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<title>Errances et déambulations - recit</title>
<description>textes publiés, à publier, récit, thèâtre, photos et poèsie</description>
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<lastBuildDate>Fri, 25 Dec 2009 11:17:07 +0100</lastBuildDate>
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<title>Chapitre 3.1</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2006/03/14/chapitre-1-3.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>récit</category>
<pubDate>Mon, 23 Apr 2007 15:20:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_michel-journiac.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; alt=&quot;medium_michel-journiac.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Damien&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Dans la cave la voix de Chet Baker résonne, envoûte d'écho en écho et de voûtes en voûtes. Elle se déforme au fil des courbes, rentre ici et sort là, semble rebondir, change de tonalité, change de thème. Damien et son frère avancent, enjambent un junkie qui se pique dans l'oeil en souriant - un garrot autour du cou - puis s'arrêtent devant une issue de secours qui clignote... Ensemble ils franchissent une porte de fer et rentre dans une pièce immense, une autre cave aux allures de grenier. Une Caverne de vieil antiquaire, l'antre d'un ours, barbu poussiéreux, fétichiste tonsé comme un moine entassant mille objets en un seul lieu. Horloges en armoires et coffres de pirates ; boîtes à bijoux, à cartes, de jeux ou à cigare. Portraits dans des cadres fendus sous du verre brisé, poupées démembrées aux ventres qui s'offrent, aux crânes déplumés et aux corps disloquées. Christs sous toute forme et tout support, sculptures en toute matière de toute époque, breloques, vieux trains, défenses d'Afrique ; ivoire, or et bois, bronze et fer, boue et pierre. Bilboquets grands et petits, jeux de société, verroterie ; miroir et reflets...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Emmanuel est sorti. Balade le long du canal Saint-Martin. Malade à l'aval du destin auquel il ne croit pas, se préférant être une bavure, avatar sur le tard, un hybride qui mue au hasard dans la machine à laver le linge sale de l'existence. Il balade, marmonne dans son après-rasage une stance d'après le déluge : Noé contemporain sans barque qui s'embarque sur le radeau où, médusé, il pêche au souvenir les humains qui ont compté dans sa vie. Les humains avec qui il aurait pu faire une paire à défaut d'en avoir formé une avec le sien... Nostalgie qui pour une fois n'est pas morbide : Le soleil lui chauffe l'âme, la lumière est sans concession, John Coltrane lui susurre les orgasmes non feint d'un blues sans fin. L'eau reflète des ponts, des arbres, les couples sur ces ponts et sous ces arbres. Un Paris qui bouillonne mais serein, qui s' agite mais calmement. Quelques vélos qui vous frôlent et quelques terrasses de café qui vous chantent aux papilles une mélodie de Sirène parisienne.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;... Amers miroirs reflétant des yeux fatigués ; amers regards logés dans le kaléidoscope des fontaines aux Narcisses...&lt;br /&gt; Damien et son frère traversent la pièce, ce cimetière d'objets morts, ce trésor pillé, ce vol de la Beauté maintenant prisonnière, croupissant à l'ombre du Temps. Il y a encore entre deux jarres et une couronne d'épine des drogués de toute sorte dans des nuages opiacés, sous des vapeurs d'absinthe, dans des nuages haschischins, entre extase et terreur.&lt;br /&gt; Ils sont maintenant dans un confessionnal disproportionnée. La cabine du prêtre est immense, celle du pêcheur une cage à rat. Les murs sont couverts de tableaux. Jeunes enfants crucifiés sur des sexes géants, ascensions d'anges mutilés, mous Jésus et Diables partout ; gargouilles, croix, drapeaux ; Cènes de pédérastie et orgies Religieuses. Ils avancent à genoux en pleurant en silence sachant ne pouvoir être pardonnés, ils rampent ensemble à toute vitesse, reptiles en proie à la peur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Canal Saint-Martin. Emmanuel se balade, la mémoire en bandoulière, une fiole de vieux rhum dans sa main droite, un pétard dans sa main gauche, les deux mains jointes en prière, au milieu de Dieu, dans son trou du cul, cette cible si sensible où s'agite le Monde. Il en profite pour faire ses règlements de contes, ses « Il était une fois... » ... Un garçon qui s'appelait Harry, un autre Imad, un autre encore d'un autre nom, et d'autres tellement d'autres. Des passants qui pour certains sont restés quant certains ont filé, l'évinçant à jamais ou réciproquement. Il y avait Lui, trouble fête et Lui, zone floue, zone trouble et terrain vague. Il y avait B le petit brigand de petit chemin et Ismaël avec sa cervelle mazoutée de THC. Il y avait celui-ci et celui-là, le trouvère et le pervers, le mignon et l'affreux, celui-là las trouvé nul-part entre une gare et une ville, cette garce ci qui se tapait des rails jusqu'à la dérive totale et la déraille sans retour.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;La voix de Chet Baker qui résonne à nouveau. Damien se réveille, croit se réveiller, s'endormir encore, se réveiller toujours. Dans ses bras le cadavre de son frère. Qui respire, souffle, avide de survivre à la mort, cette bêcheuse surfaite, aigre amas d'os. Le cadavre de lui-même dans les yeux. Dans les yeux du vide. Plus de fraternité. Le noir aveugle de la Vérité. Les yeux qui ne voient plus que la Peur. La peur dans les yeux de ses parents, de ses amants qui défilent comme en accéléré dans un carnet précis : Leurs âges, leurs tailles, la couleur de leurs yeux, d'argent à bleu,de vert à noir, comme sur une palette, aux infinis variantes. Son âge, sa taille, ses yeux... Puis encore un. Son âge, sa taille, ses yeux... Et un suivant... Encore... Des centaines, qui défilent anthropométriques, précis, catalogués. Un cinéma, ou plutôt un théâtre... L'Un, réveil, coma, secousse, un Autre ainsi de suite... Avec des noms mais un nom ne sert à Rien. Morphée et Robert, Helmut ou Newton, Ducon ou Raphaël, ils défilent au fil des pages qui se tournent, dans un anonyme triangle des Bermudas baissés, des âmes cassées, des coeurs claqués et des culs pourléchés ou baisés. L'Un, réveil, coma et secousse, et ces montagnes de tendresses listées dans ce carnet, dans cette cave, dans sa Nuit ou son Utopie se fait cauchemar.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Bord du Canal, le bout des pieds à la lisière des pavés, au soleil qui claque. En Saint martyr Emmanuel en a marre et s'étire en se moquant de lui comme se moquent les Clowns du Monde Réel. Il se moque de lui en énumérant les noms, les patronymes, les alias et les non-noms de ceux croisés au fond des impasses, à l'ombre inconfortable des bosquets, dans les hauteurs des échafaudages secrets, chiffrant les plans et les passes, toujours gratuites. En Saint solitaire il s'effraye de son armée sexuée. Il trace l'électrocardiogramme de ses rencontres de chair, archive ses adultères, classe sans ordre alphabétique le hasard des prénoms, mettant le X de l'analphabète au bas du parchemin des amnésies. Il ordonne son cheptel illusoire, son harem de pacotille, ses brochettes de brebis, ses conquêtes ; vétilles et coup d'un soir, broutilles de Parcs et feux de brindilles ; vestales dépucelés, insatiables enculés, de pile et de face et de un à six, il promène le long de l'eau fantasme et réalité main dans la main, en clamant : Amen! Amen! Que l'Amour soit Gangrène et Irréel!&lt;/p&gt;
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<title>Chapitre 3.2</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2006/07/06/frere-antonin.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>récit</category>
<pubDate>Mon, 23 Apr 2007 15:10:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_Jacob.jpg&quot; alt=&quot;medium_Jacob.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;i&gt;&lt;b&gt;Frère Antonin.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Damien est parti chez un de ses amants. Frère Antonin rend sa visite traditionnelle à Emmanuel qui le reçoit nu comme une éminence.. L'appartement est pareil à lui même, jonché de toiles de peintures – entamées, infinis ou à finir, petites et grandes, trente fois trente, rectangles maculés d'huiles et d'émaux, à terre, aux murs ou sur chevalets, posées partout en «&amp;nbsp;viager&amp;nbsp;» - jonché, de boules de papiers froissés, de manuscrits en confettis, de synopsis en déconfitures – de bouteilles à moitié vides, de verres à moitié pleins, de cendriers comme des caveaux à saturations.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Au coeur de la pièce les totems africains acheté la veille et des cierges qui se calcinent en entremêlant leurs lumières à l'odeur de l'encens qui se consume dans une charbonnière miniature.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Emmanuel : Encore! Encore! L'enfant avorté de Dieu, chapeauté et en smoking rejoint la nudité de l'ange!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Frère Antonin ( &lt;i&gt;riant&lt;/i&gt; ) : Si tu es un ange je suis l'abbé Du-Cul! ( &lt;i&gt;souriant&lt;/i&gt; ) Depuis que je ne suis plus l'enfant de leur Dieu je suis le mien, ma propre progéniture. Maintenant prêtre délétère, tronqué de leur église, maintenant libéré de leur dictature je peux enfin venir te voir tout le temps, venir nous voir, venir me répéter comme un ancêtre, parler mal et c'est bien, dire des chapelets d'horreurs sans avoir peur de Leur Jugement, ce dernier, cadet de mes soucis.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Emmanuel : Sous tes sourcils j'aime à voir briller l'intelligence du repenti, la joie de vivre enfin une foi unique, seule valable et seule plus-value possible, seule capable d'évoluer vers le doute, cette certitude, seule que l'on puisse avoir!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Frère Antonin ( &lt;i&gt;sérieux mais l'oeil malicieux&lt;/i&gt; ) : La certitude du doute, voilà de quoi avancer! Irais-je brûler en enfer ou rôtir au Paradis? La nature des flammes est celle du vacillement, selon où va le vent : Il faut être ce souffle du nord et de l'est, du sud et des équateurs, de l'ouest et des apesanteurs géographiques, en encore, entre ces latitudes, danser la danse de la dévotion au Questionnement continu... ( &lt;i&gt;un instant de silence&lt;/i&gt; ) Hors-propos, comment va Damien ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Emmanuel : Parti rejoindre Imad après plusieurs journées d'inanition et de dévotion, d'à-propos à ses incarnations picturales.... ( &lt;i&gt;un instant de silence&lt;/i&gt; )&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Frère Antonin regarde les toiles de Damien pendant qu'Emmanuel, avec le soin que porterait un bon citoyen à l'amour du drapeau de sa patrie une veille de coupe du monde de foot, sert deux absinthes en minaudant et en ronronnant. D'ailleurs Tartine pointe le bout de son museau du haut de sa mezzanine. Dans la platine encore et toujours Lady Day, et Strange Fruit...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Frère Antonin : Des chimères bancales, sur le fil dans un verger d'arbres pourris, d'étranges lumières dans des horizons de vies en déséquilibres. S'emmêlent dans ses pinceaux la beauté et la furie, et que de Christ! ( &lt;i&gt;éclatant de rire&lt;/i&gt; ) C'est vraiment à faire frémir un ecclésiastique cette nouvelle série! Des Jacob, des Judas, des Madeleine, toutes mythologies confondues quel imbroglio, mais si drôle en même temps que profond! Oui! De-profondis : Je plonge en ses abysses!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Tartine commence sa parade intestine et miaule et se frotte de partout&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Frère Antonin : Tu diras à Damien que quelque soit son prix je prendrais ce Christ et ce Faust bicéphale, d'en-haut et d'en-bas, siamois rattachés et attachés par ce croquemitaine au regard vénéneux! ( &lt;i&gt;complice&lt;/i&gt; ) J'ai obtenu, par un vil chantage dont je suis fier, très fier, une forte somme d'argent de mon ancien Père supérieur, un pédophile notoire que j'ai pris en photo en train de tâter une paire de fesses plus que mineures! En plein action, à deux jours de ma «&amp;nbsp;démission&amp;nbsp;» ! ( &lt;i&gt;riant&lt;/i&gt; ) Je le donnerai quand même à la justice quant il m'aura payé, question d'éthique! Et toi, où en es-tu?!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Emmanuel : Je ne sais plus trop. Raphaël hante mes nuits, Damien mes jours, les doutes entretiennent l'entre-deux. Je ne dors plus que lorsque je tombe de fatigue, entre lune et soleil sans que l'un prévale sur l'autre. Je rêve sans cesse d'une réalité qui serait accessible tout en continuant à viser l'épicentre des murs : Il me semble évoluer sur des fondations de briques qui s'effritent un peu plus à chaque pas.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Frère Antonin : Ce que tu as fait pour Raphaël fait de lui Ton Fantôme et ce que Damien fait pour toi fait de Lui ton ange-gardien. Vous êtes maintenant, entre deux mondes à jamais reliés. Et les parents?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Emmanuel : Aucune piste ne mène à moi. Notre histoire était au-delà du secret. L'enquête patauge. Il n'y a pas de témoin, zéro indice. Il faudrait traduire mes rêves devant le tribunal d'Ubu et mes cauchemars en porte à porte à faux pour me mettre à jour, mais mes nuits n'appartiennent qu'au mystère, ils n'arriveront jamais ailleurs que nul-part.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Frère Antonin : ( &lt;i&gt;riant&lt;/i&gt; ) Quant à moi je suis sous le sceaux du secret du confessionnal! ( &lt;i&gt;un instant de silence&lt;/i&gt; ) Des cadavres et des placards! Carnage et vers de terre, cendres et poussières! Je ne renierai jamais cette croix qui ombrage ce tombeau, pas plus que ce tabernacle qui renferme les cendres du Passé. ( &lt;i&gt;riant&lt;/i&gt; ) Je pars en vrille! Merde!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Emmanuel : ( &lt;i&gt;riant,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;en allumant la télé, sans mettre le son&lt;/i&gt; ) C'est qu'il est perturbant de passer de catholique fervent à cathodique circonspect!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;( &lt;i&gt;Une émission animalière&lt;/i&gt; )&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Frère Antonin : Les catholiques foncent dans des murs en béton armé, ils sont des esprits sans esprits et des coeurs secs tout aussi bornés que ceux des militaires qui composent nos armées : Que je hais, par débordement d'amour, toute cette engeance sans atours!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Frère Antonin se lève et embrasse Emmanuel sur la bouche. Tous les deux se regardent un instant puis frère Antonin retourne s'asseoir sur le canapé alors qu'Emmanuel éteint la télé, laissant la savane à la savane et se pose sur le rebord de la fenêtre, ahane le chaland avant de se taire. Ils restent ainsi silencieux, écoutant Lady Day de retour pour un set : «&amp;nbsp;God Bless The child&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Frère Antonin : Je suis rentré dans les ordres grâce à Dieu, non à cause de Lui comme ils veulent nous faire croire, car ils sont toujours.. Merde! A cause mon cul, causes-y! Moi je suis en grâce! J'en suis parti, désordres, à cause de ceux qui le servaient soi-disant ( &lt;i&gt;un instant de silence après un petit rôt..&lt;/i&gt; ) L'incertitude!! Mais maintenant me voilà les fesses entre deux messes, perdu entre mon reniement retors et leur remaniement du Verbe, originel qui fût avant tout, le ferment de toute Création! Hips!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Emmanuel : ( &lt;i&gt;rigolant&lt;/i&gt; ) Si au commencement était le verbe alors seuls les poètes sont des vraies Papesses!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Frère Antonin : Notre ( &lt;i&gt;se reprenant&lt;/i&gt; ) Ce pape, comme les précédents, est la plaie de Dieu! Leurs encycliques sont des cloaques verbeux, approximatifs lieux communs à ne pas tondre un mouton, à ne pas peigner une brebis galeuse dans le sens inverse du poil mité! Ignoble «&amp;nbsp;philosophie&amp;nbsp;» tenant plus de l'hypocrite verbiage encrassant jusqu'aux derniers rouages de la «&amp;nbsp;Foi&amp;nbsp;» ! des attrapes-mouches! Oui, moutons et brebis ; sautes-moutons et enculages de brebis: foutus Tsé-Tsé!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Emmanuel : ( &lt;i&gt;rigolant&lt;/i&gt; ) Bééé Béééé font-ils bouches-bées en culs de poules!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Frère Antonin : Je connais trop les amas de petits bouts de crottes sèches qui leurs collent au cul, sous la soutane de leurs bonnes consciences, pluriels insanes de leurs vilainies!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Emmanuel : Les serviteurs de Dieu sont les soubrettes du Cornu !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Ils s'enlacent cuisses entre cuisses en laissant leurs têtes reposer sur leurs épaules et dansent un slow sur un solo langoureux de Lester Young. Bougonne, incognito, vient de faire ses besoins et, joyeuse, galope dans tous les sens, parade, valse de la mezzanine aux chaises en passant, ras des pattes, frappadingue le poil hérissé sous la table basse avant de finir, l'air las, sublime, aristocrate, sur le radiateur froid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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<title>3.3</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2006/07/20/3-3.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>récit</category>
<pubDate>Mon, 23 Apr 2007 15:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_MASQUES.jpg&quot; alt=&quot;medium_MASQUES.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Raphaël&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;i&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce corps concret, qu'on crée de toutes pièces, détachées, recollées...&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Plus de place pour les plaies et les cicatrices?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce corps mutilé, engourdi, fourbu par le travail de régénération des tissus endommagés ; plein du silence des secrets d'enfance, des sécrétions de souffrances, traversé des souffles qui le frissonnent et le fractionnent..&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps en désaccords, sur la corde raide, pris de cours par le temps, d'aède chuchotant à l'aide ; vieillissant à l&amp;nbsp;'aveugle, à l'abandon de Toi : Ce corps aujourd'hui comme une inutile protubérance de ma mémoire, boulet laid de bout en bout depuis qu'il n'est plus magnifié par ton regard.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Une vallée de ruines, de pierres fossiles, un vallon sous la bruine ; une étable, à la charpente mitée dans la cavité de l'espace où se repaissent les porcs de l'Angoisse.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce corps sculpté au couteau, taillé aux abois, ce corps acculé à ses dernières extrémités, ce corps qu'on ausculte, qui hurle aux cultes, au «&amp;nbsp; cut&amp;nbsp;» : Corpus aux pages de peaux écornées, tranché sur l'autel manuscrit de la poésie dans notre chambre désertée, dans notre chambre évidée...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Comme marque-page le souvenir de ta main qui glisse...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps qui pèse le poids du réel, qui nous tient par la main pour nous mener tout droit à la mort, à petits pas certains pour franchir les gouffres sans fonds et sans fins, qui nous tient par la main, chien d'aveugle de ce qu'on pense et de ce qu'on est, ouaf ouaf, béquille d'un esprit fracturé, tuteur d'un arbuste ployé par la charge d'un passé trop lourd à porter.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps comme un ersatz du tien, machinerie délétère au fonctionnement en berne, replié dans la position du foetus, replié et renié, résumé par ses cernes, bavant de la salive de tristesse, mouché de morve, tordu et morfondu ; ce corps pendu au gibet d'une étoile n'étant plus illuminée que par ton cadavre, arc-en-ciel en fumée dans la nuit dénudée.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Les sillons et les marques «&amp;nbsp;boucanés&amp;nbsp;» sur ces poignets qui furent sous le joug des flammes qui y sinuèrent, confirmant un axiome qui m'a dépassé : Cioran l'avait bien dit, et paltoquet je l'ai écouté : A l'insupportable douleur morale seule la douleur physique peut servir de palliatif, pour ne pas en finir, dissuasif, de manière définitive.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps breloque, patraque, ce rempart en ruine même plus capable de me protéger, de protéger la citadelle de mon âme : Ce corps de contre-attaque qui épuise mes défenses.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; L'huile bouillante : Les caresses de tes mains froides.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce corps concret, qu'on crée de toutes pièces, détachées, recollées...&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps de déroute, tracé des péages, relief des pillages.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps si souvent dégoûté - reflet insane d'un Narcisse insupporté - dégoûté par gratuité, honnit et nié que ce soit vu d'en haut ou d'en-bas, de loin ou si proche, de tel angle ou de biais, sans autre perspective que de croupir au fil des années : Y stagner, y crever en regardant les aiguilles mordre et se laisser piquer ; se voir, vil et avili au-delà de toute volonté, dépérir sans sourciller, abattu jour après jour à l'ombre des nuisances, au plus lointain d'une naissance oubliée, au plus proche d'une fin dont on ne sera jamais l'invité, que pour ne pas en savoir l'après.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Tissus de mensonges, ad vitam perpétué : Rester abîmé dans les songes défunts? De ce corps enfin?! Avec comme seule issue, sans recours, que de l'enterrer vivant, simples tissus sous les croûtes à mille lieux de tout Absolu?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; La palette : Les reflets de mes silhouettes dans le clair-obscur de tes ombres défaites...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps cloître, sans prières et sans hymnes, à la lumière de cierges fauchés, de cris trop intimes : Dans une cellule, ascète sept fois maudits quant je tourne ma langue dans la chambre d'écho de mes pensées.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps qui marque, qui tient le compte des agonies, qui décompte les années, et de deux et de dix, qui compte les années que je m'ôte : Je suis une machine à m'éplucher et les pelures ne servent à aucune autre recette que celle de ma cuisson à l'orée des incandescences, au vif du tison des leurres. Chose morose à me détruire quant tu l'es déjà, Rose aux mots qui me fabriquait au jour la nuit...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Plus de place pour les plaies et les cicatrices?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps géométrique, à facettes, électrique, centième d'are façonné sans art, à la sauvage à la barbare ; ce corps comme un mords pour freiner le galop de mon Vouloir, qui se joue de mes dernières billes dans la cour de récréation des autres, et de Toi..&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; «&amp;nbsp;Symptôme des morgues, relaps quand je me défroque : Ton corps glacé contre le mien, renié et pour l'urne le cuivre de ta peau fondu à la chaleur de la mienne, homicide, blanche, vivante mais si peu, en reste, que tu refroidis, qui n'est plus que tiède à peine, de plus en plus, à minima ; peau apeurée, muante, mutante recouvrant mes tripes alors que je m'essaye, de l'intérieur, apeuré, ivre en vin à te réchauffer...&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce corps concret, qu'on crée de toutes pièces, détachées, recollées...&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps creux et crade, par deux fois, dix fois bardés, par deux fois, dix fois lardés par la ladre de la mort rigolarde, par le bouffon à clochettes d'un Dieu éthylique. Ce corps orphelin, mal cardé et mal brodé, bradé aux brocantes des années, aux vides-greniers à chaque anniversaire ; Ta chair grignotée, mitée usée, grouillée de charognardes vermines puisque tes parents te refusèrent l'âtre libertaire – et qu'il m'a fallu te déterrer pour te cramer car c'était la seule chose que tu voulais vraiment – ton testament – une éternité de fumée que tes parents te refusèrent préférant pour Toi la compagnie des insectes à celle des oiseaux – reniant jusqu'à ta mort – préférant pour Toi la longue pourriture à l'éphémère feu d'artifice de ton ultime envolée...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Le revers de la médaille : La gueule qu'ils ont tiré quant ils sont arrivé et que tu n'étais plus dans le caveau, leurs gueules déconfites lors de leur macabre découverte : La disparition, quelque part dehors, quelque part ailleurs de ton corps Mythique, de tes yeux cavés et de tes os d'airain, la disparition, quelque part dehors, quelque part ailleurs, loin de ce terrain, de ce cachot, de ton corps bouffé et de tes os grignoté.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Et les flammes qui montaient dans le ciel brûler la barbe de trois jours d'un pauvre Diable dépassé.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Et?! Et s'ils me découvrent, s'ils apprennent? Je t'écrirais de derrière les barreaux où je me laisserais mourir au frais de l'état, au frais du cachot, au frais de ta mémoire : J'en payerai le prix!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Plus de place pour les plaies et les cicatrices&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: none&quot;&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps, cette matrice calquée sur tant d'autres, de si peu de différences...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Membres épars, d'os en cascades, colonne et crâne, égout d'eau et de sang ; bulles qui se pavanent, affluents cruciaux et semences vitales, poussières scellées dans l'impatience des cendres..&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps falsifié, à mes petits soins tailladé de coins en recoins, malmené pour surtout ne pas te fossiliser, pour surtout ne pas oublier qu'il était le tien, vitrine à laquelle tu aimais lécher, tabernacle que tu aimais purifier de ta salive : Corps-conséquence, utérine que tu pourléchais, lyre dont tu aimais jouer, pour une partition maintenant Requiem.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps épitaphe, en lutte libre :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; «&amp;nbsp;Comme au jour de sa naissance, le voilà tombé bien bas...&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps accord mineur, en fontaine de notes noires, attenant au battre-coeur des mélodies étranges...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps découpé, déconstruit pour être mieux reconstruit, aux fondations qui branlent, aux frondaisons hantées ; cassé les soirs de décompositions pour mieux, au matin, à la face silencieuse de l'aube, bancale, le remettre à sa place, à l'étal devant la glace, au garde-à-vous vacillant, pour, face à cette vue, rendre compte à l'envie de durer, à l'incompréhensible envie de perdurer, encore, malgré les incisions irrationnelles, au-delà des emballement pyromanes, malgré les infusions, les ablutions à l'hydromel, au-delà des enterrements, des mânes et des miens, de moi et du tien...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps qui bât tard le fer à chaud et le vouloir-faire à froid, de tièdes conneries, de mortifères inspirations... Ce corps qui bataille dans le labyrinthe de ses tares, qui prend les coups et qui suinte, qui prend soin de se perdre, de se pendre au gibet des rêves, qui prend soin d'isoler son âme en se rapprochant des lames ; qui s'avance un crédit à perte, à tout perdre – avatar inné, mal mort et mal ressuscité – qui s'Alien ; d'un corps étranger impossible à concevoir...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Je me suis déjà mordu jusqu'au sang de la déveine pour sortir du cauchemar de ta réalité..&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; J'ai goûté à la braise et tâté du tison, jetant mes bras par dix en corps accrochés à l'orée des flammes des cheminées qui assistèrent à nos enfances..&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Ce corps écran, à cran, dépensé et usé, qui ne suit pas, supporte à peine le free des pensées, porte en Lui l'usufruit de ton passé, colporte saoul l'à-venir de tous ces cloportes hébétés, inusité aux langages mortifiés...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Attaché et à l'étouffé – l'Un seul, Moi, l'Autre, multiplié au Mistral – j'ai goûté au vent qui rend fou, alors que nous l'étions depuis toujours, puis tout ça est venu et au portillon de ta mort, sur un linceul manuscrit, j'ai écris ce texte monstrueux : Un dernier jet à la dernière seconde, dans l'urgence de t'imaginer, encore là, comme pour la première fois...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp; Ce corps concret, qu'on crée de toutes pièces, détachées, recollées...&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Chapitre 2.1</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2005/12/07/chapitre-1-2.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>récit</category>
<pubDate>Sat, 14 Apr 2007 12:50:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;&lt;i&gt;Damien&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Damien, épuisé, est endormi en fœtus dans l’angle entre la bibliothèque et «&amp;nbsp; l’autel&amp;nbsp;» … Sa toile à gauche a des allures hôpital, à droite de cimetière&amp;nbsp;: Dans une sorte de morgue aérienne un vent de cendres souffle sur des tombeaux et des caveaux débordant de squelettes, de cercueils, de vanités et de natures mortes sur un fond pâteux d’originelle pâleur. Des suaires flottent dans l’air chargé de nuages, recouvrent des croix fendues ou sculptées au hasard des matières, dans de l’or ou dans de l’asphalte, dans du verre ou dans de la pierre, dans du bois ou dans du basalte.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Emmanuel fixe la fenêtre… L’acide commence à grimper. Il fixe les pigeons derrière la fenêtre. L’acide continue de monter. Il fixe la façade au loin qu’il voit par la fenêtre et au travers il regarde des pigeons roucouler. L’acide finit de monter. Il fixe ceux qui l’observent&amp;nbsp; au-delà de la façade mais il n’y a plus ni fenêtres ni pigeons, juste le néant, vaste qu’il s’amuse à fixer.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Damien rêve au pied de sa toile… Il n’y a plus de toile. Il est au pied d’un immense escalier de marbre dans une cathédrale noire, sans tableaux, sans iconostases, sans sculptures, sans structures particulières qu’un immense escalier de marbre dans une cathédrale noire. Un escalier en colimaçon avec une rambarde en ébène, lisse et noire avec à son point de départ, coincé dans l’entrelacs d’une main en ivoire, une rose fanée. Et sur la première marche un enfant assis au visage à la fois triste et moqueur.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Emmanuel, assis sur le rebord de la fenêtre, regarde tour à tour la toile de Damien et le néant qui s’étend. Dans sa tête des bribes de paroles lui reviennent&amp;nbsp;: au cœur du trou noir de sa mémoire éclatent d’éphémères sentences, d’inactuels relaps, d’hallucinés fragments&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;J’ai tué Dieu en mangeant la chair de son fils&amp;nbsp;» , «&amp;nbsp;Implosion virginale&amp;nbsp;» , «&amp;nbsp; Distanciation gnomonique&amp;nbsp;» , «&amp;nbsp;Il faut écrire comme un terroriste&amp;nbsp;» , «&amp;nbsp;Tu connais Raphaël je crois&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» , «&amp;nbsp;De génocide en crématorium, critérium et Marathon&amp;nbsp;» , «&amp;nbsp;De la lucidité des ignorants&amp;nbsp;» , Ta grand-mère est morte il y a trois mois, tu ne le savais pas&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» , «&amp;nbsp;Le temps n’est pas une denrée comestible&amp;nbsp;» , Chasse-spleen, un excellent bordeaux&amp;nbsp;» , «&amp;nbsp;Un rire de lune ivre&amp;nbsp;» , En Abel sans label&amp;nbsp;» - Emmanuel tremblant passe de l’en-tête à la forte voix – «&amp;nbsp;Peindre est une vengeance, écrire une revanche&amp;nbsp;» , «&amp;nbsp;Un fou au cou mou&amp;nbsp;» , Je m’appelle Emmanuel&amp;nbsp;» , «&amp;nbsp;Moi c’est Damien&amp;nbsp;» , «&amp;nbsp;ça veut dire Dieu est avec vous&amp;nbsp;» , «&amp;nbsp;ça ne veut rien dire du tout, rien du tout&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Damien regarde les marches en marbre et l’enfant, la rose d’antan et le vide accablant. Il a mal au ventre et ses mains tremblent. Ses doigts cherchent à toucher l’enfant mais dans un ballet macabre les épines des roses font barrages… Pieds nus le froid du dallage pétrifie ses jambes. Il a beau tendre ses mains, maigres chairs friables, toujours il sent l’acéré des ronces qui le lacèrent jusqu’au sang. Son estomac est comme une bouillie d’organes&amp;nbsp;; lui comme le ventre d’une Douleur, pourtant il ne veut que tendre ses mains et toucher le front de son frère, caresser ses cheveux, s’appliquer à une tendresse consanguine, toucher son front comme une berceuse effleure, à la lisière du sommeil, la paix des rêves…&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Emmanuel est toujours assis sur la fenêtre. Il sourie de toutes ses dents, jaunes caries, en avalant, extatique, la fumée de son énième pétard. L’acide se maintient, Marie-Jeanne en douceur soutient l’équilibre. A nouveau il regarde, tour à tour, la toile et Damien endormi, L’absinthe et la toile, Damien et l’absinthe. Il pense à «&amp;nbsp;La quadrature du triangle&amp;nbsp;» , à «&amp;nbsp;L’objet mort dans le regard en vie&amp;nbsp;» , il se souvient, clamant haut perché à la lueur d’un printemps mortifère&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;En cette date-anniversaire, en ce premier mai, le jour de gloire est arrimé&amp;nbsp;! Alors noyez-vous macabres cadavres, que vos oripeaux encore se décharnent, Oui&amp;nbsp;! Le jour du grand soir est à chanter! Allons enfants de la fratrie, le jour de boire est arrivé&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Fermant les yeux le manège continue, équilatéral l’enrobe dans sa nuit…&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Damien tremble en crescendo… Le froid gagne ses cuisses, sa vessie. Jusqu’au bas de son ventre, à la frontière de deux agonies. L’enfant a grandi et la rose rajeunit&amp;nbsp;: Ses pétales semblent respirer, ils s’ouvrent et se ferment, gonflent et dégonflent, suaires aux parfums en tous pores s’infiltrant, friperies renaissantes retournant à l’inné, apprêtant ses bourgeons pour un été de nouvel augure. Puis tétanisé Damien voit de nouveau l’enfant vieillir comme à saute-moutons, à saute-années, se retrouve sot, impuissante vapeur devant son frère, devant l’enfant-frère qui le rejoint dans l’âge et le dépasse. Devant l’enfant-frère qui grandit à la vitesse des rêves et des cauchemars, qui se prépare aux rides, se pare d’un teint plus livide, perd la fraîcheur rosé des adolescent par le temps encore épargnés, atteint le ton défraîchi des adultes par les souvenirs de plus en plus ignorés. Damien pourtant «&amp;nbsp;persiste et saigne&amp;nbsp;» , continue de vouloir s’approcher mais les épines des roses giflent l’atmosphère, rayent et saturent l’espace, stigmatisent sa chair, restent barreaux et bourreaux, barrières de lanières…&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Emmanuel somnole, prend l’onirique envol, concorde de fortune en chimique molécules. Son pogrom est entre parenthèse mais dans les soubassements de son inconscience les mots continuent leur ballet. C’est une ronde incontrôlée qui balaye large, une désolation bavarde au fond de l’en-lui, un galimatias, embryon d’imbroglios dans un fondu au noir. Il rêve, un peu «&amp;nbsp;des étoiles, poussières de lumières mortes au champ d’honneur d’une astrologie défunte&amp;nbsp;; de lucioles battant des ailes affolées dans la nuit feinte derrière ses yeux fermés, au rythme de ses sens barrés&amp;nbsp;; de cosmogonies qui tournoient, myriades d’étincelles et théâtre Nô&amp;nbsp;: kyrielles de rois, dames et pucelles, samouraïs et kimonos, poupées et totems dans la cour d’honneur de l’en-soi&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: C’est l’habituel et renouvelé défilé&amp;nbsp;: Mode où les habits rituels couvrent des pieds à la tête des saillies dans les syntaxes, où la démarche des phrases et des images l’assaille et le force, le viole, l’envole et l’écorce, l’emberlificote et le dépèce...&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Damien reste silencieux… Le calme est revenu et l’oppresse. Chape dont on ne s’échappe. Son frère, maintenant au-delà de tout âge, le tient par la main et doucement le tire, l’attire vers une échelle alors que la cathédrale semble s’effriter, comme du sable dans un sablier semble s’écrouler dans un flou sans bruit et sans précipitations… Ensemble ils descendent mais c’est comme s’ils montaient ou avançait, reculaient ou restaient sur place. Tout semble très lourd, engourdi&amp;nbsp;; chaque effort amenuise ses forces, épuise le château fort de sa volonté. L’obscurité diffère, arc-en-ciel d’ombres sans début ni fin, sans base ni sommet. Une brume épaisse enserre l’atmosphère, étouffe chaque souffle.&amp;nbsp; Tout se fait étau qui se resserre. Ils descendent pourtant, lentement, l’Un certains, Damien fébrile vers un lieu incertains, semblant de trop-loin, de trop profond, abîme ou abysse sans fin où l’espoir d’arriver s’abîme, s’amenuise et s’enlise le long de barreaux lisses et glissants…&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Emmanuel a décillé ses yeux cavés et décimés par les alchimies. Il les ouvre et les ferme, cligne et les ouvre, les referme et les dérouille. Il fixe la fenêtre, le retour des pigeons qui dessinent une chorégraphie absurde sur les façades en face. Une mousson de mots s’abat à nouveau dans sa tête&amp;nbsp;; des lames de maux qui s’écrient en son âme, qui se fracassent sur les falaises, en dessous de son crâne en autant de fadaises et d’infernales combinaisons. Il regarde son bureau, alcôve et boudoir, table d’autopsie où il dissèque, dément, les démons de son imaginaire&amp;nbsp;; il regarde encore les pigeons, volatiles vulgaires aux envolées sans grâce à ses yeux lapidaires avant de retourner en soi, soi d’autiste laminé, étouffé en manque d’ère, de temps, d’éclaircies, en soi déphasé et sans air, haletant dans son carré de fenêtre, tendant un de ses bras trop maigre pour attraper un mégot ayant encore quelques bouffées à offrir…&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Damien ne sent plus ses muscles. Les tendons sont flasques, les membres désordonnés, la partition de ses mouvements bancale. Désorienté il suit un sentier de pierres et de sables, debout tant bien que mal il glisse, dérape, trébuche&amp;nbsp;; maladroit il se prend les pieds dans des monceaux de kabbales en tas de vieux papiers usés, dans des souches d’oliviers sans âges, dans des nids de caillasses aux tranchants vivaces&amp;nbsp;: coupants bien mal avisés - lacères-chairs en anarchiques monticules disposés. Dans les fissures du relief il vacille, suivant malgré tout son frère qui le guide au travers du dédale, d’entre-deux pièges en trompes l’œil, de faux-semblants en dangers à fleur de peau… Pathétique, dolorifère, il n’est plus qu’une ombre de lui-même en instable apesanteur, pataugeant en aveugle dans un tunnel aux hiéroglyphes inquiétants qu’il devine seulement, effleurant des murs humides recouverts de signes d’autre-temps, hurlant sans qu’un son ne sorte d’une gorge qui lui semble tranchée, hurlant sans qu’un son ne sorte d’une bouche qui lui semble murée.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Emmanuel vient de bondir&amp;nbsp;! Chafouin ivre au réflexe de félin saoul il vient de sauter pour rejoindre la terre ferme, le plancher des vaches qui en France est celui des veaux. Dans un rire à l’étouffé – Marmiton onirique&amp;nbsp;! – il est passé du rebord de plus en plus instable de la fenêtre au carrelage ocre et horizontale du salon. Feignant la mauvaise chute il s’y étale lamentablement et d’une roulade se retrouve sur un coussin tout en gémissant de semblant, tout en geignant, l’air bête et confus&amp;nbsp;; puis, tout en feignant la surprise, se relève avant de tomber à nouveau, riant avec délice du rire des damnés, s’agitant tel un vers coupé en deux, tel un alexandrin cloné à six pieds il gigote dans la stratosphère de sa crise! Enfin il retombe, pour mieux s’effondrer&amp;nbsp;! Il se relève à nouveau, se met à genoux et se prend à rêver, cette fois ci éveillé&amp;nbsp;: Sur un prie-Dieu&amp;nbsp; imaginaire il commence à prendre Dieu sans ménagement, à sec et en levrette! En esthète de l’enculerie Universelle il Lui embelli le derrière, en digne roi du monde des anus il Lui sanctifie l’Olive Sacrée! C’est d’orgie qu’il s’agit&amp;nbsp;! Tenant Sa nuque royale avec sa main droite et sa chevelure d’argent de la gauche il défonce, euphorique tel un succube, l’Antre de toute éternité du Fléau, et avec ses crocs de louves en rut lui dévore l’oreille, qui est l’ouï du Paradis&amp;nbsp;! Achevant de violer l’Entité, au moment d’éjaculer, il s’écrie, prophétiquement&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La Vérité c’est que Dieu est passif&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» et rajoute, in petto, qu’il est aussi poilu que le singe dont il descend…&lt;/p&gt;
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<title>Chapitre 2.2</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2006/02/18/chapitre-2-2.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>récit</category>
<pubDate>Sat, 14 Apr 2007 12:40:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_chapitre_3.3.3.jpg&quot; alt=&quot;medium_chapitre_3.3.3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Frère Antonin&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 271.8pt&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; « Jusqu’à quand parleras-tu de la sorte,&lt;br /&gt; Et tiendras-tu des propos Semblables&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 271.8pt&quot;&gt;à un grand vent ? »&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;i&gt;Le livre de Job&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Frère Antonin : Affublé d’un chapeau de clown surmonté d’un chapelet de clochettes je suis comme l’anachorète. Ubuesque sans peur du ridicule je tourne en rond dans ma bulle. Je fête le Prophète et je fête Allah en allumant une allumette à sa barbe pour faire de ce conglomérat de tristes cierges un feu d’artifice, à faire blêmir vingt sept vierges! Je fête aussi Jéhovah – quel branle-bas de combat ! – et me fais une bedaine en l’honneur de Bouddha. Parfois, déguisé en croquemitaine, j’effraye le bigot et toujours, d’ici et là, sacrifie au Vice ma vie qui se délite…&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel : Je suis l’Enfant sans froc et toi le Fils défroqué ne voulant plus de la Paternité d’une église à ce jour plus crétine que Chrétienne !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;(&lt;i&gt;La cheminée crépite et les tentures rouges dansent dans les courants d’airs et les courants d’ombres des flammes, c’est un théâtre étrange que cette confrontation&lt;/i&gt;…)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Nous sommes sur le devant de la scène et tu as une bougie allumée sur la tête qui te fait une perruque de cire rouge !… Tu ressembles à un candélabre de chair, à un épouvantail placé dans le champ de la nuit, à un triste sir ici pour effrayer le jour et l’ennui…&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Frère Antonin : Tu as beau te cacher dans l’ombre derrière le paravent on voit quand même ton front qui dépasse et dessus il est écrit INRI, barré d’une croix de sang. Il y a aussi au cœur une entaille sans équivoque à même le miroir, ce J coulant pour un Jésus geignant. &lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_photo_517.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_photo_517.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt; Par ailleurs on voit ton gros orteil et tu as l’ongle long de l’épicurien qui s’en bat l’âme. Il ressemble à celui d’une sorcière asexuée qui traînerait dans Pigalle aux heures où la morale est une débandade. Il est d’ailleurs impossible de se dire, de croire, que cet orteil appartient à ce front et qu’un même corps les soude l’un à l’autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel : Ton corps n’est qu’un décor usé et décousu. Le fil nu d’une Ariane sans équilibre : Un fil de plomb dans l’argile malhabile de ta démarche douteuse. On te voit rapiécé. On essaye de construire le puzzle mais quel casse-tête ! Ces rotules viennent d’ailleurs que ces pieds palmés. Au-delà de ta nuque un visage en apesanteur. Ton menton ne peut venir de la même origine que ton front : l’entre-deux ne peut non plus être issue du même moule ! Ô con ! Et tes tétons proéminents, de quelles éminences les faire anthumes ?!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Frère Antonin : Vieille Nonette ! Cynique Sépulcre ! Tu joues au chat et au rat et tu souris de toutes tes jaunes caries ! Pattes de velours et lourdes canines acérées tu t’amuses à me déconstruire, et ceci-celà l’année de la mort de Derrida ! Tu te dérides sur mes rides ! Sinistre Bestiaire ! Zoo déambulatoire ! Tu ne supportes pas ta condition d’humain, et tu te fais bestial ! Mais tu n’es qu’un bestiaire, Ô mon cœur et ma douceur ! Un chacal doux-mâles, une hyène Cheyenne, un chien aux abois, un chafouin qui fait le singe dans les branchages carnivores des fleurs gourmandes ! Vieux Pingouin ! Tu m’empêtres dans ma condition d’ours blanc de l’Eglise !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Une hostie ! Une hostie !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel : Une hostie ?! Mais offres donc à ton ouïe la Sainte Trinité du jazz et du blues et du Requiem et tu verras le biscuit sacré te glisser comme une note bleue-ciel jusqu’au dernier battement de ton cœur, jusqu’à te l’étouffer par excès de bonheur !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Frère Antonin : Mon cœur à ce jour est une pouffiasse qui se déhanche au rythme de Charlie Parker sur Night in Tunisia !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel : Embrasses-moi ! Voilà une belle causerie, un grand n’importe quoi ! Que tout soit vénéneux du moment que le Serpent du Mâle nous empêche de rester coi et nous enlace, nous empêche de parler doucement aux oreilles bouchées du réel… Je me souviens de ce premier soir où tu es venu chez moi, j’avais un Jameson à l’embouchure du gosier et un Roméo et Juliette au bec. Tu venais juste de déposer ta robe quelques semaines avant, d’abandonner tes pistils aux plantes carnivores, de donner à ta Vie sa première renaissance : ton souffle Nouveau : Tu venais de vomir sur la cape du pape à la seconde du lever du drapeau Vatican : Il en était fini, pour Toi, de l’imbécile aveuglement aux dogmes infertiles ! Une dernière fois tu avais été aux ordres, pour semer l’ultime désordre, et leur souffler, au fiel de leur miel auditif, ta dernière incantation :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;C’est la dernière !&lt;br /&gt; C’est la dernière !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais avant que tu ne pénètres en mon antre, c’est place des Cardeurs que tu as pénétré dans mon cœur, plein épicentre…&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;(&lt;i&gt;Les flammes s’agitent, Bougonne fuit vers sa litière, des monstresses s’agitent, incandescentes et délétères…)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt; Discours de frère Antonin&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; Frère Antonin : J’étais un moinillon, tendre poivrot au comptoir des catéchismes, pilier des dogmes en marbre dans l’antre fermée des Théologiens aux pensées convaincues.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Mais ma bible était un carnet de croquis que j’avais commencé à griffonner à la primeur de mon adolescence. Mes Jésus ressemblaient à des voyous de bord de Cène, mes Madeleine à des putes Divines aux charmes-jarretelles. Mes prières allaient à Saint Vincent - Chantre Rabelaisien du bon Vin - et à Judas, traître exquis sans qui Jésus serait peut-être passé à l’as et à la trappe des millénaires. Mes orgues étaient Hammond, mes messes celles de nègres à la peau dure et douce comme leurs âmes. J’aimais les fils de bonnes familles dans le but unique de les déflorer et leurs frères et leurs sœurs composaient ma sainte trinité. J’avais la tendresse universelle. Une nuit au Duc des Lombards valait un Requiem en Notre Dame ; un pieux récital chanté par Sœur Alexandrine, consistant en douze psaumes chuintés, valait un seul orgasme de Frère Alexandro, ce jeune curé d’Amérique du Sud avec qui j’avais atteints le septième ciel dans l’école pour garçon de Jouy en Brie, durant ma dernière année avant que je ne rentre dans les ordres… Par la suite, dans un coin reculé de mon premier monastère, je cultivais mon Eden, une race très particulière de Marijuana issue d’une bouture, d’un croisement longuement étudié, qui rendait l’âme divine et le bout dur. Au bout de quelques années, ma hiérarchie, qui se prenait très au sérieux – Comme si Dieu était une Chose sérieuse ! – me reprochait mes désertions, mon manque d’assiduité à la prière, mes illusions, mes penchants à l’illicite et mon endurance vinicole. Ce fût d’ailleurs un soir de cuite au Chasse Spleen que j’embrassais la vie païenne, juste avant, preuve qu’Il existe, que je te rencontrasse, ainsi que Damien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;(Alors Damien appelait Dieu Papa, et toi ne l’appelais, au téléphone, que dans le seul but de l’insulter, en lui disant qu’Il n’existait pas…)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Ma plus grande cuite en solitaire. Le lendemain soir. Une nappe de spleen recouvrait la table d’autopsie de ma vie, à laquelle j’avais décidé de dîner de quelques souvenirs.&lt;br /&gt; Je compris la genèse : Cette fourmilière qu’enfant j’avais détruite complètement, et comme je m’en étais voulu. Toutes ces années passées à vouloir me faire pardonner, comme si cette fourmilière était l’humanité…&lt;br /&gt; Je reprenais un Jameson, un Valium et un joint tellement l’évidence me sautait à la figure, tout avait commencé comme ça !&lt;br /&gt; La tête commença à me tourner, je dansais sur Crescendo and Decrescendo in Blues !&lt;br /&gt; Puis comme une perte de contrôle…&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Un corbeau noir fondit sur moi tout droit sorti du plafond, me sauta à l’entrejambe et me suça alors qu’une incarnation de Freud me caressait les fesses, me disant que bientôt de mes entrailles naîtrait un jeune monstre, « polymorphe et vicieux », et que m’apparaîtrait alors à nouveau le corps beau de Dieu, et il m’apparût ! S’ensuivit l’eucharistie : L’oiseau de malheur n’était autre que ma queue, une sorte d’hostie qui gonflait en moi, et mon foutre, jus pervers du fruit de l’orgasme, le sang de son Fils, source jaillissante de l’Immaculée Existence : J’étais ivre !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Au café du lendemain, serré et sucré, à quatorze heures, j’avais Vraiment défroqué. J’ai préparé mes affaires et je quittais le monastère pour une vie de douce débauche, pour une mort joyeuse et d’adolescents sourires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;J’allais à Aix et trouvais une charmante cellule sous les cieux. Pardon ! Un charmant studio sous les toits.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Je régressais, je rajeunissais, je ressuscitais sans avoir eu besoin de mourir, sans avoir trop mûri. Ma mauvaise conscience était en paix. Je commençais enfin à Croire, à Vivre ! La Foi me lançait des décharges électriques. Je frissonnais à chaque impact de mots, à chaque contact de chair j’oubliais définitivement mon trac et la trique répondait du tac au tac comme jamais auparavant, avec une rhétorique à toute épreuve. J’étais mouvant dans le monde après n’avoir même pas réussi à être émouvant dans mon pseudo sacerdoce, j’étais enfin loin des facondes vaticanes et de celles qui pratiquaient quotidiennement le Blasphème Suprême, celui dicté par l’Eglise : La foi « apocryphe », ses règles et ses hymnes !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;(&lt;i&gt;Frère Antonin fait une pause le temps de se rafraîchir d’une goulée de Zubrowska… Bougonne est sorti de sa cabane et pointe le bout de son museau, restant tout de même un peu en arrière, plus par discrétion que par peur…&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;C’est au soleil des Cardeurs que je t’ai vu la première fois. Tu jouais aux échecs contre toi-même. Tour à tour tu tournais le dos au soleil et lui faisais face sans ciller des yeux, concentré sans sourciller, cherchant à savoir comment te battre, comment baiser ton double. Tu étais dans ta bulle, ignorant de l’entour et ignoré de lui, troubadour derviche chantonnant « Autumn Leaves », l’air un peu fou un peu pensif, tournant autour de tes pièces, des reines et des rois, des pions et des cavaliers. Dans le flou de tes prévisionnels à longs termes tu encerclais tes deux petites armées l’une avec l’autre, mangeant tes bouts de bois et sifflant tes mousseuses à l’heure où le soleil mitraille sans équivoque, au Midi de ta folie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Je te regardais jouer sans que tu ne me vois. Je te croquais dans mon carnet. Depuis des jours tous les jours je multipliais les croquis. Tu me fascinais. Tu me fascinais tout autant, peut-être plus encore, quant au lieu de jouer je te voyais griffonner, presque ivre mort l’après-midi tout juste entamé.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Je sais maintenant ce que tu griffonnais. Où plutôt je sais maintenant que tu ne griffonnais pas, mais que tu écrivais. Que tu écrivais des foutroscopies, des nécrologies de personnages pas encore nés, des fins de récit toujours pas commencés et des débuts d’histoires que tu ne finirais jamais. Je sais maintenant qu’il s’agissait de tours de magies, de pays à inventer et d’Ailleurs à repenser, d’errances en impasses tu avançais en zigzag droit dans des murs avec ton armement particulier, ta violence rentrée, tes mots que tu voulais bombes, tes syntaxes en fractures d’avec le monde, comme un kamikaze n’ayant plus rien à perdre si ce n’est la Vie, que tu considérais comme ombre délétère du hasard, comme écho « de cet inconvénient d’être né »… Je sais maintenant que lorsque t’interrompant brusquement pour cracher un regard à la gueule du ciel, c’était pour mieux construire tes chapelles de flanelles, tes décors d’intérieurs, tes géographies intimes et tes Enfers fleuris de mystères. Tu étais au cirque et tu jouais tous les rôles, le clown triste et l’acrobate sans filet, le jongleur de rimes et le fauve qui s’évade, l’enfant pirouette et le vieux tambourineur. Tu ressassais tes orgies de la veille et celles de demain. Tu bouclais toutes les boucles mais la boucle était, est encore de Moebius, sans fin ni début, ou plutôt sans autre début qu’un acte de naissance et sans autre fin qu’un autre de décès…&lt;/p&gt;
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<title>Chapitre 2.3</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2006/03/10/chapitre-3-2.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>récit</category>
<pubDate>Sat, 14 Apr 2007 12:05:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_musee004.jpg&quot; alt=&quot;medium_musee004.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Raphaël&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Le décor change. Dans une pièce très sombre Emmanuel parle tout seul devant une photo de Raphaël, mais c'est comme s'il lui parlait, comme s'il était là, en face, chers os aux vents dissolus... Il y a seulement un cierge volé qui brûle et éclaire un peu la pièce, un téléphone cassé et une urne éventrée gisant dans un amas de cendres...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&quot; &lt;a href=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/files/p790635.2.jpg&quot;&gt;Tu as raccroché&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;La mort qui tend ses bras avec un ricanement sans lumière.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Tu as raccroché je m'en souviens très bien. C'était un soir sans lune, tu étais parti depuis deux jours. Je tournais en rond dans le studio au milieu des livres parterre. Je semblais posthume, délirant, lucide et fatigué en scandant ton nom...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Assis comme aujourd'hui devant ta photo, ex-voto en noir et blanc, l'âme translucide je répétais :&lt;br /&gt; - A voté! A voté!&lt;br /&gt; Comme tu le répétais si souvent en me lisant du temps où tu me lisais encore, où j'étais encore l'élu que tu avais su élucider...&lt;br /&gt; - A voté! A voté!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Avorté voulais-tu dire! Avorté l'enfant lumineux, dans la nuit profonde par les mains agiles d'un chirurgien du nihilisme : Nos ombres salopes...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Tu as raccroché... Deux jours que tu étais parti, deux jours que tu avais brûlé mon dernier parchemin dans l'Urne où les mort finissent d'attendre, dans cette petite tombe de cuivre isolée et isolante... ( &lt;i&gt;un instant de silence, Emmanuel se lève, regarde autour de lui et se rassoit&lt;/i&gt; ) Mais... Mais je ne sais plus laquelle! Laquelle des deux urnes?! Etait-ce celle celle de ma mère, celle de ton frère, celle de mon père, laquelle contenant qui, de nos parents en poussières là-dedans?! Tellement semblables, quelle était celle que nous avions gardé, posé prés de la cheminée comme une relique de nos passés?...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- A voté!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Tu as raccroché. Et quand tu as raccroché j'ai compris que j'étais apparu sur cette terre pour un hommage perpétuel aux larmes, cette utilité de mes yeux, que je n'étais apparu sur cette terre que dans le seul but de mesurer jusqu'où l'on pouvait s'engoncer dans la tristesse sans fin... &quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Emmanuel se lève, souffle sur les cendres, qui recouvrent la photo, puis hurle, hurle et tombe à genoux, tombe à genoux et se met à murmurer...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&quot; Dans l'âtre de cuivre l'autodafé crépitait mais je ne disais rien. Tu te souviens, je mimais le geste de l'incendiaire, je caricaturais le pyromane, j'agitais dans l'air et la fumée mes membres épars et mes mots disloqués ( &lt;i&gt;Hoquetant et hurlant à nouveau&lt;/i&gt; ) « Je t'absous, je t'abats, tabasses-moi je suis saoul, l'ivre-mort claudiquant frappes-moi! Clos notre histoire! Casses-moi, suce-moi arrête de me ressasser, de me masturber! Gifles! Cogne le cave! Assommes, craches pourriture! Ton fiel c'est mon miel! » ( &lt;i&gt;murmurant à nouveau&lt;/i&gt; ) Mais tu ne bougeais pas, tu regardais le feu de Joie, tu regardais mes débris d'âme en train de flamber, puis moi en train de m'agiter en vain plein de vin, éructant et bavant, tombant me relevant, me haïssant de trop t'aimer, de t'aimer jusqu'à te laisser brûler mon dernier manuscrit, ma dernière bavasse, ma dernière supercherie... &quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;***&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&quot; Ta voix résonne encore... L'écho s'amplifie dans mon cerveau... Une musique de marteau piqueur qui creuse un sol de ténèbres. Un vent de mots hurlés qui souffle à la décime de mon apesanteur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Ta voix qui résonne, qui psalmodie le pâle maudit...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Elu dénué de sens tu es Maître mais pas assez! Il y a tes reniements retors, tes abjurations inconséquentes, les sons lassés de ta mystique insuffisante, les sens trop trafiqués de tes proses sporadiques, de tes vers trop maigrelets ou obèses et graisseux, obscénités pornographiques d'un aigre pâle qui n'osent s'emballer avec le fil barbelé des barbarismes honnêtes! Tu n'es que petit Prince, sans orage de sang ni chaos de Lumière, Furieux dans les sonnets et lâche dans la Vie, le cul tendu entre deux chaises tordus, refusant d'être gentil et ne sachant pas être méchant! Une ordure de pacotille, un ange de misère!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Ta voix résonne encore...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Loin de Toi je me sens mourir mais sans le poids de me sentir aimer. Ma souffrance est vacante et ma mort en instance est sans miroir. Dans la psyché de tes psychoses il est devenu trop dur d'y voir le reflet de mes névroses. « Ici » n'est pas géographique ni psychologique mais morphologique : Mon corps loin du tien est une médecine qui en vaut une autre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Ta voix de déraison...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- On s'aime trop mais surtout on s'aime mal. On sème des graines de haines dans des ciels de Colombes pleins de Vautours. On se tourne autour comme des chiens! De m'éloigner me rapproche d'un Ailleurs auquel je me raccroche comme à une branche d'arbre pourri : Le vide en dessous c'est mon exuvie de toi : Je veux muer et arracher cette peau qui est la tienne, la notre : Ce trop plein de chair et de vie qui nous asphyxie, ce surplus amers de nos corps acharnés, ce paroxysme dés que nous aboyons de concert dans le tumulte de nos désastres...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Ta voix...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Je vais raccrocher! Là je parle à tes silences... J'apprête mon retour sous forme de cauchemars, bonbon sous emballage de linceul, bombe cauchemardesque, je vais revenir main dans la main avec la faucheuse, et ça sera à toi de savoir si tu veux que ce soit soulagement, ou hantise. Vérité ou mensonge. Fiction ou réalité. Si tu veux m'oublier pour renaître ou renaître pour me regretter. A toi, plus à moi. Moi est à rayer de Toi.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;De raison... &quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Emmanuel s'endort dans la cendre, un bout du cadre brisé planté dans le coeur, à sa surface, juste un peu de boue rouge et grise pour s'endormir, se reposer un peu...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Chapitre 1.1</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2005/12/05/chapitre-1-1.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>récit</category>
<pubDate>Tue, 10 Apr 2007 20:10:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_1.1_BLOG.jpg&quot; alt=&quot;medium_1.1_BLOG.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;i&gt;Damien&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Damien, ivre et nu, regarde le ciel ombragé de sa toile et le détachement de la croix sur fond de Jérusalem céleste... En sueur, un verre d'absinthe dans une main et une Davidoff dans l'autre, ses yeux se noient dans la première ébauche qu'il vient de terminer...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Emmanuel, en costume de dandy, en montée d'extase, peaufine son apocalypse alcoolique. Il fume pétard sur pétard et enchaîne whiskey sur whiskey... Partout sur son bureau des feuillets s'éparpillent, sur lesquelles des bribes de phrases raturées dessinent d'abstraites arabesques.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; Damien a l'air satisfait. Ses couleurs sont l'attente, ses savantes pommades impatientes. Le noir est parfaitement ténébreux, l'ocre pareil au sang d'une lune à l'agonie. Ce qui fera ses anges, chryséléphantines postures, en langes, déçus, restent latentes, au côté du brun du bois de la croix qui laissera ressortir les nervures et les écorchures du Temps. Le gris des clous est las, sur la palette au côté de la chair qui sera celle du Christ...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Emmanuel s'agite en silence... Son carnage théologique, iconoclaste s'avère pour lui jubilatoire au point qu'il approche un état d'austère jouissance. Sur les pages éreintées se côtoient vierges bafouées, madones alitées et saints décérébrés, entités galeuses, archanges éventrés, prêtres souillés, moines défroqués et nonnes folles courants, comme prises par la courante mais surtout parce que poursuivies et violées comme d'anodines traînées par des mânes et des nains pervers et sans âme. Clownesque c'est avec une plume acerbe qu'il déstructure les corps et l'Esprit, qu'il rend au néant ce qui appartient à l'absence, qu'il rend cet hommage scabreux au Père des pères dont il est le fils floué, le fils cloué...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Damien se lacère le thorax avec son cimeterre fétiche, arme fourbe et courbe, pose autour de son crâne une couronne d'épine, se poste en garde à vue devant son &quot; abîme &quot;... Il lui faut maintenant attaquer le gniard du Grand Etron Universel. Il lui faut maintenant tordre ce Corps et souffrir cette Idée, d'émettre cette Abstraction ; stigmatiser cette Douleur et « tarer » cette croix de son attribut d'Immaculée Conception.&amp;nbsp; Il commence par un visage, creusé et penché vers les sous-sols de l'enfer, attache le cou à une maigre poitrine, aux os saillants, de laquelle coulent deux jambes tremblantes terminées par deux pieds rachitiques, de sang coagulé recouverts. Il achève le Monstre Filial par les bras, secs et démis, tortueux comme un rameau d'olivier ; et dépose en son ombre une colombe d'une flèche percée, à même le sol écrasée...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Emmanuel se ressert, lève son verre, trinque à la santé du Suprême adultère. Il tutoie Samaël, invective à tout va une assemblée invisible, lance ses morbides ritournelles lâchant parfois d'étranges rictus, s'esclaffant dans la barbe de Dieu en y mettant le feu. Tour à tour bourreau, assassin, Méphistophélique ou Sadien, il se sent pareil à la pourriture qui s'étale sur les aliments avariés, qui gangrène lentement mais sûrement, comme la haine Divine vous grignote et vous rend plus impur. Il exalte dans son apocalypse, éructe, exulte dans ses flux et refus, sanguinaires, inceste tueur, écrivant et réécrivant, enchaînant les palimpsestes insolents...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Damien, la queue droite comme une certitude, attaque les détails. Il ne s'agit plus de dégrossir, de construire la silhouette ou d'esquisser l'atmosphère, mais plutôt de pointer du bout du pinceau la vérité de la Souffrance, le ridicule sublime du Mythe, le &quot; précis de décomposition &quot; de sa composition picturale. D'abord il s'acharne en finesse sur les lacérations, sur les coulures d'hémoglobines, sur l'en-fond des saillies. Puis il suggère les fractures de l'âme dans les yeux vitreux, peaufine les poils de la barbe. Son souffle suit le rythme des opérations, calme pour aiguiser le pointu des épines et plus agité pour baver de la salive aux encoignures des lèvres. D'un mouvement de recul il se retire, d'un pas de danse il revient... Il s'occupe de la longueur des ongles et de la crasse en dessous, de la poussière collée à la peau en transpiration et aux aisselles, au sexe rabougri duquel de minces filets d'urines s'échappent...&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Emmanuel a bondi. Il tourne sui lui-même en grognant. Il stresse dans ses limbes, se trisse autour, tresse dans ses abîmes troubles des perruques de mots souillés qui recouvrent son crâne embrumé. Il gravite dans le vaste espace sanglant de ses inquisitions, de ses hallucinations, gravissant quatre à quatre les marches abstraites qui le mènent à l'autel des blasphèmes incantatoires, psalmodiant des liturgies, jetant dans son dictaphones des prières pour un seul sacerdoce : Le détruire, Lui, par tous les moyens, le principal étant de Le clouer d'amour sur le Golgotha de Son absence. Il tourne autour du pot des allégories en ivre derviche. Pâle, fantomatique, ses veines charriant les flots d'alcools ; les matières grises en crises une partition free et décadente commence à prendre forme enfin. Blême il regarde Damien, hagard et illuminé, et se tourne pour se voir, oedème dans la glace, la figure complètement... Non, il ne trouve pas de mots pour une description, pas de mots qui pourraient décrire son état : Cette figure n'est pas la sienne, c'est celle qu'il ne voudrait plus jamais voir...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Damien, les yeux au sol, parle tout haut et tout seul. &quot; C'est ce cri à jaillir, ces larmes à retenir pour mieux les jouir dans le creux d'une cerne ! Belles larmes bleues dans le puits sans fond des ternes souffrances et des fatigues mystiques... Oui, c'est ce souffle de respiration a exécuter, ce regard sourd à la haine qu'il faut faire entendre à son âme d'enfant des Styx...&quot;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Emmanuel, assis, continue à dévaster les champs déjà en ruines de son paysage post-apocalyptique. En nécrophage consciencieux il baise la Mort par tous ses trous seigneuriaux, Lui jetant des clins d'oeil mortifères, à Lui et à Lui seul, marmonnant...&lt;/p&gt;
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<title>Chapitre 1.2</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2005/12/06/chapitre-2-1.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>récit</category>
<pubDate>Tue, 10 Apr 2007 19:55:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_frere_anton_2.jpg&quot; alt=&quot;medium_frere_anton_2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; float: left&quot; /&gt; &lt;b&gt;&lt;i&gt;Frère Antonin&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;Dans le décor du salon d'Emmanuel, décor au sens théâtral du terme, Frère Antonin déjà bien éméché vient boire le calice et partager l'idée Haschischine de l'Instant. Dehors l'orage gronde. Bougonne est en train de manger sa pâtée. Encens et bougie brûlent. Emmanuel est affalé sur un tas de coussin, dans la cheminée le feu crépite. Des enceintes s'évadent les voix de Sébastian Henning et d'Andréa Scholl...&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Frère Antonin : Je voudrais avoir le courage de tuer mes parents, de ressusciter les tiens, de comprendre Damien puisqu'il est si important dans ta vie. De t'offrir Raphaël sur un plateau de vieux bois, de couronner le vent Seigneur et Dieu. D'ouvrir les océans à la parole et le ciel à la musique. De donner tout pouvoir à la terre et aux animaux, de manger les garçons que j'ai aimé, de vomir enfin ceux qui m'ont détruit. Je voudrai inculquer le swing à tous les blancs et la splendeur du quattrocento à quelques griots. Je voudrais arriver à croire en l'humain ou savoir le haïr vraiment, ne plus obtempérer face à mes doutes mais je suis faible, si faible, indécis, si indécis...&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;Un court silence, Emmanuel le regarde avec un sourire plein d'amour...&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Je voudrai embrasser Dieu avec ma langue jusqu'au fond de sa gorge, lui mordre les dents et embraser la foule terrienne d'un feu sacré, donner l'Art aux lions et que dans l'arène fleurissent les orchidées sauvages du Sensible. Je voudrais mener à la débâcle ceux qui renâclent à faire de ce monde un monde de paix, ceux qui raclent les fonds de marmites de la médiocrité pour en faire de la philosophie de troquet, de la psychologie de guerrier, pour pondre des traités et des décrets, pour asséner à la masse des grandes Vérités - foutues et perverses subjectivités des Idéaux ! - foutues ! - pour polluer l'Ecoute avec des discours qui recouvrent de boue la Parole et le Poème ! Un instant de silence, Bougonne vient se lover sur un pouf... Je voudrai d'une salve de mots justes humilier ceux qui font de cette terre le charnier des Joies, le cimetière du swing, l'opéra bouffe des faux-semblants, le caveau où entasser pêle-mêle la libre-pensée, l'art de la provocation, l'ironie des mauvais sorts, la Prose qui ne demande rien et les regards qui demandent tout, les sorciers des forêts : Je voudrais être un sorcier, celui des minorité cachées et des bravaches insolents, des gamins à gavroches, des adultes-adolescents, des enfants de la peur, des enfants soldats mais je suis trop lâche, des vieillards incontinents et des Isolés du concret.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;Un instant de silence...&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Pourquoi ai-je encore souvenir du corps froid de mon père et plus celui de la chaleur chaude de sa musique ? Qui était mon Dieu dans cette morgue insolente ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;Un instant de silence.&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;Frère Antonin se ressert, s'excuse, gesticule. Emmanuel impassible dans son regard d'amour écoute, écoute car il y a des jours, des nuits, ou écouter suffit, où la cohérence est un leurre qui ne dit pas son nom...&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Je voudrais changer l'eau bénite en absinthe, donner la vie aux gargouilles et qu'elles prennent leur envol dans une nuit d'orage comme celle-ci... Changer l'Idée des églises, des concepts cathédrales, de toutes ces chapelles de flanelles Idéales : Ces lieux mythiques deviendraient des squats, des musés vivants, des antres où tout à chacun deviendraient les chantres d'un art libéré, explosé, passionné, où littérateurs et bels ivrognes viendraient déclamer, où peintres et sculpteurs viendraient exposer, où musiciens et chanteurs viendraient faire danser les chiens et les Saints, réveiller les anciens, accoucher des déhanchements free, enchanter des trublions, faire battre-coeur à des curieux de passages, à des habitués aux mille rivages.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;Un semblant de silence, Emmanuel a fermé les yeux...&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Aux autels seraient rendus les seuls hommages à Dieu qui valent : sous les Vitraux du Désir, autour d'iconostases d'Amour, dans les grandes orgues soufflant la vase expansive des communiants et des outrages, seraient chanté des Requiems d'Or et de Merde, des blues païens, des ritournelles paillardes scandées par des catéchistes défroqués, celles des enfants du Bon Diable ; seraient chantées des mélancolies sans raisons, des Joies insolentes : atteindre au paroxysme pour un Pardon Absolu, car qu'est-ce que le Créateur pourrait désirer de plus que tout ça pour ses ouailles : Désir qu'elles ne soient plus les volailles aveugles soumises aux dogmes apocryphes des vieux bigots, voilà qui serait un retour à la Foi, à la seule qui vaille.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Je voudrais dans Notre-dame et à Saint Sulpice et partout ailleurs des Christ beaux comme des Dieux insolents, attachés sans être cloués, qu'on pourrait détachés, vivants, en instance de renaissance, à peine griffés de quelques coups d'ongles, mordus tout juste, à peine sucés de quelques coups de langues. J'aimerais des clochers où l'on jouerait du balafon, où l'on ferait de la castagne tribale avec des Zidjian, avec des cymbales d'Istanbul, qui seraient des clochers aux cloches de cuivres sonnant un autre son de cloches, sur lesquelles on improviserait d'autres claves que celles qui annoncent le Temps des messes : des cloches en liesse qui seraient anacrouses, anicroches aux traditions, introductions à de libres partitions...&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Emmanuel s'est levé et installe sur la vieille platine d'outre-temps un vinyle d'autre-époque : Lady Day and the President : God Bless the Child... Frère Antonin, doucement reprend, doucement murmure...&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;J'aimerais, d'un frétillement nasal, d'un tremblement de narines, changer le pape en ondes marines, en scintillement anal... &lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_pape.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_pape.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; float: left&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;J'aimerai, d'une impulsion soudaine, intemporelle, dans une collision de saisons, payer mon tribut à la chance d'exister, au privilège d'être, à mon créateur et à mon croque-mort, ce père posthume...&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;J'aimerais que mon dernier souffle soit l'ultime tentative de Sebastian Henning pour atteindre La Note : l'infantilisme de Dieu. Ou que ce dernier souffle soit un coup de bague de Thelonious Monk sur l'ivoire d'un vieux piano, une coulée d'héroïne dans l'alto de Bird, un grésillement de vieux disque laissant filtrer les frissons de douleurs de Billie Holiday sur Strange Fruit, l'écho d'un coup de dés qui mettrait sur le plateau du jeu de la vie à mal la mâle armée des pollueurs de Liberté. &quot; J'appelle cela vivre poétiquement &quot; . J'aimerais la résurrection de mon premier soupir, les larmes coulées de mon premier rire d'enfant, que d'un coup d'un seul des mailloches magiques d'Elvin Jones sur un des toms basses de sa Gretsch l'univers entier se mettent à danser.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;J'aimerais mourir en vie, de l'envie de mourir, pour en finir avec la mort.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;J'aimerais trinquer avec Rabelais, Boire avec Burroughs, roter avec Bukowski d'un rôt de grande envergure. J'aimerais me faire tirer par Rimbaud et saucer le vieux plat plein d'admiration et de jalousie de Verlaine ; m'aliéner avec Artaud et insulter avec Céline, aimer avec Dieu et haïr avec Diable, aimer avec art et détester avec lucidité, n'être personne dans tout mon monde - ce Centre ombilic du rêve – n'être qu'un acte de Foi. J'aimerais être le perdant d'un duel à la vodka avec Vissotsky alors que Saint-Pétersbourg s'éveillerait dans le froid sans nom du Grand Nord. J'aimerais pouvoir trahir Dieu et pactiser avec le Diable sans être la Servante de ces deux misères, sans être cette lumière gardienne de ces deux décors de toute éternité.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;J'aimerais malléer le Temps, l'allaiter d'un lait sans mensonge, maternelle excroissance d'aucun Gniard conséquence : l'allaiter d'un lait de toute innocence. J'aimerais alterner la sagesse et la démence avec la même force - errer de vents en marées, arrêter le présent pour un court instant, avilir le futur au mien, coller au cul des aiguilles, qui tournent qui tournent, et enfin décoller de cette météorite : l'Humain.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_damien_10_st_sebastien_morcele_trompette..jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;medium_damien_10_st_sebastien_morcele_trompette..jpg&quot; /&gt; J'aimerais être un drapé de Caravage, le téton d'un saint, un fripé de Camille Claudel dans le marbre d'une danse, le sexe d'un ange ou l'anus d'un chien, la truffe d'un goret, le prépuce du Christ ou un précipice Divin, l'avale hanche de Bird ou les neiges éternelles de la mélancolie Baudelairienne. Mais je ne suis qu'une petite mort.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;J'aimerais être un ascenseur en panne au dernier étage de mes fantasmes, un bourreau à froid devant l'échafaud et le regard de ce con damné qui ne comprend plus rien. Mais je ne suis qu'une petite mort.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;J'aimerais réchauffer ma foi au bain-marie de la Sainte Virginité. Etre Manitou voué au vaudou, petit nègre petit cul. &quot; Faforo &quot; ! Une toque de toquet sur le lointain sommet de mon crâne j'aimerai être ce cuisinier qui dans le grand fourre-tout culinaire de la vie sait faire, connaît les proportions : être celui qui sait assaisonner de curare le potage des amalgames simplistes et de bonnes épices les poèmes sans concessions de ceux qui farfouillent dans les brocantes de la Beauté et du Juste. Etre l'insolence mais pas la gratuité de l'insolence.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;Emmanuel n'est plus si calme. Il frétille en ses coussins. Change de disques. Passe à Diminuendo and crescendo in blues. Il écoute avec plein d'amour dans un sourire comme une falaise, à l'à-pic de l'amour complice, son compagnon qui parle et boit, qui offre le noyau du fruit et écrase le vers dedans, ce vers de l'apparat…&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;J'aimerais scier la branche sur laquelle le Temps est assis et le voir tomber dans l'abîme de l'espace en riant du rire des damnés. Il s'effondrerait, les époques se mélangeraient, les cultures ne sauraient plus où donner de la tête : Des nègres sublimes auraient les yeux pers de chats hautains, des blancs aux pâleurs pascals chanteraient des blues de rocailles, des Inuits sauraient les claves afro-cubaines, des allemands insulteraient en créoles et des indiens de Katmandou connaîtraient les secrets typiques des tipis de ceux d'Amérique. Des Chinois feraient des installations minimalistes et sur les flancs du Tibet le Land Art serait, conceptuel, un décor d'universel identité.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Les langues seraient des lézards florissants. Pêle-mêle partout s'emmêlerait le Peul et l'argot, le péruvien taclerait les américanismes, des dialectes antédiluviens réapparaîtraient dans les sommets éternelles des rhétoriques, les langues mortes se referaient une santé pour faire à nouveau swinguer les pucelles nouveautés. Le latin ne serait plus cette approche austère du langage mais une fantaisie maligne du Savoir. On reparlerait l'araméen tout en ponctuant des trois petits points Célinien l'idée d'un langage parlé. L'universalité serait démodée au profit de la variété et chacun connaîtrait plus de langues qu'il n'est Utile d'en connaître. Le Silence serait ce point d'indispensable reconnaissance, de subtile complicité. La langue religieuse et la langue païenne se rejoindraient dans le poème qui gueule Partage. La langue essentielle des regards et celle des dialectiques friables se rejoindraient dans l'âtre joyeux de l'ironie consentie, pour mieux rejoindre l'idée de la Joie. La langue de la guerre se ferait couper la parole par celle de la paix dans une infernale discussion. La langue de chaque pays se contenterait des regards incompris qui savent tant dire, et qui finissent par danser ensemble...&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Emmanuel l'applaudit, se lève et danse euphorique, la bouteille de Jameson à la main et la clope au clapet il tourne en derviche, frappant le sol de ses pieds alors que Frère Antonin se met à léviter dans les airs en évitant, par instinct dans la transe, les candélabres qui s'enflamment, sous le regard désabusé de Bougonne qui ronronne sur son coussin rouge...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Chapitre 1.3</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2005/12/06/chapitre-3-1.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>récit</category>
<pubDate>Tue, 10 Apr 2007 19:50:00 +0200</pubDate>
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&lt;h1 align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;EN-GB&quot; lang=&quot;EN-GB&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h1&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/thumb_01-Livre_sur_un_banc-small.jpg&quot; alt=&quot;medium_01-Livre_sur_un_banc-small.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;span xml:lang=&quot;EN-GB&quot; lang=&quot;EN-GB&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Raphaël&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;EN-GB&quot; lang=&quot;EN-GB&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Emmanuel est prostré entre un banc et un arbre dans un jardin public. Il tient entre ses jambes une bouteille de Jameson. Un cendrier à ses pieds qui se rempli comme un sablier se vide.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &quot; Raphaël... Les souvenirs me gangrènent... J'aimerais que tu vois ce que je suis maintenant. Pour toi, ni grâce ni à cause, mais par toi ce que je suis devenu...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ma misère est mon Or, ma solitude ma panacée, ma soif, inassouvie à jamais mon Jubilé...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mes tremblements sur mon socle d'airain, sur le socle de ton souvenir, mes fissures.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je voudrais que tu vois que je t'aime encore, que ma richesse ce sont maintenant mes paroles offertes au vide de leurs âmes. Raphaël je suis livide, j'ai cette pâleur qui est un reflet sans miroir. Je me demande si tu m'as déjà vu si pâle... Est-ce que tu me regarderais si tu passais ici par hasard, avec un enfant dans une poussette peut-être, une jolie fille au bras qui aurait un petit frère dans le ventre. Est-ce que je voudrais tuer cette petite famille qui serait la tienne pour que tu puisses me haïr? A nouveau exister...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Quels sont ces scénarios absurdes alors qu'il n'y a plus que la musique de ton coeur éteint ?&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'aimerais te présenter mon banc. Te présenter mon public, ces anonymes errants...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tu prendrais plaisir à me voir ainsi dans l'invective et le blasphème, dans l'ombre d'une chapelle, dans le rance de leurs cœurs à apostropher leurs rancœurs ...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Tu prendrais plaisir à me voir me lever si tu passais par là. Tu me reconnaîtrais peut-être. On irait ensemble... Tu prendrais plaisir à connaître frère Antonin, Harry et ses drogues, cet ange réfuté qui serait seul capable de t'égaler dans l'Amour, mais dont je ne parlerai plus ici... Tu prendrais plaisir...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Raphaël. Ton nom n'appartient qu'à moi seul dorénavant. Si je mourrais maintenant ton nom ne serait offert à personne, il deviendrait ce silence que je glisserai dans un linceul crasseux, il deviendrait cette épitaphe gravée dans ma petite mort...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Une jeune mère de famille s'approche d'Emmanuel et lui caresse les cheveux... Emmanuel continue de chuchoter, les yeux fixant le sol, on devine pourtant qu'il lui parle, qu'elle est, Stabat Mater Dolorosa, celle qui est capable d'Ecouter... L'enfant de la maman est accroché à sa jambe et pleure doucement...&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &quot; Après Lui je suis devenu le réceptacle des tendresses et des tristesses...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les amants défilaient au rythme de deux par jour. Parfois ils étaient trois ou quatre.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce qui était notre lit, symbole de perfection d'un Amour sans failles, n'était plus que foutre et sueur, caresses insolentes et danses barbares où les sens en liesses s'éveillaient dans l'odeur âcre du sang et de la merde, où des laisses et des menottes servaient au décorum, étaient les signes mesquins d'une soumission infondée. Garçons aux queues denses et freluquets aux jeunesses altérées formaient la sarabande.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les matins sans saveurs voyaient des corps épuisés et des silhouettes filantes.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les nuits n'en avaient plus que le nom, jamais elles n'étaient ce sommeil qui mène à la Joie, jamais elles ne m'offraient de rêves, elles filaient lourdes de silences, de manques, de râles, courtes et infidèles.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'avais fait abattre le peuplier devant la fenêtre, et pourtant je ne laissais pas le soleil entrer, ce creux dans l'espace je le voilais en fermant les volets, je volais au jour des ombres qui n'étaient même pas de réconfort. Je ne voulais plus du temps, cette denrée incomestible, je jetais à sa face mes petits boucliers, mon théâtre se jouait derrière les lourds rideaux de velours rouges.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je commandais mes courses et mes amants par Internet... Je baisais les siens, ceux dont j'avais su... Je baisais ceux que je retrouvais, à l'aide de son calepin... Je le baisais lui à travers eux... Ils étaient un peu de sa peau morte. Je les baisais et réciproquement, avec le vice de ceux qui n'ont plus rien à perdre, qui n'ont plus personne à pendre, qu'eux même au chanvre du délire...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mes larmes en mon âme avait la couleur du sang et mes veines n'étaient plus que ces cicatrices qu'on aime à lécher les soirs de pénitence. Je vouais un culte à la douleur. A sa douleur qui était devenu mienne, dont il était délivré, dont j'étais prisonnier. Sa douleur terminée était le commencement de la mienne : Simple ricochet du cœur sur le plan d'os de ma chair, dans la rivière de sang de ma mémoire trop précise...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dans le jardin je creusais des tombes, je semais des graines, n'importe, et de la Silver Pearl, cette herbe qui scella notre rencontre en Hollande, devant le Champs aux Corbeaux.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je cultivais les stigmates comme on cultive les tomates, avec la précision naturelle du jardinier pointilleux... Je saignais beaucoup...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'arrosais ces tranchées avec mon sang, je m'entaillais la chair agenouillé dans ces tombes qui étaient l'allégorie de son fantôme, je regardais le ciel asseoir sa nuit sur mon visage écorché, sur les ruines de mon corps.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les soirs d'orage surtout c'est les soirs d'orages que je devenais fou. Nu comme un vers je pataugeais dans mes trous comme un porc dans sa fange, je me roulais dans la fosse, je riais à la barbe de Dieu et je pleurais à même les orbites cavées de Samaël.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Sinon je baisais, comme on s'achève je baisais ce qui passait, ceux qui acceptaient de passer mais ça ne suffisait pas, rien ne pouvait plus suffire...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La mère embrasse Emmanuel sur le front et emmène son fils avec elle. Elle marche comme on respire, doucement elle rejoint le mouvement. Le temps s'arrête. Emmanuel se cloître un peu plus...&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &quot; Mais tout se joue derrière les rideaux. Et que ce qui est vrai et que ce qui est faux s'en aillent au Diable... Tout s'ajourne dans l'ombre. Les vérités, ces gageures, s'étayent au fur et à mesure qu'on les égrène. Le chapelet se disloque, les perles glissent dans les grilles d'égouts...Tout se gangrène et on s'en retourne à son lot d'ablation, on enlève à l'essentiel en se consacrant au contingent...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Emmanuel se tasse un peu plus, il parle comme s'il Lui parlait...&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je me fatiguais à inventer des stratagèmes, à essorer les quelques rêves où tu te laissais apercevoir, à créer des évidences pour tenter de mettre un ruban d'or à ces mensonges qui me venaient dans le sommeil de l'ivresse. N'avançant nulle part et ne reculant devant rien puisqu'il n'y avait même plus l'obstacle de ta respiration, l'espoir de ta résurrection, puisqu'il n'y avait comme frontières que celles qui délimitaient la débâcle de ma mémoire et des tentatives de futurs avortées d'avances, vaines chimères qui viennent à l'aube quand on se verse un bouchon de rhum dans un café noir.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je ne sais plus depuis combien de temps je falsifie l'ordre des choses, m'acharne à la distorsion du réel, depuis combien de semaines je raye de ma volonté les désirs de résistance, depuis combien de jours je reste calciné dans l'âtre de cet Asile qu'est ton Absence...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Un instant de silence...&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'inventais aux corps croisés des ressemblances frauduleuses, je trouvais dans des regards des réminiscences. Pourquoi je te parle au passé ? Je vis des histoires que j'aurai du me contenter d'écrire. J'écoutais l'Allegri Miserere de Palestrini si fort, si longtemps tu l'aimais tant, jusqu'à ce que la police viennent me saisir ma chaîne hi-fi à force de plaintes. Je me souviens de cet instant de bonheur le jour où la vieille du dessous à qui tu allais parfois parler est venu me soutenir et a frappé à coup de cannes ces uniformes absurdes qui ne savaient plus quoi faire. J'ai écris une nouvelle, la première depuis si longtemps, depuis si longtemps&amp;nbsp; que je n'avais pas ri... A l'aube, j'ai eu envie de mourir, une envie si forte que j'ai compris que je resterai en vie puisque ce matin je n'ai pas franchi le pont...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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<title>4.3</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2006/10/10/4-3.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>récit</category>
<pubDate>Mon, 06 Nov 2006 23:55:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_chaise_rouge.jpg&quot; alt=&quot;medium_chaise_rouge.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;J'arrive. Je viens, le vois, m'enivre.. Je me sens bien. Je bois. Je m'accrois, m'étire, le scrute, sur le tabouret m'assois et de là tisse les liens, esquisse le terrain : Nous sommes moi et j'écris ton livre, chante ta voix, décrypte la partition de tes silences, endormis, improvise sur la grille de nos errances...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Pastis. J'écris brut, comme une brute je lâche mes flots. D'en haut, abrupt, j'écoute le vent et je bute le temps, j'aboie mes mots et je prends des notes : Mémo : «&amp;nbsp;Demain je ne vais pas au boulot&amp;nbsp;» demain je reste là et j'attends, j'attends en écoutant couler mon sang et en te susurrant : Chut... Bordel, chute mais qu'alors le monde tombe, que le monde se taise, que le foutre nous apaise, que plus rien ne pèse plus que le poids de Toi car il n'y a qu'en toi que je tombe, que je chute, car il n'y a qu'à l'ombre de ta présence que je sombre, que je m'effondre, me relève, que je change, car il n'y a qu'à la lumière cachée de ton exuvie que je mue, que je deviens, que je retourne au rêve, que je reviens à la vie, que je retourne à l'ancien, à l'enfance, l'adolescence, au Temps où j'étais mien, cet antan qui ne sentait pas le rance, qui n'était l'otage d'aucune rançon...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Bordeaux.. «&amp;nbsp;Dors mon beau&amp;nbsp;» je lui chuchote à l'oreille, à ses petites oreilles je lui murmure :&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Je t'aime jusqu'à la larme, qui coulera en moi quand tu auras rendu les armes, je t'aime jusqu'à l'alarme, qui sonnera en moi – comme les cloches de notre Eglise sonneraient à l'instant du Partage – qui saignera en moi quant j'immolerai ton âme sur le bûcher de mon coeur et sur la place publique de mon corps...&amp;nbsp;» Oui, c'est pour Toi que je papote avec le silence, quant tu dors, à la lueur de mon encre dans la sueur de mes nuits. Pour toi ces arabesques de sens, ce dédale de mots où me perdre. Démo : «&amp;nbsp;Je t'aime au-delà du déraisonnable, plus loin encore, parfaitement indétrônable je trône devant ma table, là où les dés se jouent, devant Toi et devant Paris, devant des mondes où je t'aborde, t'adore, t'absorbe comme l'éponge absorbe l'humide, les pleurs, de rire et de coeur me faire nomade et te laisser m'aspirer et m'inspirer. Nous sommes une horde à deux, peut-être sur la corde mais nous sommes funambules et notre Amour est stable, palpable, coupable et condamné à vivre, avec ou sans nous, malgré nous : Cons damnés en instance d'être fous, tordus au lieu d'être droit, de virages en routes enlacées, de plongées – profondes apnées – en bouteilles englouties, de virées enivrées en battues sexuées...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Calva! Je vais, je viens, je bois mais ça va. Je me souviens que j'avais, aux aboies, des relents de luttes. Mais ce soir je sirote plus que j'engloutis et surtout, pirate, je dévoile mon butin : Ce poème-abîme que je butine dans mes veines, dans ces veines que je n'ai plus envie d'ouvrir, que je ne veux plus écorcher, couper, trahir, salir avec des lames de fers dans le désert des solitudes avant de regretter dans les larmes, la morve, dans la salle de bain / morgue, les murs blancs tachés de sang – murs saignants – douleur-miroir dans le miroir intime – murs signés par ce qui serait devenu ma signature, anthume et noir signet, d'avant le dernier soupir, d'avant le dernier denier à la faucheuse assigné.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Je me caresse les bras, la poitrine ce maigre entrelacs de côtes, le ventre et en son contrebas une queue qui se dresse et s'ébat, se bande ce qui veut dire que ça va, que je suis en vie, que je n'ai plus envie de mourir, en tous cas pas tant que tu seras là, même ailleurs et que je pourrais battre le pavé de mes feuilles, défiler, même seul, dans la rue de ton souvenir, dans la rumeur de ta mort, dans le silence du pire, sur l'idée de ton corps ressuscité sans fin et de toute façon, de toute façon comme disait Léo, comme dirait Léo mon Ferré dix-huit carats : «&amp;nbsp;C'est fini la mort, c'est fini...&amp;nbsp;» mais reste l'Or de nos vies.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Pétard léger. Herbe du terroir élevée au soleil du Lubéron que m'ont rapporté Esteban et Antonin, mes deux petits lapins du Sud, mes deux petits catins et dealers «&amp;nbsp;que rien n'élude&amp;nbsp;»...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Re calva. Calvaire je ne débande pas. Langueur et encens, calme : Un autre verre et basta la bandaison s'en va. Bougonne ronronne et Raphaël respire, palpite, pâle bite suçable jusqu'à la moelle, jusqu'à la source, jusqu'au jaillissement. Bougonne ronronne et Raphaël palpite. Des fois c'est simple de vivre, des fois c'est dur. Ce soir c'est bien : Loin d'être posthume c'est plutôt infantile, prénatal : Ce soir c'est comme être dans un bain de naissance, d'essences apaisantes, dans un ballet de bulles, dans un bien-être béat, béant, les sens errants, errant petit Peter Pan s'apprêtant à voler, les narines de poudre blanche tachetées..&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Rituel je gobe, je lance ma ritournelle, je déploie mes ailes de flanelles dans ce ciel de plomb où j'erre, démantibulé à tes lisières.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Alchimique liturgie que je fredonne à l'orée de ton ombre, à l'entente de ton inconscient, à l'écoute de ton immobilité et à l'encontre de ma déraison : Oraison fluctuante dans le liquide séminal de tes rêves.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;D'une écriture testamentaire je te fais tuteur de ma mémoire, je me mets sous ta tutelle, seul légataire de mes jardins infestés de chardons et de gorgones, de fleurs fanées et de plaies, de rêves gâchés par des sots d'hommes – de Peurs et «&amp;nbsp;d'était&amp;nbsp;» : Ce long hiver des souvenirs, cette gangrène inéluctable de l'Avant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Rituel je gobe, paye ma gabelle pour l'accès à l'Ailleurs. Juste à côté de Toi, partout, le cul sur la vieille chaise en bois – adoptée dans une brocante où elle gémissait de ne pouvoir grincer – j'effeuille l'Artie Shaw de notre swing dépassé, j'évoque notre free, inaudible en cette époque trépassée..&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Et je monte le son puisque de toute façon rien ne te réveille, puisque tu es sous le joug des sirènes imperceptibles de Morphée alors qu'elles te sifflent à l'oreille que surtout, surtout il ne faut jamais se lever, plus jamais, toujours rester couché sous mon regard, sous les yeux des monstres et des anges, sous la grande fresque du Temps juste au dessus, ne jamais te réveiller...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Alors je veille. Musique et papiers. Courbes en torsades, mots manuscrits que mon bras gouverne sous l'impulse de ce vieux jazz qui ne te fait même plus frétiller d'un bout d'oreille. Oui, mots manuscrits... Mon écriture gauche, ces laids dessins, de mes pensées, essaim de vrac plus qu'essai, de vin mais pas en vain : Parler de Toi même à l'imparfait de Moi – Au coeur des nervures tracer les veinules qui charrient l'Hommage.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Rituel je gobe, pour faire passer la pilule, pour réussir à faire semblant de croire que tu existes encore, pour oublier que tu n'es pas que la projection de ma mémoire qui s'éteint, je gobe et je montre patte blanche, je sniffe et je montre poudre blanche au visagiste de ta boîte, de ta boîte de pin, de ton urne de cuivre ; au croque-mort en pain d'épice qui décide si oui ou non on rentre en piste : à ce pitre psychotrope, à ce gardien des morales corpo-esthétiques qui s'est recyclé général, Saigneur, qui a tenté un putsch contre le régime de ta liberté et qui a fermé les portes mais je suis quand même rentré, j'ai quand même franchi le seuil, les nuits de cauchemars je suis quand même entré comme on jette une poignée de terre sur le cercueil de l'ennui, comme on tourne la clé dans la serrure du caveau après avoir refermé les grilles du cachot ennemi : L'oubli, puis le réveil, la geôle, la folie : Ne jamais m'évader de Ta prison...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Comme un lapin je retourne dans le chapeau du réel. Magicien de tes nuits au matin de tes jours je réveille les amours païens. Je réveille les muses à coups de pieds dans leurs derrières affligés. Pour t'écrire jouer avec les éclipses, se jouer des ellipses, tourner autour de ta peau et pour continuer à te rêver rester éveillé jusqu'à l'impossible, pour te prier inventer une église sans religion ni dogmes, pour te décrire surtout ne lire qu'entre les lignes, de ton corps sans illusions.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Rien dans les manches! Tout dans le jeu du temps... J'autopsie ce que nous sommes, fûmes ; dans la danse de la fumée, sous les volutes de T-H-C je trace et je traque tout ce que tu es, ce que tu fus, entre autre assassin haschischin de mon ancienne déchéance et usine de recyclage de ce qui était mon coeur dévasté, mon corps-poubelle, mon espoir délabré et ma vie haridelle.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Rituel je gobe. Je m'irradie les narines du souffle et de l'haleine de Dame Blanche, sur le miroir glacé esquisse un portrait de mon reflet, une paille dans le nez : Il est si simple de replonger...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;center&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Doucement glisse l'avalée des heures. Je mets le Miserere de Gregorio Allegri. Il est tant de pleurer. Je monte le son jusqu'à ce qu'il écume des baffles, jusqu'à ce que les voisins désirent venir me faire taire à coup de baffes. Je t'encercle, je t'isole, me glisse dans les alvéoles de tes ombres mouvementées, gravite dans l'espace létal du temps dépassé par l'événement, de t'avoir croisé au crépuscule de ce que j'allais faire de moi : Un sépulcre bordé de cierges, un erratum menant tout droit au crématorium. Puis l'inversion des données et maintenant l'aversion de la réalité.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Comme une fin de partie se ranger dans la boîte, avant la suivante.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Je place les pièces de mes mots sur ce tapis de jeu que tu as rapiécé, y jouant tes dernières cartes sans que je puisse dire mon dernier mot : Je te joue et fais monter l'en-chair, n'écoutant pas, n'écoutant plus le verdict du juge sur sa chaire, nuageuse et flatulente élucubration par trop subjective. Puis,&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Comme à la fin d'un péché, j'amène.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Et parfois je t'ânonne et d'autre je t'ahane... Mais toujours et à jamais je te parle, comme on raconterait à d'autres&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Cette sorte de quête contre l'infect : Prêcher la certitude que je t'Aime au-delà du barnum de mon affect...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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