et des autopsies ironiques.

J'appartiens à une race d'imbéciles. Comme tout le monde.

Le plus difficile est d'accepter l'idée qu'à jamais la bêtise régnera, qu'à jamais personne ne l'acceptera, et que même les esprits les plus intelligents se laisseront berner, jusqu'à en devenir médiocres. Je pense à un ami qui a failli voter Bayrou, qui s'il ne l'a fait a voté Royal, ou Sarko. Dire que pourtant il plus intelligent que les autres. Ô Tristesse.

Il n'y a qu'un domaine où je ne suis pas abstinent : l'apolitique.

Je pousse sur le fumier des fleurs de cendres de mes charniers. Je fleuris dans l'entre-deux de mes cimetières.

Trop peu de gens savent que je suis heureux de vivre, la plupart ne savent qu'entendre mes gémissements de routines. Vivre aujourd'hui comme hier ce n'est que faire semblant d'être matériel.

On dit que je suis vulgaire : Sus aux hypocrites!

Je regarde mes ami(e)s vivre : Je ne juge pas plus qu'hier, je ne fais que les aimer.

Le rire du clown triste, fond de verre
Le nez rouge de l'ivrogne, rampe à terre
Les larmes de l'enfant de toutes les guerres
Sourire infantile et vierges mères.

Merde. Merde et merde encore.
Plus de rimes.
Plus de poèmes.
Plus rien.
De la routine et du quotidien.
Baver.
éructer.
Garder son boulot.
Allaiter.
Enfanter.
Continuer et perpétuer.
Crever.

Jouir des infos de TF1 et lire Sade à haute Voix : Français, encore un effort pour être républicains!

07 avril 2007

Requiem pour un hLM

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C'est pas l'opéra des quatre sous mais pas loin
C'est le requiem pour un HLM
Quatre murs pour deux chiens saouls qui s'aiment
Studio, mansarde, chambre, charme mesquin.

Au bureau des mal-logis on peut voir dans la file d'attente, sur certains visages ci-gît. Attente latente des logé sous tente. Un Algérien qui rit, amuse la galerie par dépit, je suis sous-moi, cite « ci-jouit » pour un site ou ressusciter. Ah Paris la Belle! Ogresse capitale je vis à l'étal de l'état mais je ne suis pas paraît-il en état de m'abriter sous un toit : je ne sais pourquoi les propriétaires me disent de me taire, en tutoiement ça donne « tais-toi »! Sans ascenseur, social, que des sixième étages dans le dix-neuvième de douze mètres carrés pour cinq cent euros par mois pendant douze mois et sis la galère vogue les rameurs qu'on renomme râleurs. Un cloaque par-ci un appart social par là, conscience bien mal acqui(se) profite aux chacals de la main mise et à chaque espoir d'un haut se profile un en-bas pour dossier inconséquent. Et un con c'est quand qu'il trouve un toit pour son Moi? Ô Divan des divas, Ô insecte des bas-fonds, travailles et surtout tais-toi t'es toi et c'est trop, tu ne voudrais en plus un bureau qui serait aussi un lit où te plaindre alité?

C'est pas l'opéra des quatre sous mais pas loin
C'est le requiem pour un HLM
Quatre murs pour deux chiens saouls qui s'aiment
Studio, mansarde, chambre, charme mesquin.

Commodités sur le palier, mois de cautions par trois Ô tristes cons pour vous je serais consensuel et pleureuse mais, pieuvres et gueuses cela ne vous suffira. Pas. OPAC opaque au hasard Balthazar, Noël est une idée terminé au premier jour de l'année. Paris la Belle, Ogresse capitale s'engraisse, trans' bien queue mâle et opère au bistouri de la bonne morale sa conscience citadine de ville Lumière, opère, ablation, castration, énucléé, les chiens cherchent leurs niches comme les rats leurs bonnes bouches d'égouts et quand le dégout des refus vous reviennent à fleur de peaux vous sortez les épines mais c'est des caves qu'on vous offre en guise de pots.

C'est pas l'opéra des quatre sous mais pas loin
C'est le requiem pour un HLM
Quatre murs pour deux chiens saouls qui s'aiment
Studio, mansarde, chambre, charme mesquin.

Ma garçonnière, mon écritoire, mon baisodrome, mon nid d'amour, mon frigo ma couchette, mon lieu de perdition, mes retrouvailles, l'endroit de mes cisailles diurnes et de mes césures nocturne. Mon salon d'anthume et d'absurde, mes murs où j'assume et déborde, mon bar où aborder. L'écume. Là où tout saborder, où sabrer à l'infini les bouteilles de mon Un foutu. Fini je vais où on va où « on est pas chez Soi » ? Mais non, caution solidaire, dossier complet, acte de décés de ses parents, lettre d'insultes à sa famille. Rupture : Au ban! Au pas mais pas d'auvent, dans le vent errer mais cut tue, i don't speak anglais et pas de dîplomes, chien de l'état aboyer et laisser la caravane des ânes passer et meuglant à la pitiè à des connards sus-cités de la société qui meugle et bégle ramer et pas à moitié.

C'est pas l'opéra des quatre sous mais pas loin
C'est le requiem pour un HLM
Quatre murs pour deux chiens saouls qui s'aiment
Studio, mansarde, chambre, charme mesquin.

« Miction sur la voie pubique désolé les chiottes dans le couloir était occupé : Amende : Z'aviez qu'à aller dans des double V SAIT fallait le savoir au lieu de ça con je me retiens donc je bande, Enculés! » Vé-cul. Decaux. Nettoyage auto ma trique pas de parking. Je démarre au quart de tour dans ma tour d'Art Gens mais qui en veut? Feuilles de paie, photocopie de passeport, attestation d'hébergement gracieux, grâce aux cieux pas encore de prélévement d'ADN mais autorisation de ponction, numéro de sécurité social, pointure des chaussures et prière de vous être coupé les ongles et de ne pas refouler du goulot. « Vos contrats, vos papiers pour notre paperasse, Acte de naissanceS et chemise repassée pour les appâts rances, portrait antropomorphique et taille de la trique veuillez décliner vos Identités et approuver les conditions du réglements sous peine d'aller vous faire foutre rendez-vous dans deux ans » ...

C'est pas l'opéra des quatre sous mais pas loin
C'est le requiem pour un HLM
Quatre murs pour deux chiens saouls qui s'aiment
Studio, mansarde, chambre, charme mesquin.


30 mars 2007

Un pet de Papillon.

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Un pet de papillon
dans la stratosphère de la routine
réveille mon hélicon
les basses butinent
les crassent s'agglutinent
collent à mon son
seul moi pauvre contradiction
reste con et rumine.

Comment?. Je ne suis pas A' , un leurre tout au plus je ne suis rien et pas mieux. Je n'ai rien et je ne suis rien, et ce n'est même pas une plainte ce n'est pas le pire. Je n'écris plus. Je baise et je pleure. Comme au bon vieux temps, en écoutant de la musique triste. Autisme ou dépression, à mille lieux de toute poésie. J'aimerai avoir le droit de mourir mais même ça je me l'interdit. Force ou faiblesse je ne sais pas. Je rentre et je sors les poubelles. J'emballe des colis le jour et des jolis garçons le soir. Je vais partir, je ne sais pas, m'occuper d'orphelins, au bout du monde, la galère au soleil, quelque chose de concret, des petits poèmes, je ne suis pas philosophe, pas professeur, je cultive les fautes de petites frappes, je pense avec ma queue et avec une insolence saline trop difficile à assumer. Cette vie ici ne me fait pas jouir, et seule la jouissance me fait palpiter. Je vis en contradiction et maintenant je vis seul. Les voies lactées me manquent, j'avale le sperme de mes amants entre deux tests. Crier. Il y a les contradictions tristes et les rires que personne ne peut plus comprendre. Je vis en derviche, ivre du matin au soir, attendant de me faire virer par ce cher état dont je profite et qui me biaise joyeusement, que n'ai-je l'âme d'un martyr, ce serait une belle fin pour un petit pédé utopiste. L'à-vif, le parler-brûler d'une danse qui se danse seul. Ataraxie et horreur, ne jamais arriver à vomir alors qu'imbibé jusqu'à l'indécence. Danse. Crever à petit feu à grandes joies. Envie de cinquante vies, de cinquante morts, à la santé des caveaux, des ombres de crématoires, des jardins de pommiers du Japon, avec un enfant qui se promène sans savoir où il s'en va une fois de plus. Pleurer est un fou rire, ma vie ressemble de plus en plus à du papier cul je me rejette. Je me rejette par dépit, m'aime par séduction puis je tire la chasse entre deux chiasses, Il n'y a Plus Rien. Mais je suis si fatigué que la Fatigue m'embrasse chaque matin quant je me transforme en petit bout de sous-vie.

Dans les égouts plein de lumière je traîne ma carcasse de filet de bave, je n'en peux plus j'suis marave, betterave déconfite, je jette les dés je suis con et vous fîtes, un jour de ma vie une nuit. Les bouches m'avalent tout cru je ne crois plus, je suis sous tout, papillon sans chrysalide, coucou sans nid, cul à l'infini plus rien ne me déride.

Retrouver l'état de solitude multiple, seul à deux trop souvent tout le temps. Synopsis du futur : Marcher droit dans le mur en creusant portes et fenêtres avec entrée et vue sur le jardin de l'incertain.

Bancal et décalé, décalcomanie de mes insomnies j'ai la gueule marqué par les chimères de trop de minuits. Calciné, dé-cassé et re-détruit. Brisé et re-naît que ne suis-je un René, manutentionnaire chez Peugeot attendant chaque année la prochaine fête de l'humanité, couillon coco de la politique de comptoir plein le nez, ça serait si simple, ne plus lire et ne plus regarder, ne plus écouter, être sur que ce que l'on a ingurgité au JT de T'es F1 soit la vérité quel repos je n'ose l'imaginer. Non, Il y a Cioran qui revient du mitan de mes vieilles agonies et voilà qu'un Franck Venaille débarque et se met à swinguer. Foutu-to-Foutu.

Un pet de papillon
Tu te réveilles sous le souffle
Bancal anal bacchanale c'est bon
Rendors-toi je sais je t'essouffle.

Je pleure donc je sue, je le sais donc je suis donc j'ai peur et j'apeure, j'en-ride sans en rire, j'arrive en vieillesse sans liesse, sans liasses surtout plus paumé que jamais j'amène mes mânes avec moi au trente-sixième sous sol où j'ahane, où je suis un âne-minotaure dans le labyrinthe anthropophage de ma démence anthropomorphique : Trente ans et rien, plus rien. 177 / 63.

Boire! Sans soif et sans faim boire sans fin et affiner chaque soir l'état second de l'état premier.
Baiser, ou faire semblant, je ne prends même plus de plaisir au royaume de Sodome, un vrai puceau j'ai 16 ans, besoin de câlin et de sperme, de caresses et d'un joint, du grain de la peau et de la mauvaise graine de salaud comme citrouille transformé en salope sans couvre-feux de recouvrir feu les âmes d'un jeté de tendresse et d'un tâté de couilles.

Merde!


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