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<title>Errances et déambulations - theatre</title>
<description>textes publiés, à publier, récit, thèâtre, photos et poèsie</description>
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<title>Echec et mat.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>Théâtre</category>
<pubDate>Sun, 25 Nov 2007 16:20:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-684967&quot; src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/media/02/00/cde27bc045ddc698fcea2345e0eaf92a.jpg&quot; alt=&quot;cde27bc045ddc698fcea2345e0eaf92a.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt; border-width: 0pt&quot; id=&quot;media-684967&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Tu peux rester là des jours j’y resterais aussi. Je vais te nourrir comme une mère nourricière donne son sein et le lait de sa terre. Je vais être ton ange gardien, ton petit démon insupportable, je ne céderais pas jamais à la furia de ton caractère. Et si tu crèves là derrière cette porte alors je crèverais là devant cette porte. Devant ou derrière on s’en fout nous sommes deux fous lapidaires. On retrouvera nos cadavres quand la puanteur deviendra telle que les effluves de Mort mettront la puce aux narines de nos voisins imbéciles. Pour tuer le temps en attendant que l’inverse prenne le relais je vais écrire. Des lettres et encore des lettres mais tu n’en liras aucune. Tu entendras des bribes car des fois j’écris à haute voix mais tu entendras des bribes seulement. Peut-être que tu essayeras de reconstituer le puzzle, peut-être que tu n’en as rien à foutre, peut-être que tu dors. Toujours peut-être mais c’est ça d’être encore vivant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Il va falloir être patient dans ce jeu qui n’en est pas un mais que tu as décidé pour nous. Les vermines ruminent impatientes au fond de nos charniers intimes, subtiles charognes aux corps de ficelles, corsaires aux corps cirrhes, aux dents efficaces de rapaces, pirates de nos chairs se grisant de nos âmes anémiques. Et toi que rumines-tu assis sur ton tas de linges sales, sur ta cuvette de toilettes&amp;nbsp;? Quelles étoiles finis-tu d’éteindre, quelles rancunes cultives-tu comme on cultive de la moisissure en pot dans les laboratoires de nos consciences&amp;nbsp;? A moins que justement tu n’élabores, fin stratège, quelques plans à mon encontre, comme celui d’user mes nerfs jusqu’à ce que je craque, mais je ne craquerais pas Ô non je ne craquerais pas. Je consolide mes défenses, j’éprouve ma patience, je valide mes acquis devant cette porte comme une muraille vertigineuse. Break the Wall tu entends la musique j’imagine et tu vois les petits enfants qui tombent dans le broyeur du Grand Boucher et tu pleures car il n’y a plus que ça à faire. Nos larmes cannibales comme autant de tranchants qui découpent notre solitude duale.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Plus d’interphone, plus d’ordinateur, plus de téléphone, et sur la boîte aux lettres un petit mot&amp;nbsp;: Parti en vacances sur un coup de tête, en amoureux, sans ordinateur, sans téléphone et sans interphone&amp;nbsp;: Une petite note d’humour pour crédibilité usuelle, personne ne viendra nous emmerder car j’ai aussi changé le message du répondeur&amp;nbsp;: Y psalmodiant le même que pour la boîte aux lettres. Répétitions des naufrages, répétitions des carnages et des mensonges personne ne viendra te sortir de là, il n’y a plus que toi et moi sur cette terre laborieuse, toi et moi qui pataugeons dans la fange de nos pathétismes jusqu’à les rendre lumineux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;L’hermétisme de la porte. Sas dérisoire qu’un simple coup de hache, que cinquante coups de hanche… jusqu’à la double fracture… et de l’une d’elle apparaîtrait la pâleur de ta peau, sa tristesse si douce au moindre frisson. Porte frontière mais couvre-feu au check point. En attente de nos attentats contre nous-même, en patience attendant la première détonation. Rats dans leurs caves comme si dehors une pluie de bombes nous troussaient du dedans et que mort de trouilles nous en soyons réduit à touiller les vieux fonds de plats rancis de nos démons et angoisses. Tiens, et si j’écrivais une lettre bien dégueulasse, une déclaration d’amour à un bourreau, un double de toi imaginé à travers le prisme fantasmatique de ta trique d’enfer, une lettre adressée directement au Diable que tu représenterais, pour demander une guerre et sa kyrielle de souffrances, une guerre pour nous, petits bourgeois de la paix, fils consensuels et mous de l’époque indigente toute en ombres et faux-semblants&amp;nbsp;? Que tu serais mignon en Diable&amp;nbsp;! En SS&amp;nbsp;! En ordure amorale au cœur éteint, étreint d’un désir de sang et de douleur&amp;nbsp;!...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Mais il ne faut pas que je débloque, pas encore, pas complètement, pas maintenant…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;i&gt;(Un instant de silence)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;En ce moment des bactéries effectuent un joyeux sabbat dans nos corps engourdis mais nous ne sentons rien, immergé dans nos flots de pensées à peine l’on se gratte en surface. Des petites démangeaisons de rien du tout quant sous le derme et l’épiderme une smala effrénée de saloperies nous grignote à grandes flammes en se régalant du drame. Tu te rappelles nos gales et nos urticaires, nos morpions et nos herpès, nos véroles contemporaines, mycoses et autres thuriféraires de notre corps offert&amp;nbsp;? Nous chantions gloire et nous grattions jusqu’au sang pour un hommage à leur acharnement et à l’amour qu’ils portaient à nos peaux ravagées. Pour le meilleur et pour le pire&amp;nbsp;! On se peinturlurait de pommades, engouffrions antihistaminiques que nous noyions dans des cocktails incohérents et détonnant d’alcools magiques comme l’absinthe ou le calva maison que ton vieil oncle cirrhosé jusqu’au trognon fabriquait illégalement à Saint Pierre de Bailleul. Nous profitions de nos corps souffrant pour mieux profiter de nos corps délivrés, conscient que souffrir c’est être vivant et que de ne plus souffrir c’est l’être deux fois plus. Ce ne sont pas seulement nos corps que nous délivrions, mais nos sourires, nos pensées qui vengeresses batifolaient avec vigueur dans l’espace sidéral de nos voluptés, et comme alors nous faisions ripaille&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Maintenant que nous ne souffrons plus physiquement nous nous débattons aveuglément derrière une porte absurde, toi forclos et muet, moi bavard jusqu’à hurler sous les murmures inaudibles d’un sablier de malheur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;i&gt;(Un instant de silence)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Je viens de prendre ma plus vieille plume, pour un petit clin d’œil épistolaire en pleins et déliés que je te glisserais peut-être sous la porte, peut-être, comme tes souvenirs, les miens, peut-être comme toujours.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;«&amp;nbsp;Sébastien&amp;nbsp;? Est-ce que tu te souviens de nos parties d’échec&amp;nbsp;? Tu me battais presque toujours mais sur le champ de bataille le combat durait des heures car à chaque coup il fallait faire correspondre une citation ou en inventer une fausse ou mal l’attribuer pour déconcentrer l’autre. Fou qui mange le Fou&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La folie est une invention de psychiatre&amp;nbsp;». Cavalier sautant la Reine&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;De la zoophilie comme allégorie des chairs tristes dans le milieu animalier, des instincts primitifs de l’humain en milieu carcéral&amp;nbsp;» Tu ne trouvais pas puisqu’il n’y avait rien à trouver. Pion centré, au milieu encore répétition de pions pour un barrage triangulaire, F4, D5 et C6&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Au début de l’érotique, avant le vortex des plaisirs, dans le soupçon, il y a cette chose, cette chose désirante qui est la littérature&amp;nbsp;». Tu sens que je sens que ce n’est pas là une improvisation mais je ne trouve pas, au hasard je donne un nom mais je me trompe. L’heure des premiers aveux vient&amp;nbsp;: Seule la dernière n’est pas pure invention. Alors la partie reprend. Le fou file un mauvais train et dans sa lancé diagonale stoppe aux abords d’un roi en échec qui doit reculer&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nous ne retiendrons de la lutte des classes qu’un déplorable constat&amp;nbsp;: Les cancres qui ne redoublent pas assez tôt se suicident trop tard&amp;nbsp;» J’hurle mélange de Marx et de Cioran et de Toi et que ce n’est qu’un surréaliste brouhaha&amp;nbsp;: Tu me flingues en mangeant ma tour et je ne peux que récupérer ton pion&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Thelonious Monk ne savait pas ce qu’il faisait, il battait son piano comme on tape sur l’Âne Divin du swing qui faisant sa mule avance toujours à reculons, tape&amp;nbsp;d'un coup de bague en toute justesse le déni de l'originelle partition&amp;nbsp;»&amp;nbsp;! J’aimais alors ton hésitation&amp;nbsp;! Quelle partie avais-je piqué à Nabe, quelle autre à Vian, quelle autre à Gerber&amp;nbsp;? Peut-être aucune à personne, alors tu avançais ton dernier cavalier en D7 pour fomenter une vulgaire fourchette mais il en fallait plus pour me décontenancer et je contrecarrais l’attaque d’un simple souffle de ma tour en E2 et c’était à toi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Aux ombres des Requiems occidentaux répond la lumière que jettent, pareils à des anathèmes géniaux, les griots rédempteurs d’une Afrique en transe&amp;nbsp;». Soufflé je gémis Césaire ou Chamoiseau mais je ne sais, alors profitant de ma démantibulation mentale tu roques et me voilà obligé à la défense quand tu sais que je ne suis bon que dans la contre-attaque. «&amp;nbsp;L’intenable lourdeur des êtres&amp;nbsp;» est trop facile et d’un Kundera tu m’achèves par une reine cachée venant se coller à mon Roi&amp;nbsp;: Mat, et donc à toi le mot de la fin&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;On parle de me battre et j’écoute vos coups. Qui me roule Harcamone et dans vos plis me coud&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Jean Genet bien sur.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;i&gt;(Un instant de silence)&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;n12txtc40&quot;&gt;Alors pour te faire pardonner de m’avoir une fois de plus écrasé tu me demandais de m’asseoir et tu me demandais de faire silence. Pour en finir avec les citations et recouvrer l’ivresse tu me servais un verre de vin blanc doux et citais une dernière fois Bataille&amp;nbsp;:&lt;br clear=&quot;all&quot; /&gt; &lt;b&gt;«&lt;/b&gt;Regarder, c'est être peintre. Souffrir, c'est être poète. De l'union de la plastique et de l'âme on peut faire naître le plus bel art vivant intégral : le théâtre.&lt;b&gt;»&lt;/b&gt; Et tout pouvait recommencer. Mais nous n’en sommes plus là. Nous sommes sur l’effeuillage au fil des gouffres, funambules des incertitudes, truands des souvenirs nous caracolant en tête de la course aux alarmes, de savoir qui crèvera le premier, de savoir qui survivra le dernier.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;n12txtc40&quot;&gt;Je cachette et je poste sous la porte des recommandés avec accusés de déception et cherche à pénétrer tes cachettes en me postant devant ton absence tout en me recommandant de n’être ni accusé ni procureur de nos assomptions et de nos dégringolades. J’avise et tamponne avec la cire de mon sang des missives écrites sur un coup de ce même sang. Je fais semblant d’accepter que tu me réprouves mais je réprouve tes choix et tu fais semblant de ne pas m’écouter et de ne pas accepter que pas à pas je gagne du terrain sur le tien car je sais que tu craques petit à petit, que ta volonté se désagrége sous les coups de butoirs de ma dialectique qui s’affine et s’acharne. Car si c’est de folie dont tu es demandeur tu sais que je peux en être donneur&amp;nbsp;! Alors que veux-tu Sébastien&amp;nbsp;? Un baroud d’honneur&amp;nbsp;? Des épitaphes en recueil&amp;nbsp;? La preuve sine qua non de ma Patience&amp;nbsp;? Des cartes postales&amp;nbsp;? Que j’aille chercher l’échiquier pour une nouvelle partie&amp;nbsp;? Comme tu veux&amp;nbsp;! Mais d’abord je vais écrire oui t’écrire une nouvelle lettre et tu crèveras avant moi de n’en avoir que des particules éparses, des éléments diffus et des indices confus&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;n12txtc40&quot;&gt;&lt;i&gt;(Écrivant et lisant seulement des passages)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;n12txtc40&quot;&gt;«&amp;nbsp;Cher S.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;n12txtc40&quot;&gt;Tu… si mieux. Lui si mule quel âne&amp;nbsp;! Ton… profond et sa supercherie sont… un… con… parable&amp;nbsp;! Nous trouverons facétieux des moyens. Dés demain quant avec… il n’a maladroit… qu’un doigt… et ton énorme… qu’il va à la va-vite… entrejambe de gnome… ouvres alors qu’huître lui se referme tu… et je perle… Sang blanc et rouge tes turgescences il… geint et toi gentleman… alors qu’ahane il bêle… en billevesée tu es trognon…&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Ô mon âme… Qu’il meurt mou… Lui si mule quel âne&amp;nbsp;! Ton discours de trou… vers… la poésie des… sens et ton indécence sue… Havre… de paix qu’il ravale les siens les mânes je préfère… fan&amp;nbsp;! Tommes coulants le fromage de ta queue à sa vie de Came, en berne drogué de bas-fonds&amp;nbsp;! …&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;n12txtc40&quot;&gt;Fuck Baby&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;n12txtc40&quot;&gt;&lt;i&gt;(Un instant de silence, rien ne se passe)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;n12txtc40&quot;&gt;&lt;i&gt;…&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
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<title>Vers sang d'un délirium.</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2007/11/26/vers-sang-d-un-delirium.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>Théâtre</category>
<pubDate>Sat, 24 Nov 2007 21:30:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/media/02/00/db3ee21415876b63c30ae029ea2f0b60.jpg&quot; id=&quot;media-687638&quot; alt=&quot;db3ee21415876b63c30ae029ea2f0b60.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Photo de Fabrice...&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Sébastien, j’écrase un mégot, je remplis un verre, j’allume une cigarette et je vide un godet. Rythme de plus en effrayant des fréquences. L’ailleurs est difforme il n’y a plus qu’ici. J’ai fabriqué un autel. Il y a des boîtes d’allumettes russes, des cigarettes portant des noms qui ne diraient rien à personne ou presque, des peluches, deux, mités par des Dieux qui ne résonnent d’aucunes raisons, ceux que nous avions inventé. Combien de jours que nous jouons, combien de nuits que nous frayons dans le labyrinthe de nos effrois, que nous batifolons, jolis papillons&amp;nbsp;? Les chenilles dont nous sommes issues sont celle des tanks du désarroi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;i&gt;(Un instant de silence)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;La voix brisée de Tom Waits sur Blue Valentines en écho à celle de Chet Baker sur My Funny Valentine.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Mon petit Valentin&amp;nbsp;! Pour que tu ne t’ennuis pas j’ai lu la correspondance de tes parents, j’ai lu à haute voix, à voix de titan, d’Hercule, j’ai vocalisé, diablement vocalisé pour que tu entendes tout, pour que tu entendes la différence d’avec mes lettres sans sens, ni queue ni tête.&lt;br /&gt; Veux-tu un exemple&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; Non&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; Juste un, qui ne serait pas épistolaire&amp;nbsp;mais le pourrait :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;«&amp;nbsp;Fenêtres superposées à la gloire d’une décadence consommée et d’une impatiente myopie.&lt;br /&gt; Notre société n’a pas de permis de construire et nous en abusons.&lt;br /&gt; Ton goût pour l’étendue des dunes rappelle un baiser de midi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;La politique aux abords masochistes n’engendre que tromperies et tricheries acharnées.&lt;br /&gt; Nous mêlerons-­nous jamais aux noyés des boues subordonnées&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; Et toi, rêveur ambulant,&lt;br /&gt; Tu médites sur la racine d’un lien authentique…&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;i&gt;(Un instant de silence)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Ô mon bébé. Puisque nous ne savons pas ce que nous serons si un jour nous sommes encore, je ne peux plus qu’écrire à l’Avant, car&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;«&amp;nbsp;Avant c’était mieux,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;La musique se réinventait à chaque minute, les génies ne savaient plus où donner du pinceau pour faire mordre la poussière à l'académisme. Ils fabriquaient, mais sans le savoir, leurs futurs bourreaux en rigolant édentés à la face des technologies nouvelles. Des écrivains suppliciaient la littérature avec trois petits points et d’autres le cinéma avec trois mots magiciens&amp;nbsp;: Noir, Blanc et Dialogue De Prévert. D.D.P. mais où sont nos Artaud, nos Céline, nos René Clair et nos Barrault, nos Jean-Jacques Rivière et nos décalogues pamphlétaires&amp;nbsp;: Trouvez-moi dix vrais poètes&amp;nbsp;! Qui pourrait dire aujourd’hui que «&amp;nbsp;Là où ça sent la merde ça sent l’homme&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Mais qui pourrait dire aussi que «&amp;nbsp;L’éternité est retrouvée, - que - c’est la mer mêlée au soleil&amp;nbsp;», sans paraître extrémiste ou ridicule&amp;nbsp;? Les falots écrivent en SMS des romans de gouinasses ou des Sommes S-F lamentables de consensualisme quand dans les reflets des miroirs du Flores on encense des professionnels de la rentrée littéraire entre trois coupes de champagnes et quatre magouilles éditoriales. On étudie Sade dans les masters de littératures mais les thésards se taisent sur les pamphlets de Céline, on dissèque Guyota dans les amphis mais on se choque d’un groupe de rap qui traite le président d’enculé. Une belle et jeune Sénégalaise intègre un gouvernement de fachos patentés et s’en vante quand Léopold Senghor se retrouve en Pléiade. Redonnez-moi un seul Coltrane contre mille Doc’ Gynéco’ et un millième de Miles contre cent milles merdeuses à la Diam’s. Alors oui avant c’était mieux et non je n’appartiens pas à mon époque, je la vomi du fondoc de mes tripes, je la dégueule du plus profond de mon Amour, je la chie et je tire la chasse car tous me file la chiasse. Quand nous avions des Sartre ou des Rebatet, qu’on ne les aime ou pas, nous voilà avec des Bernard Henry Lévi, des Bruckner ou des Finkel-crotte&amp;nbsp;: Mais comment avons-nous pu tomber si bas&amp;nbsp;? Où sont et que font Aristote, Dante ou Sade, Machiavel ou Pascal même&amp;nbsp;?! On ne nous offre que des pantins de l’intellect, des mous de la polémique, des fripouilles de l’underground, de la merde en conserve pour discours réchauffés.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Alors oui c’était mieux avant&amp;nbsp;! C’était mieux quand Cronenberg adaptait Burroughs, quand on suicidait à la grosse bouffe des personnages nihilistes et foireux et que des indigènes sans gènes menaçaient d’empaler des réalisateurs/acteurs allemands capricieux et égocentriques pratiquant un cinéma délirant et mégalomaniaque sans moyen au cœur d’une forêt hostile pleine de pièges.&amp;nbsp; Nous avions les furias de Klaus Kinski et de Werner Herzog, il nous en reste &quot; Lost&quot; !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Alors oui c’était mieux avant quand chaque jour des Mozart du swing écrivaient et jouaient les opéras baroques d’une musique en révolte&amp;nbsp;: Le Jazz&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Oui, Oui et encore Oui&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Où sont «&amp;nbsp;nos&amp;nbsp;» Chaplin, nos Béjart, Wharol, nos drogués, nos alcooliques, nos fous et déments, nos absolutistes qui badigeonnaient de sperme, de sang, de vie, la littérature et la musique, la peinture et la sculpture&amp;nbsp;?! Nulle part&amp;nbsp;! Où invisibles luttant dans les back-rooms de l’ignorance médiatique sans vouloir se faire récupérer&amp;nbsp;: &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;MERDE&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;i&gt;(Un instant de silence)&amp;nbsp;&lt;/i&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Voilà, une lettre comme tu les détestais…&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;i&gt;(Un instant de silence)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Mais maintenant&amp;nbsp;? Que faire d’autre que de te provoquer. Tu ne sors même plus d’aucun de tes gonds.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;i&gt;(Un instant de silence)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Alors je n’ai plus qu’à invoquer, nos dieux et notre passé.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;i&gt;(Un instant de silence)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miles. King Of Blues vient à mon secours, le notre. Je sais que tu te souviens notre particulière façon de regarder le vide les soirs de lune absente. Nos indifférences aux mépris, nos éloquences complices les nuits de désaccords. Nous inventions des Gloire aux morts anonymes et aux amours avortés. Je pardonnais tes envolées concrètes comme tu faisais fi de mes chants nihilistes. Nos cris n’hurlaient à aucune éclipse, nous nous moquions des ellipses capricieuses de la rhétorique têtue, par amour. Miles. Nous sachions nous réconcilier avant même de n’être fâché, nous savions nous pardonner avant même de nous être offensé.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;i&gt;(Un instant de silence)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Le Métro ( 2 )</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2007/07/21/le-metro-2.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>Théâtre</category>
<pubDate>Sat, 21 Jul 2007 16:05:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/media/01/00/a7d5ae758efa3d7e1db3289699aab13b.jpg&quot; id=&quot;media-465390&quot; alt=&quot;a7d5ae758efa3d7e1db3289699aab13b.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-465390&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Scène de métro ( 2 )&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Emmanuel est toujours assis sur le même banc, alors que viennent s’asseoir à ses côtés une Dame et sa Fille transportant un chat dans une cage. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Mademoiselle, Madame, Miaou, bonjour.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Mademoiselle&amp;nbsp;: Bonjour.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame&amp;nbsp;: Bonjour jeune homme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Salut bonhomme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Moi&amp;nbsp;: Je ne sais si je suis vraiment un bon homme, mais en tous cas tu es bien joli toi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Je te retourne le compliment, mais tu sens le chien à plein nez.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Moi&amp;nbsp;: Normal, je suis un chien&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame (&lt;i&gt;au chat&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Ne parle pas aux inconnus, et encore moins aux inconnus canins&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Mademoiselle (&lt;i&gt;au chat&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Oui, écoute-nous un peu&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Bande de vieilles mégères&amp;nbsp;! Déjà je ne supporte ni cage ni métro, et en plus vous ne voulez pas me laisser discuter un peu avec un congénère&amp;nbsp;?!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame&amp;nbsp;: Cette race de cons ne génère que bruit, bave et déjections&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Mais je vous en prie, insultez-moi à votre guise, reproductrice inconsciente, matrice insolente, sac à gniards&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Bien lancé, bien tancé&amp;nbsp;! Sors-moi de là et allons danser&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel (&lt;i&gt;se levant&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Oui tu as raison, il faut savoir déraison garder&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame et Mademoiselle (&lt;i&gt;en cœur&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Ne le touchez pas où j’appelle la police&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: La police animale alors&amp;nbsp;! Et moi la SPA et je vous intente un procès pour mauvais traitements&amp;nbsp;! Les dimensions de ce panier ne sont pas aux normes&amp;nbsp;! Ah Ah&amp;nbsp;! Vous voilà bouche bée Ô moutonnes, Ô friponnes&amp;nbsp;!&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame et Mademoiselle (&lt;i&gt;en cœur&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: L’insolent&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Mon prince charmant, mon prince charmeur&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel (&lt;i&gt;s’approchant de la cage&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Ô bouffonnes, Ô matrones&amp;nbsp;! Sois patient mon Miaou, je vais te sortir des griffes de ces serpentes, de ces vipères&amp;nbsp;! De toute façon la vioque est bonne pour le cimetière et la gamine pour la prison&amp;nbsp;! Je la vois déjà&amp;nbsp;: Mariage, crédits, gamins, club Med, morte sans le savoir&amp;nbsp;! Nous nous grimperons aux arbres, nous volerons de nos propres zèles, nous irons dans les palaces en faisant des grimaces aux vieux singes de l’entrée&amp;nbsp;! Champagne à la campagne, bons vins au petit matin&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Mon cœur chaloupe, mon âme ronronne, nous serons loin de ces deux loutres, comme chien et chat le monde tout entier nous aura à la bonne&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame et Mademoiselle (&lt;i&gt;en cœur&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Police&amp;nbsp;! Police&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Ta litière sera le lit des rivières d’Auvergne&amp;nbsp;! Poissons frais, thon de bon ton&amp;nbsp;et tant de bon temps nous attendent&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Plus de Pal et de boîtes, nous vivrons nus de chair fraîche et de l’eau limpide d’une vie sans entrave&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame et Mademoiselle (&lt;i&gt;en cœur&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Police&amp;nbsp;! Police&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Nous déroulerons la bobine du fil de la vie comme on déroule le tapis rouge à l’entrée des palais où je t’emmènerais&amp;nbsp;! Nous écouterons Charlie Mingus et si Râ sourit nous rendrons hommages à Cléopâtre et à Léo Ferré en voyageant de Stalingrad à l’Egypte Antique&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Je grimperais au sommet des arbres te cueillir la lune pour que tu puisses lui aboyer ton amour, «&amp;nbsp;je creuserais la terre&amp;nbsp;» dans des charniers d’Afrique ou d’Europe de l’Est pour te trouver des os goûteux et solides&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame et Mademoiselle (&lt;i&gt;en conciliabule puis en cœur&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Ils sont fous, mais que faire ils se mangent dans les pattes, se mordent la queue, il faut les empêcher&amp;nbsp;! Police&amp;nbsp;! Police&amp;nbsp;! &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel (&lt;i&gt;à Madame et Mademoiselle&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Vous ne pouvez rien faire contre la liberté&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou (&lt;i&gt;à Madame et Mademoiselle&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Vous êtes retorses et imbues, bombez le torse et tendez vos cul, je suis le chat botté&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel (&lt;i&gt;à Madame et Mademoiselle&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Abdiquez où je vous mords vos chevilles, enflées comme elles sont de votre condition, quel festin ça sera&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;( &lt;i&gt;à Madame et Mademoiselle&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Vous êtes faites comme des rats&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame et Mademoiselle (&lt;i&gt;en cœur&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Police&amp;nbsp;! Police&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Que leurs muses doivent être laides&amp;nbsp;! Et si nous les muselions&amp;nbsp;?!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Et si nous nos amusions&amp;nbsp;?!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Elles tremblent&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Elles sont terrifiées&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame et Mademoiselle (&lt;i&gt;en cœur&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Sauvez-nous&amp;nbsp;! Sauvez-nous&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Miaule et elles deviennent folles&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Aboies et les voilà aux aboies&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Ô mon amour, nous filerons doux de gouttières de bon goût en niches suaves, de panières dorées en plaines embrumées par la petite rosée des petits matins&amp;nbsp;! Félins, Canins, Catins&amp;nbsp;! Sus aux Félons, aux canons et aux cons nous vivrons en paix dans les prés et nous nous courserons en rase campagne sans nous raser, sans nous brosser, hirsute loin de la ville et de ces viles putes&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame et Mademoiselle&amp;nbsp;: Mais ils nous insultent, nous vilipendent, nous méprisent, nous traînent dans la boue&amp;nbsp;! Police&amp;nbsp;! Police&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Plus de chaînes je te dénicherais de jolies chiennes&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Plus de laisse je te trouverais des matous qui ne seront pas des matons&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel et Miaou (&lt;i&gt;en cœur&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Plus de prisons&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame et Mademoiselle (&lt;i&gt;en cœur&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Ah le marlou&amp;nbsp;! Ah le Canigou&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Nous irons au gré du hasard de grands hôtels en lupanars, nous croquerons la vie à la barbe des croquants, nous volerons aux étalages, nous serons sans apesanteur et volages&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Point de morales, foin de leurs principes, nous serons bêtes et nous sèmerons des poux et des puces dans les cheveux trop bien coiffés qui recouvrent leurs sinciputs d’homo sapiens prétentieux&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Ô les maquereaux&amp;nbsp;! Ô les maquerelles&amp;nbsp;! Loin d’eux je t’emmènerais à dos de mulets chasser le mulot&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Je te trouverais d’imbéciles séants pour t’aiguiser les crocs, affiner tes canines et lisser tes griffes, derrière nous l’herbe ne repoussera que pour mieux nous laisser nous rouler dedans&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame et Mademoiselle (&lt;i&gt;en cœur&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Mais que fait la police, que fait Sarkozy, où sont les CRS, les militaires, les brigades spéciales, le GIGN, où sont les pervenches, les contrôleurs, les commissaires et les troufions, où sont les bleus, les espions, la CIA et le FBI, on nous vole notre chat, on nous dépouille, mais où sont les pompiers et les hommes qui ont des couilles&amp;nbsp;?! Police&amp;nbsp;! Police&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Regarde-les, elles fondent de trouille&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Observe-les, elles se décomposent&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Elles font sous-elles, dégoulinent des aisselles&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Il y a comme une odeur&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame et Mademoiselle (&lt;i&gt;en cœur&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: On se meurt&amp;nbsp;! On se meurt&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Emmanuel&amp;nbsp;: Nous allons revivre dans les champs loin des épouvantails contemporains, nous contentant de la musique des orages, du silence de la lumière, de l’air frais et du souffle de Morphée quand nous dormirons à la belle étoile&amp;nbsp;! Plus de métro&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Miaou&amp;nbsp;: Nous allons revivre dans des forêts pleines de mystère loin des villes calcinées par la misère, nous contentant du rythme effréné des sphères éthérés des steppes de nos imaginaires, embrassant et embrasant Bacchus et Mingus lors de danses effrénés et complices&amp;nbsp;! Plus de métro&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Madame et Mademoiselle (&lt;i&gt;toutes deux couillonnes sur un banc du métro, à leur côté une cage vide et une muselière&lt;/i&gt;)&amp;nbsp;: Quelle époque, tout se perd&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/media/02/01/de5abf5769dd78ed351331af44e9f59a.jpg&quot; id=&quot;media-465396&quot; alt=&quot;de5abf5769dd78ed351331af44e9f59a.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-465396&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
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<title>Partitions...</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2006/03/23/partitions.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>Théâtre</category>
<pubDate>Thu, 23 Mar 2006 03:30:00 +0100</pubDate>
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&lt;p align=&quot;center&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt;&quot; alt=&quot;medium_djf_piano_1.jpg&quot; src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_djf_piano_1.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;&lt;i&gt;1&lt;/i&gt;&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/files/p_3.jpg&quot;&gt;&lt;u&gt;&lt;i&gt;Piano !&lt;/i&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;Sors Grégoire sors! Tu ne peux pas, rester comme ça, statique statue de bois! Tu ne peux pas tu es Mouvement, figure enchantée sans ficelles et corps de metteur en scène, drogué à l'infini! Sors et danses tu sais si bien danser quand je ne suis que marbre figé, arbre austère se voulant, se croyant millénaire alors qu'à peine accouché de la terre! Laisse-moi prendre ta place! Tu es Vivant laisse-moi prendre ta place, stagner ici toi viens danser! Hurler! Et chuchoter... Chatouiller la vie s'il te plaît laisse-moi la mort ; la mort ma spécialité, ce rire de la mort qui est ma spécialité ; le détachement, le rire au-delà, ni au-dessus ni en-deçà, ma propriété pas la tienne! Laisse-moi avec la faucheuse! La Mienne! Mon exégèse, mon intime salope complice, ma Putain de partout, ma petite musique à moi!&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;Sors! Il y a &lt;a href=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/files/art_tatum_1.jpg&quot;&gt;Art Tatum&lt;/a&gt; qui te réclame à toute vitesse : Tu entends? Il y a ses quatre mains qui ne savent plus où donner de la tête. L'ivoire vire frappa-dingue. Le clavier serpente à toute berzingue. Les touches blanches et noires chauffent et rougissent. Entre deux ponts de la rivière aï aï ça s'emballe et file en cascade affolée. C'est la divine dégringolade, le parfait affolement. Le blues se trémousse pendant que la pompe rythme l'Office. Les accords jouent aux funambules, se détachent pour mieux recoller au Morceau, s'effondrent en équilibre, se récupèrent en justesse! Ça fulgure en crescendos, saccade en balade, promène à toute vitesse et se repose en mélodie. C'est une sorte de Free mais frais. Viens et écoute, c'est de l'orage, un tumulte de nuages qui présage la renaissance d'un clin d'oeil Majeur. Viens c'est un soir immense : Le noir! La négritude en apesanteur dans le rythme intense ; du découpage de flottaison, de la dent de scie en délice alors sors Grégoire, s'il-te-plaît sors de ta tour d'ivoire..&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;&lt;i&gt;Un instant de silence, un vinyle tourne dans le vide...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;Sors Grégoire, sors! Reviens avec moi arpenter la 52ème avenue, les couteaux dans le dos d'Harlem, suivre Génius and the President, rejoins-moi on va prendre un billet d'avion, je vais le chercher, demain matin à l'ouverture, pour New York, chopper les programmes du Carnegie Hall on va ressusciter les anciens, Bird and Lady Day et aller écouter les survivants comme on avait dit! Viens demain j'y vais et on part, pour fêter ça il y a Archie Shepp et ses grands yeux de mérou vaudou qui globulent au New-Morning! On va aller crier avec lui, pour sa maman : Révolution avec le bras levé du fauve, du vrai tigre comme Fela Kuti, rejoindre les princes et guerriers de la Percussion afro-américaine! Viens, dehors ils s'agitent en limaces nous on va aller faire nos gazelles et se faire bouffer de plaisir par nos vautours taquins et nos Dieux infernaux dans la jungle du Swing! Sors putain, tu vas pas t'crever avant the Hawk tu aurais l'air si con mon amour, si con qu' tu serais foutu de vouloir t'évader de ton urne rien que pour te traiter d'imbécile dans la glace, de revenir dans cette salle de bain rien que pour te dire : Idiot! A ton reflet en berne et sans drapeau!&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;&lt;i&gt;Un bruit de larme qui sculpte une vitre. X balance tout son corps sur la porte et s'effondre par terre le nez en sang. Avec ses deux mains et son souffle il fait glisser un exta et en gobe un en gueulant :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;- Prends-le et crève trou du cul!!&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;&lt;i&gt;Puis il s'allonge et se reprend, parle doucement, la musique change, on entend My Funny Valentine de Chet Baker&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;Sors mon amour! Les jours passent et crèvent les nuits je n'en peux plus.. Que veux-tu?.. Je rampe, je ris, je me branle et je lèche le mélange de mes larmes et de mon foutre.. J'implore et j'invoque, je te hais moins que je ne t'adore, je rampe et je ris, je pleure en écoutant notre musique, je rigole en écoutant notre musique, je m'astique vulgaire en écoutant notre musique, je suis le totem pathétique et je trique et je t'aime. Je te lis le dictionnaire car tu l'as oublié en t'exilant ici : Pauvre couillon tête en l'air tête de fer! Je te lis des lettres et des télégrammes , des lettres et des charades, une pièce de théâtre que j'écris pour toi en écoutant notre musique qu'est-ce que tu veux mon amour? Un piano je ne sais pas en jouer, une batterie je n'en ai plus et puis, et puis, la musique je t'ai dis, que non, pas plus que.. Pas plus que quoi?.. J'ai oublié.. J'ai la mémoire hachée menue.. J'ai envie que tu... Que nu tu.. Me.. Grégoire...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;X &lt;i&gt;s'endort...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot;&gt;&lt;i&gt;La porte s'ouvre, Grégoire va dans le salon, prend de l'argent, sort et revient avec plein de sacs... Il embrasse X sur le nez et lui laisse six bouteilles de Jameson à ses pieds.. Il referme la porte de la salle de bain et referme le verrou et se referment les rideaux...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;2&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;u&gt;At the Drums!&lt;/u&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;Sors Grégoire sors! Dehors il y a la nuit qui se fout de nous. Cette vieille garce qu'on aime tant. Elle caresse le temps dans le sens du poil. Elle se marre à voir ta gueule d'ange qui ne ressemble plus à rien et la mienne n'en parlons pas. C'est con j'ai le nez éclaté mais tout pour me soigner c'est sous ta main. Salope!! T''as semé tes bouteilles. T'es sorti... Tu dois te marrer entre deux envies de claquer. Te demander si je m'en relèverais. Si je serais à la hauteur de ma faiblesse. Si j'arriverais encore à écrire le mot Joie sans penser à toi en pansant mes plaies comme un chien blessé dans le caniveau de la nuit. Qui se fout de nous et de moi qui abois. Qui se fout de savoir?! Si je pourrais quoi?! Crapahuter sans toi et sans règles, sans filets me défiler dans mes mots au sommet de quoi?! &lt;i&gt;Quelques secondes de silence..&lt;/i&gt; La nuit rieuse voilà la solution! Corbeaux et épouvantails, venins lunaires et éclipses de sang! Je t'emmerde mon Amour! Comme la nuit je la pompe, me fais son clone et son clown noiraud! Je t'emmerderais toujours un peu moins que je ne t'ai jamais aimé mais tu ne vas pas m'éteindre aussi facilement! J'aurais pas la rancoeur que tu veux me seriner, la mauvaise conscience que tu veux... Mais tu veux quoi?! &lt;i&gt;Quelques secondes de silences...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;Tu entends?! This Melody ! Kulu sé Mama! Tu peux rien contre ça, At the Drums je retrouve tout mon souffle!!&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;&lt;i&gt;Plus de silence, une furie de percussion explose et X se met à hurler des borborygmes sans queues ni têtes, lévite, s'évite et se rejoint, hurle en riant, en pleurant, plein de rictus éructe.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Sors! Le décor est clos éclot c'est la fin d'la rumeur et de tes sales ragots! Fini ton ragoût au chantage je chante nos jeunes âges et t'absous p'tit connaud ! Quoi je hurle?! Oui j'Hurle mais j'hurle dans le vide, dans un petit coin de néant sans échos! Echos! Vas-y bébé prends-toi pour Artaud, pour Jéricho, pour Momo p'tit morback come here j'vais te causer English and shit, fuck Coquelicot t'as pas un chant pour chanter pas un champs pour te déflorer si je ne suis pas là pour t'arroser! Chante le silence ça ne me fera pas taire! Enterres-toi ça me fera pas refuser de prendre racine! Reste assis-couché j'resterais debout! Je t'aime trop pour toi et je sais que c'est moins que ce que tu m'aimes pour moi alors te voilà bien coincé p'tit orchidée de Misère, carnivore calfeutré! Sors raclure! Mon amour... Sors enflure! Pour toujours...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;&lt;i&gt;X s'arrête sur la porte comme dans un mur, avale d'une traite la moitié d'une des bouteilles de Jameson et se remet à murmurer comme si rien ne s'était passé...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot;&gt;Un requiem en promenade sur les bords de Seine, on avait ce courage et ce plaisir, main dans la main, de balader soleil ou orage..&lt;br /&gt; On avait des violons tristes dans les regards et des solos joyeux dans les sourires, pourquoi voudrais-tu noyer tout ça dans l'eau froide du dépit?&lt;br /&gt; Sors Grégoire! Ne m'écoute plus... Juste souviens-toi : Tu m'as offert mon premier Perrec : W ou le souvenir de l'enfance : Depuis, si tu savais comme.. Je m'en souviens...&lt;br /&gt; On se moquait de ceux qui nous moquaient, on se défendait de ceux qui persiflaient, on avait ce rire sans équivalent de l'enfant qui sifflote et moque la mort des âmes et la rancoeur des coeurs..&lt;br /&gt; On redonnait sens aux terrasses des cafés, aux vieilles caves qui swinguent, aux trottoirs et aux bancs, aux chemins pavés et aux sentiers sans destinations dans les forêts et les labyrinthes..&lt;br /&gt; Un blues à la grille qui se démonte, improvisé d'ici et là, sans début ni continuité, avançant à l'aveugle avec comme seule certitude le bonheur d'un point, d'exclamation sans fin!&lt;/p&gt;
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<title>Scène de métro</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2005/12/09/scene-de-metro.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>Théâtre</category>
<pubDate>Fri, 09 Dec 2005 23:30:36 +0100</pubDate>
<description>
&lt;i&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; float: left; border-bottom-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;medium_242310157_small.jpg&quot; src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_242310157_small.jpg&quot; /&gt;Un aveugle vient s'asseoir sur le banc, à côté d'Emmanuel… Le chien se lèche le museau et Emmanuel le caresse...&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Emmanuel ( &lt;i&gt;Au chien&lt;/i&gt; ) .. On est pareil! Déjà Léo Ferré hurlait : Je suis un chien! A l'époque où j'écoutais cette chanson j'étais plus catin que canin... Mais j'étais tout de même très chienne... Je t'aurai plu je pense d'ailleurs si je puis me permettre…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le chien : Je pense aussi, mais je ne suis pas humanophile, et j'ai déjà ce vieux débris à ma charge…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Emmanuel : Il n'a pas l’air bien commode en effet... Mais la cécité est un handicap difficile.. La nécessité des regards est depuis bien longtemps prouvé pour des relations humaines normales... Vous, au moins, pouvez-vous toujours vous renifler le derrière... Mais ce pauvre erre?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;L'aveugle ( &lt;i&gt;A Emmanuel&lt;/i&gt; ) : Excusez-moi jeune homme... Bien que privé de mes yeux je n'en ai pas moins l’ouïe fine... Est-ce bien à mon chien que vous parlez?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le Chien : Oui, nous parlons entre homme!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Emmanuel : C’est un chien passionnant que vous avez là…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;L'aveugle : Oui, mais depuis ses trois ans il se prend pour un homme et n'en fait qu'a sa tête...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le Chien ( H&lt;i&gt;urlant&lt;/i&gt; ) : Je suis un homme!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;L'aveugle : Tais-toi donc! Tu es une truffe sur pattes! Et moi un nez sur jambes! Mais je reste quand même ton maître, et même ton père d’une certaine façon!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le Chien : Toi mon père?! Laisse-moi rire! Mon père avait des allures de seigneur alors que toi tu n'es que chair flasque et orbites vides! Et que ferais-tu sans moi? Alors que je peux me passer de toi! Tiens, il suffirait que je te fasse traverser la rue au mauvais moment, que je te pousse sur ces rails en te mordant la main pour que tu lâches ma laisse et mon harnais et à moi la liberté! Seulement je suis fier, moi! Comme mon vrai père! ( A Emmanuel ) Un Berger Franco-allemand avec du sang de chien loup!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Toi mon père?! Mais tu n'es que de la chiendent, de la chienlit qui ne sait pas m'apprécier à ma juste valeur!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Emmanuel ( A&lt;i&gt;u chien&lt;/i&gt; ) : Il est dur avec toi ?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le Chien : Non mais il...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;L'aveugle ( &lt;i&gt;Coupant la parole au Chien&lt;/i&gt; ) : Comment ça?! Mais quoi?! Je te nourris, je te loge dans une belle maison de campagne, tu dors dans un lit des plus confortables et tu ne me sors que trois fois par semaine!! Est-ce ça une vie de chien ?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le Chien : Il est vrai que certains hommes sont moins bien lotis! Mais tu n'as aucune classe et ta vulgarité parfois est effrayante. Comme cette manie de me couper la parole!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;L'aveugle ( M&lt;i&gt;imant le Chien&lt;/i&gt; ) : Ouaf, Ouaf, Ouaf! Jamais content celui-là!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Emmanuel : J'avais une chienne lorsque j'étais enfant... C'était ma petite soeur animale… Longtemps j'ai passé plus de temps avec elle qu'avec mon frère... Elle est morte elle aussi. Il sont tous mort! Tout meurt! De l'éphémère à l'infini qui un jour s'éteindra…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;L'aveugle : Mes yeux sont morts des mains de ma femme, cette idiote! Je l'avais trompé avec une femme plus belle qu'elle! Elle l'a su et m'a crevé les yeux... Puis elle est partie vivre avec une sorte de Quasimodo alcoolique mais qui avait une maison au Brésil... L'Imbécile! Déjà qu'elle n'arrivait pas à parler Français... Elle avait perdu la raison en me faisant perdre la vue... Je ne sais pas de nous deux qui est le plus heureux maintenant... ( S&lt;i&gt;'adressant au Chien&lt;/i&gt; ) : peut-être toi finalement, es-tu parmi les plus heureux…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le Chien : Et une compagne?! Depuis des mois tu me promets une belle chienne! Je suis majeur maintenant! Et celle de madame Soupirons aussi! De surcroît nous n'avons que deux mois de différence... Tous les matins on se regarde avec des yeux de merlans frits en nous racontant nos vies, à travers ce stupide grillage installé par ta famille! Moi aussi j'ai le droit à l’amour!!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Emmanuel : Oui! D'ailleurs Céline disait : L'amour, c’est l'infini à la portée des caniches...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le Chien : Et toi? Tu as connu l’amour?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Emmanuel : Mais qu'avez-vous tous à me poser cette question?!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le Chien : Il y a dans tes expressions la nostalgie des amours perdus et une effroyable tristesse! De la méchanceté aussi, mais une méchanceté nouvelle! Et tu bois comme les amoureux déchus, comme les chiens déçus, comme les adolescents aux abois!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;L'aveugle : C’est vrai que vous sentez l'alcool à plein nez...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Emmanuel : Vous, faites taire vos autres sens!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le Chien : Oui! Tais-toi! Nous parlons entre hommes, je te l'ai déjà dit! ( A &lt;i&gt;Emmanuel&lt;/i&gt; ) : pourquoi cette déchéance?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Emmanuel : Parce que la faucheuse tissée d'os a fait de mon amour de la chair à vermine! Parce que le soleil n'éblouit que les vivants et que l'eau est plus appréciable dans le désert! Parce que mes nuits ressemblent aux ténèbres et que mes jours sont des énigmes sans réponses. Parce que dans un bocal rempli de formol je conserve un bout de corde qui résume mon histoire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;( U&lt;i&gt;n instant de silence&lt;/i&gt; )&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Mais aujourd'hui je suis las de geindre... Et je n'ai plus de larmes à offrir à ton affection...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le Chien : Oui je comprends. Ravi d’avoir pu discuter un peu avec vous jeune homme.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Emmanuel : Moi aussi, peut-être nous recroiserons-nous... Bonne journée et ne sois pas trop dur avec ton… ( D&lt;i&gt;ésignant l’aveugle&lt;/i&gt; ) Enfin avec lui…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le métro arrive, l'aveugle et le chien monte dans un compartiment. Emmanuel quant à lui décide de rester un peu sur les quais. Une vieille dame arrive avec sa fille, et dans un panier un joli chat noir…&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Fin...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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<title>La Lettre</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2005/11/27/la-lettre.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>Théâtre</category>
<pubDate>Sun, 04 Dec 2005 17:48:29 +0100</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_lettre_epz.jpg&quot; alt=&quot;medium_lettre_epz.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; float: left;&quot; /&gt;- Grégoire sors s'il te plaît sors de la salle de bain. Ça fait trois heures que je suis là à attendre. Sors maintenant tu ne peux pas rester toute la journée ici. Cette lettre ce n'était rien, j'avais bu tu me connais quand je bois je suis insupportable mais je vais encore arrêter. Je vais aller voir le médecin mais sors de cette salle de bain s'il te plaît. Ça fait une heure que je te parle au moins réponds-moi. Je t'entends pleurer, j'entends tes larmes qui s'explosent sur le carrelage et les miennes en écho... Tu dois être assis par terre elles ne tombent pas de haut mais je les entends... Tu dois être assis par terre... Regarde tu vois je me suis assis aussi. Non tu ne me vois pas mais je te le dis. Je suis là en tailleur. Je suis assis aussi. Tu ne veux pas parler ? Ouvres, prends des cigarettes au moins je sais que tu en as envie, ouvre on fumera ensemble mais peut-être que tu en as je ne sais pas, je ne sens pas la fumée, je ne sens rien ; ou si tu préfères ouvre et baisons, tu sais on baise toujours quand on s'engueule et cette lettre c'était rien du tout. J'ai voulu faire de la littérature mais je suis mauvais quand je fais de la littérature, tu le sais c'est toi qui me dis toujours ça : écris, arrête de faire de la littérature, juste écris c'est tout le temps ce que tu me dis. Tu vois je t'écoute et tu as raison, là j'ai voulu faire de la littérature et on n'exagère toujours quand on veut faire de la littérature. On veut blesser, faire rire et pleurer alors on exagère mais attends, écoute tu entends je viens de la déchirer cette lettre, je viens de la déchirer elle n'existe plus, ce n'est plus qu'une épitaphe écoute je vais la mettre dans la poubelle et écrire l'épitaphe avec le stylo que tu m'as offert la semaine dernière, je vais écrire une épitaphe sur un papier voilà c'est fait, je l'ai scotché sur la poubelle : « épistolairement votre » , c'est absurde hein mais c'est fait, elle n'existe plus cette lettre... Attends, attends un peu je reviens...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Un moment de silence...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; Voilà je viens de tout effacer de l'ordinateur, écoute je fais des confettis avec cette lettre et pourtant elle était belle cette lettre non ? Elle était belle mais elle était pour toi, tu n'aurai jamais du la lire et je n'aurai jamais du l'écrire, tu sais, je sais que tu le sais que l'écriture c'est une maladie, on veut vivre et on écrit et même si on vit pas comme on écrit on pense qu'on est vivant, et puis il y a des gens qui te disent que tu es doué, tu entraperçois qu'on va te publier alors tu écris encore plus et puis ça dépasse la vie. Je sais je t'ai trompé mais je ne l'aime pas Lui mais tu es toujours si impeccable, si irréprochable, pas d'erreurs jamais oh non jamais d'erreur et moi tout le temps je foire, je bois et j'écris des horreurs, j'écris des poèmes comme ils disent et aussi un roman comme ils disent encore et ça déforme, j'oublie, toi et les autres, tout le monde, personnages et réalités mais cette lettre elle était pas pour toi, j'aurai du l'écrire pour un recueil de lettres mais pas pour toi, j'aurai du je ne sais pas, poèmes à Lou ou location de coeur en solde pour littérature sombre et méchante je te jure je ne pensais pas à toi mais à moi, à un ensemble, à une oeuvre qu'ils disent alors viens, viens je vais te parler dans les yeux et tu verras les yeux c'est pas de la littérature, c'est du poème brut : ça ment pas les yeux, redonnes-moi les tiens que je te dise que je t'aime et que tu vois que c'est vrai, que je te dise que l'autre je ne l'aime pas et que tu vois que c'est vrai, que je te dise des conneries qui n'en sont pas mais qui paraissent en être, des conneries grosses comme des montagnes tellement grosses tu verras, tu me croiras tellement grosse tu verras cette montagne elle est en pierres de Vérité parce qu'elle a des yeux et que les yeux ça ne sait pas mentir, que ce n'est pas comme les mots et les rimes, les rythmes et les démos de syntaxes, les subtilités rhétoriques et les retournements de situations grammaticales, sors de cette salle de bain et tu verras des yeux qui ne sortent pas d'un livre et qui ne veulent pas y rentrer, qui veulent juste rentrer dans tes yeux à toi, qui veulent juste une entrée de secours, juste revenir, on les connaît nos regards, on sait ce qu'ils veulent dire, ce qu'ils disent, simplement, ouvre c'est mes yeux qui le demandent aux tiens, regardes et tu comprendras que les Autres ne veulent rien dire car je ne les regarde pas je les vois, je les vois seulement, des fois je les observe mais je ne les regarde pas, je ne regarde que toi les autres je les vois c'est tout.. Attends un peu attends non ne sors pas...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Un moment de silence...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Tu entends les glaçons qui se cognent dans le verre à whiskey que tu m'avais offert pour une date-anniversaire qui n'était pas la mienne, tu te souviens on fêtait nos anniversaires comme ça un jour quand ça nous chantait on débarquait avec un cadeau en disant : « Bon Anniversaire mon coeur » et on tirait un âge au hasard ; tu te souviens on a eu tous les âges du monde et là, là c'est le verre de mes quarante quatre ans et c'est un whiskey douze ans d'âge dedans, le Jameson ton préféré tu entends - &lt;b&gt;&lt;i&gt;un bruit de liquide qui coule dans la gorge comme la cisaille d'un diamant volé&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; - je vais finir la bouteille là maintenant et après plus jamais j'en achèterai, c'est toi qui m'en achètera quand tu voudras et tu me serviras un verre par ci un verre par là et moi je n'aurai pas le droit de toucher à la bouteille. On la mettra bien en vue mais je n'aurai pas le droit d'y toucher, c'est toi qui décideras quand je peux et quand je peux pas et plus moi qui choisirai quand je veux et quand je veux pas alors sors, viens la finir avec moi s'il te plaît, avec elle on enterrera le passé et on consacrera le présent pour préparer le futur, on oubliera cette lettre absurde que je n'ai pas écrite pour toi, que je t'ai écrite pour moi, pour un recueil de lettres littéraires comme ils disent, sors tu vois je suis assis non tu ne vois pas mais je suis assis, sur un petit tas de confettis et ces confettis c'est cette missive écrite comme un missile et tu crois que tu étais la cible mais la cible c'était la Beauté d'une lettre, pas toi mon coeur reviens-moi sors s'il te plaît, sors de cette salle de bain elle a déjà vu trop de sang couler, trop de larmes versées elle est faîte pour autre chose mon coeur, une salle de bain c'est matériel alors sors, nous on est immatériel, on s'aime et c'est irréel et la réalité on l'emmerde c'est des contingences, c'est l'enfer les autres, tu te souviens je te racontais que ma maman me disait ça, que c'est mon éducation la liberté, la littérature comme ils disent, le poème et les lettres, les romans, d'être indépendant du monde quitte à en crever, d'être un maudit ce rôle si facile et si difficile, d'avancer c'est ça tu le sais le dernier message de ma mauvaise éducation, d'avancer contre les titans, d'ouvrir au rasoir les talons d'Achille pour que la lumière saigne et inonde de sang l'époque en toc, c'est tout ce que je sais faire tu le savais, tu aimais ça reviens, ouvre s'il te plaît... Je t'ai trompé et toi aussi mais on s'en fout reviens, Eux c'est Ils, pronoms impersonnels quand je t'en parle écoute je t'en parle, Eux c'est Ils, des fantômes d'une heure, des ersatz de fantasmes réalisés, des Idées tout au plus qu'on rend concret par faiblesse et qu'on oublie par force pour ne rien gâcher de ce qui est essentiel, nous, l'essence, le ciel, alors qu'Ils ne sont qu'Eclipses, quelques fois par an on les compte en heure mais nous on compte en année, en décennies, on bouffait du millénaires à la petite cuillère, on avait des visions en sachant ce qu'on allait faire, partir, se suicider en occident pour ressusciter en Orient, pour revivre en Afrique, pour ne pas faire comme eux, ne pas les suivre, ne pas participer à la grande farce artificielle tu te souviens, on était d'accord, on disait que non, pas nous, on en serait pas de cet engrenage, qu'on était d'un autre âge, qu'on ne serait pas les rouages, que j'étais l'excès toi la raison et qu'à nous deux on allait bouffer la vie par les deux bouts, ailleurs, autrement, sors, ne me laisse pas rêver tout seul, ne me laisse pas tout seul dans ce cauchemar de réalité, pas pour un beau gosse, un jeune con, une gueule un corps, pas pour si peu, pas à cause d'eux qui ne sont rien. Non... Pas à cause d'eux, sors... Non, attends... Attends non ne sors pas, ne sors pas si tu veux que je me taise dis-le moi, juste dis-le moi et dis-moi que tu vas sortir alors je me tairais et j'attendrais, mais si tu dis rien c'est que ma voix te fait du bien peut-être, je ne sais pas tu ne dis rien je ne peux qu'interpréter, ne me laisse pas, dis-moi de me taire, dis-moi de parler, dis moi quelque chose, sors...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;P&lt;i&gt;asse une minute de silence...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Tu ne dis rien mais c'est pas grave je parle pour toi et pour moi, je parle pour nous, ta jeunesse et la mienne qui viennent de si loin, qu'on avait rassemblé tu crois qu'elle se désagrège cette jeunesse qu'on avait conservé, tu crois qu'elle s'effrite parce que j'ai couché avec un plus jeune que toi mais sors s'il te plaît, sors et je l'appelle devant toi, lui dire que c'est fini, que c'était un entracte comme au Théâtre que la pièce est fini, qu'il faut qu'on le salue et qu'il parte sur une autre pièce faire une autre tournée, que le théâtre il est de cruauté quand on est un second rôle, un intermittent du cul et que nous non, on est les rôles principaux, le décor et la mise en scène, la production, le menuisier qui a raboté les planches et le peintre qui a trempé ses pinceaux, que je ne veux plus le voir, qu'il est viré, sans indemnités si tu veux je lui dis qu'on ne se reverra jamais, qu'il était mauvais au pieux et qu'il était plus vieux que le monde malgré ses dix-huit ans et que tes vingt ans en valent cinquante comme lui, que mes trente ans sont d'éternelle Enfance, qu'il est un gamin parmi d'autres qu'il faut qu'il apprennent la souffrance pour savoir Rire, que c'est pour son bien. Si tu veux je serais méchant, tu sais que je peux l'être mais si tu veux de la pitié je lui donnerai, tu sais que je peux être gentil mais si tu veux de l'indifférence sors et on l'appelle et je lui dirait que c'est fini, tout simplement... que tout est fini. Fini. Que tout se fini... Qu'il faut en finir. Finir... silence... Grégoire sors s'il te plaît. Je n'y arrive plus. La bouteille est fini elle aussi ou presque. Il faut que je sorte. L'arabe est encore ouvert je vais sortir. Juste une dernière. C'est de ta faute. Tu ne veux pas sortir. Pas parler. Parle s'il te plaît, parles-moi ! Il n'y a plus rien à boire. Tu m'as laissé boire seul. Tu m'as laissé seul. Je ne t'ai pas trompé. Jamais. Pas plus lui que les autres : C'était des cadavres comme les bouteilles vides que tu descendais tous les matins. Des cadavres tu m'entends. Mais toi tu es en vie, ma vie, moi aussi, tout ce qu'il en reste, d'eux il ne restera rien, sors, viens on va faire l'amour, je veux boire ton sperme, sentir ta peau, que tu rentres en moi me rappeler à la Vie, qu'on se regarde sans faillir, sans chiens de faïences qui aboient qu'on se regarde et qu'on fasse l'amour pour les enterrer à jamais, que je te fasse sermon de fidélité, que je me baptise si tu veux je deviens chrétien, idolâtre même je ne regarderai ni ne désirerai plus personne, prisonnier de toi à jamais préférant à l'imbécile facilité du désir le sacerdoce d'un Amour sans faille je deviendrai infaillible comme tu sais l'être, irréprochable et plus encore mais sors de cette salle de bain, il le faudrait alors sors, &lt;b&gt;&lt;i&gt;je deviendrais une statue de marbre taillée dans la caillasse de tes diktats&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; !&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Une minute de silence...&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Une statue de marbre, sors et je les maudits tous mais tu me jugerais une Ordure ! Tu me dirais que je ne les ai que baisé, qu'ils m'ont seulement baisé, que je suis un monstre ce n'est pas vrai je les ai tous aimé, mais comment t'expliquer l'Amour d'une nuit et l'Amour d'une vie ? Sors s'il te plaît tu verras dans mes regards que je n'aime que Toi, qu'ils ne sont que des éclipses, les ellipses d'une philosophie qui ne veut pas dire son nom, les causes d'un libertinage sans conséquences, l'inconséquence du désir physique qui depuis toujours affaibli les faibles et renforcent les forts mais je ne suis ni fort ni faible, mais sors et pour toi je serai faible : je ne céderai plus jamais : je redeviendrai ta faiblesse et j'en ferai ma force...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Silence...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Sors s'il te plaît... Tu ne veux pas? Sors... Sors je t'en supplie... Non ? Attends alors... Je vais t'écrire une lettre, lis-là... Je vais t'écrire une lettre, la glisser sous la porte, lis-là s'il te plaît, ne sors pas, attends, je vais écrire, t'écrire une lettre, lis-là pour moi, ne m'écoute plus ça ne sert à rien, juste attends un peu, ne meurt pas, je vais t'écrire, une lettre, attends-là, attends-moi, je t'aime, attends, attends juste un peu, encore un peu....&lt;/p&gt;
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<title>Le télégraphe</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2005/12/04/le-telegraphe.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>Théâtre</category>
<pubDate>Sun, 04 Dec 2005 17:25:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; float: left; border-bottom-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;medium_telegraphe-coin.jpg&quot; src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_telegraphe-coin.jpg&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Sors Grégoire sors s'il te plaît. Non ne sors pas attend, ne sors pas, attends je reviens, tu ne peux pas sortir, il y a urgence je suis fatigué, je suis fatigué attends je sors, je m'en vais, je ne suis plus là, toucher ailleurs, ailleurs tu me manques déjà, attends reste je vais t'écrire, trouver un endroit, il faut que je t'envoie quelque chose, un télégramme voilà, il faut que je t'écrive, te joindre c'est urgent, partout il y a des câbles qui coupent le ciel en lamelles, je vais passer par eux, t'adjoindre à Moi, je retrouverais un moyen, un télégraphiste je ne sais pas comment ça s’appelle mais si c'est ça je vais en trouver un. T'envoyer quelque chose, te donner des nouvelles, trouver un moyen de transport, un pigeon timbré qui aurait la force d'un aigle pour t'apporter le manuscrit de mon désir, je vais trouver ne t'inquiète pas, ne sors pas, reste dans la salle de bain, bien au chaud, protége-toi par tous les moyens, personne ne peut rentrer, je vais te donner des nouvelles il faut juste attendre un peu, tu sais que tu peux avoir confiance, je ne suis pas fou pas encore complètement mais il faut que tu te protéges, bientôt je vais te dire où je suis et où j'en suis ; que tu attendes derrière la porte que je revienne devant, que tu attendes, tu as tout ce qu'il faut tu pourrais prendre une douche par exemple, une bonne douche très chaude, te savonner partout, dans tous les recoins, te branler en pensant à moi et jouir, en pensant à moi jouir puis tu fumeras une cigarette ; tu n'as qu'à refermer la cuvette et ensuite tu pourras t'asseoir dessus, c'est pas très confortable mais c'est toujours mieux que par terre, sauf si tu fais un tas, un tas avec les serviettes et tu te mettras en tailleur, comme moi tout à l'heure avant que je parte, j'étais en tailleurs aussi mais il a fallu que je parte, et maintenant il faut que tu m'attendes, je vais t'écrire, t'envoyer des nouvelles, il faut juste, c'est bête mais il faut juste que je trouve un télégraphiste...&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;i&gt;Un instant de silence...&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'en ai pas trouvé, pas encore mais c'est pas grave, la pensée ça va suffire, comme enfant on croit à la télépathie, ça va suffire tu vas m'entendre. Je vais être comme un moyen, comme une onde à l'infini jusqu'à toi en point d'orgue, en écho, final, venir à toi, arriver il faut bien y arriver, par tous les moyens, je peux être un moyen, pour t'arrimer, jeter l’encre par les ondes et t'arriver, traverser ce bout de silence, ce morceau de vide, dans le vent, un peu en apesanteur, en jouant à la marelle pourquoi pas, dans un ciel de flanelle, dans un champs de nuages, sans peur des épouvantails leur passer entre les jambes, c'est pas grave les épouvantails c'est les autres, petits monstres de tissus pour des corbeaux chimériques, sous leurs jambes je vais passer, en riant même ; puis monter Rossinante, aux nez des moulins et à la barbe des Croisés, en cavalcades, au galop ; Ô pas sur les eaux n'est pas Jésus le premier Puceau qui veut mais je trouverais des moyens, j'en contournerais d'autres, je passerais au travers des derniers, sous la jupe du Styx en lui chatouillant ses bas-fonds et en doigtant ses purgatoires, dans le jour je passerais au noir, je coucherais avec les douaniers, je sauterais les gardes-barrières, je refilerais de la fausse monnaie au Précepteur,[g] une pièce en toc dans une main trouée qui vient rouler dans les mémoires usées[/g], je trouverais bien quelques ordures à corrompre, quelques nains pour jouer à saute-moutons de Panurges dans un cirque de néant, à la barbe des clowns, j'irais dans le fouillis de quelques mythologies faire des croches-rêves à des vieilles croyances...&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;i&gt;Un instant de silence...&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Attends un peu... Je vais faire vite, faire court, je suis toujours trop long tu me le disais souvent, &quot; &lt;b&gt;&lt;i&gt;Tu es trop long va à l'essentiel, au cœur des choses, tu es toujours dans les chemins de traverses, à traquer le moindre soupçon d'incohérence, à te trouver des raisons pour ceci pour cela, pour vivre, pas crever, et bla bla bla...&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; &quot; , mais attends là je vais faire court, ne dis pas ça, je vais trouver une de ces petites boîtes qui claquettent, avec un pi-vert pour &quot; becqueter d’amour &quot; avec ses petits doigts agiles, qui va m'écouter il va m'écouter, traduire en langage court ce qu'il faut que je te dise, parce qu'il faut que je te dise, que je te parle, que tu attendes un peu, tout en patience, en langueur ma rage et toi tu seras la patience, moi la rage qui aurait trouvé son vecteur, le vecteur de la raison, c'était ton mot ça, la raison, des raisons, moi la colère, ces jeux de mots que tu détestais, mes facilités, d'apparents contrastes qui t'insupportaient, mais là je vais trouver, un vecteur, faire court, raisonnable...&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;i&gt;Un moment de silence...&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Raisonnable, juste trouver des serres de vieux pigeons, je vais aller en chercher sous un toit, à Florence, à Phnom Penh avec une tête de Garuda mais on dira que c'est un pigeon, je lui mettrai un tonneau de mots dans les pattes comme un baril de rhum au cou d'un chien à gros poils, je vais être raisonnable et faire court mon amour, ne sors pas juste regarder le sablier, doucement le sable qui danse en tombant dans le ventre inverse, à l'envers du décor, je vais faire court, trouver un télégraphiste, lui par exemple pourquoi pas ? Il pourrait lui, il suffit de lui dessiner un poste de télégraphie, un mouton trop maigre et un contremaître et hop, hop un télégraphiste, je peux lui dicter mon message, lui dire que c'est très important, primordial, qu'il faut que ça soit un télégramme en recommandé avec accusé levez-vous de réception sur l'honneur et dites je le jure, je veux qu'il le dise, qu'il jure que ça va t'arriver, par le lavabo, la bouche d'évacuation de l'eau et des misères, par la chasse, par les airs ou par la terre sinon je le mets au ban, je le réprouve et je trouve quelqu'un d’autre, lui par exemple, pourquoi pas lui? Je lui mets la machine à faire ça et j'édicte, je l'insulte un peu pour qu'il se presse, lui faire comprendre que je suis pressé, qu'il y a urgence au-delà, que tu attends mes bons mots, ma mauvaise graine d'apocalypse pour qu'on enfante à nouveau l'amour des entrailles de l'impossible, que sinon, sinon tu vas boire encore, et mourir, encore, et moi aussi, jusqu'à demain, puis après-demain, et ensuite, le réveil, la porte et la salle de bain, que tout ça ne peut pas se répéter indéfiniment non, alors il le faut ; je lui dirais ça comme ça alors il faut qu'il m'écoute car je vais faire court, court et concis, qu'il soit aussi précis que moi, que je vais lui apprendre à être précis pour qu'il puisse bien retranscrire ce que j'ai à te dire, ce qu'il faut que je te dise, lui il ne faudra pas qu'il traduise ; pas d'interprétation, mot pour mot, court et concis, comme je le dis, pour toi, précis, par n'importe quel moyen jusque dans la salle de bain, que je lui explique que c'est la destination la salle de bain, le point de chute, le point de départ mais que ça ne sera jamais le point final, lui dire tout ça, rester concis, précis, ne pas... surtout ne pas me perdre en circonvolution, dans tous les sens, ne pas me perdre...&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;i&gt;Un moment de silence...&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;&lt;i&gt;Un baiser au Minotaure dans la dernière impasse pour qu'il me laisse te revenir&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, vers toi, peu importe je serai le moyen de transport, le papier et cette vieille encre qu'on ne trouve plus que dans un ou deux magasins spécialisés, cartouches surannées pour impression d'archives, pour faux et usage de vrai je m'en servirais, j’irais dans le quartier des antiquaires, dans la basse-cours des voleurs trouver un télégraphiste, il aura une taille moyenne, plus beaucoup de cheveux gras et des pellicules dont on ne tirera jamais une photo d'art, un costume élimé et une cravate en soie rouge sur un costume de croque-mort, des longs doigts osseux et des petits yeux mesquins de télégraphe, de télégraphiste qui a envoyé balader toutes les urgences du théâtre cruel des ombres intimes et qui les tient, tous les soirs dans un carnet d'entretien avec lui-même : ça sera lui mon porte-parole, mon souffle au vent, il faut que j'appelle quelqu'un pour le dessiner je ne sais pas dessiner, pour lui donner vie à ma marionnette, mon messager, mon Pinocchio, mon gnome bon marché qui viendra frapper à la porte, il faudra lui ouvrir puisqu'à moi tu ne veux pas, puisque tu m'as obligé à partir chercher un moyen, je suis le moyen il sera la fin, il faudra lui ouvrir il tapera trois fois, toc, puis toc et toc encore, tu le regarderas par le Judas, discrètement, comme s'il ne savait pas que tu étais là, je ne lui aurais peut-être pas dit, tu regarderas et tu verras que ce n'est pas moi, juste un pigeon voyageur à tête de pantin, tout en bois, sur lequel sera sculpté un message : Déchiffrer dans le bois voilà ce qe tu feras, lire dans les nervures, caresser les mots quand les yeux ne suffisent plus, raboter s'il le faut pour trouver enfin la forme, la forme courte, en morse, en cut, car j'aurai fait court, du cutting, droit au but, pas comme d'habitude, pas comme... Mais là non ça sera un télégramme, en bois, court, à tâter seulement tu verras le sens, unique de ma peur de te perdre, et lui sera le messager à court nez de ce qui n'a jamais, jamais été mensonge : je t'aime. Je t'aime et il faut que tu sortes mon cœur, mon cœur non attends, attends de recevoir le message puis je reviens et tu sors oui on va faire comme ça, il faut juste faire court, l'évidence comme tu dis - épicentre brut de la pensée - faire court, graver l'objet dans le marbre, l'acajou, l'ivoire on s'en fout ; des mots, un télégramme, attends un peu il va arriver, je l'écris, à cette heure où je te parle je l'écris...&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;i&gt;Une minute de silence...&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il y a un bruit d'ailes... Puis la mélodie d'un arbre qui pousse, la mitraille d'une tronçonneuse, le tapé d'un ciseau à bois ; un linceul qui tombe, qui recouvre, qui s'envole et une voix, une voix en bois, robotique, qui récite comme un moine une prière dans une chapelle saccagée... Qui récite comme on récite une dictée, pleine des pièges sournois du Collège...&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Sors Grégoire sors s'il te plaît. Je ne suis pas parti. Je t'ai raconté une histoire. Il ne fallait pas écouter. Je suis là. Pas ailleurs juste là. Assis encore. L'arabe m'a fait crédit. En bas il m'a dit demain. Sors, stoppe tout ça. Stoppe tout ce cinéma. On est au théâtre arrête ton cinéma. C'est ma voix de bois. Ma langue qui lèche les parois. Je sépare les distances, sors, stoppe les reculs, reviens avance. S'il te plaît sors. N'essaye pas de me suivre, juste rejoins-moi où je suis. N'essaye pas de me suivre reviens seulement là où on était. Arrête ce n'est pas un parcours, quitte le circuit, rejoins ma voix de garage, gonfle ta queue de délice dans mon cul-calice, ton rire dans le mien qui empire en bien, reviens brûle à ma lumière, laisse-moi me maintenir au chaud à la tienne, ne m'enfonce plus sous terre il fait froid, il y a des vers qui n'ont pas douze pieds, qui te mangent jusqu'au foie reviens-moi, stoppe, arrête, &quot; Je suis un chien &quot; c'était chanson, ne me demande pas d'être une chanson, pas une chanson de Ferré ou je vais encore crever. Stoppe-tout, écoute mon petit Pinocchio, t'avais le nez comme la queue mon Pinocchio perso : tu mentais jamais mais tu bandais tout le temps, pas moi je suis pas comme ça, pas parfait... Je ne suis pas parfait... Stoppe tout, je suis ; écoute ma ponctuation qui ne veut plus rien dire, je suis : ton messager qui s'empatouille et s'embrouille, qui ta bafouille un télégramme, c'est moi je ne suis pas un télégraphiste, pas parfait : je veux juste... juste que tu stoppes tout ça, que tu comprennes mon besoin de virgules, que je boîte dans mes trois petits points, mes exclamations mais tu as remarqué? Tu as remarqué : moins d'exclamations! Ni plus ni moins que de points d'interrogations mais on s'en fout : on s'en fout et trois petits points... : Ne me laisse pas avec tout ça, ces imbroglios, ces galimatias, ces fourmilières de pourquoi, ces termitières de comment sans réponses qui me grignotent... Tu ne sors pas ne veux pas sortir? Sors! Point... Sors c’est tout! Point... Sors ne me laisse pas comme ça, ne me laisse pas je vais revenir... Je vais revenir il faut juste, juste trouver un téléphone...&lt;/p&gt;
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<title>La Charade</title>
<link>http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/archive/2005/12/04/la-charade.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Emmanuel Antoine)</author>
<category>Théâtre</category>
<pubDate>Sun, 04 Dec 2005 14:40:00 +0100</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; float: left; border-bottom-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;medium_charade_3.2.jpg&quot; src=&quot;http://errancesetdeambulations.hautetfort.com/images/medium_charade_3.2.jpg&quot; /&gt;Sors Grégoire sors s'il te plaît. Sors je t'ai entendu sortir tout à l'heure mais je le savais, je savais que tu étais vivant, j'entendais ton cœur battre la chamade dans le mien : il battait la chamade, sors je n'ai pas écrit de lettre mais je t'ai écrit une charade, comme pour les enfants tu sais qu'on est des enfants. Tu te souviens comme tu aimais mon rire au début ? Je sais oui après j'ai arrêté de rire mais parfois il m'arrivait de retrouver ce rire premier et tu aimais tant me regarder rire, tu te souvenais ce que tu n'as pas connu mais que je te racontais, comme quand j'étais enfant j'avais un rire sans commune mesure, comme ce rire était communicatif. Je te racontais les tristes réunions de famille où d'un coup d'un seul mais j'avais douze ou quatorze ans où d'un coup d'un seul je racontais une blague et je me faisais rire, et mon rire c'était comme de l'électricité dans les fils pour le téléphone il pouvait traverser l'univers, il était à contre-courant de cette famille mais il était aussi le courant et tout le monde se mettait à rire. Toi-même tu te mettais à rire quand je te racontais ma vieille tante, cette baleine austère et désagréable que je transformais en fée du rire par mon rire, et le gros Jean tu aimais que je te dise le rire du gros Jean, comme quand il parlait de Colette ou d'une soirée avec des musiciens mais il se trompait le gros Jean, il mettait le nom du batteur sur le dos du bassiste et je me mettais à rire, Ô pas un rire moqueur non juste j'étais un enfant, juste un enfant, de l'innocence plein le rire et alors j'avais le rire qui swinguait, et le swing c'est la contagion du bonheur, c'est irréfléchi, c'est du spasme de bien-être le swing, comme ce rire qui me sortait des tripes et le gros Jean, l'intellectuel, l'énarque, le directeur, ce vieux loup aux discours tonitruants il se mettait à rire de sa bourde, à rire de mon rire, et la vieille baleine austère elle avait des geysers de rire qui lui sortaient de son gros dos, et puis alors c'était comme une mauvaise manœuvre dans la chaîne à l'usine, ils débloquaient tous, ils riaient et de les voir rire je riais encore plus, mes parents se mettaient à rire et il fallait m'arrêter, à tous prix m'arrêter sinon je commençais à mourir, tu aimais que je te raconte ces scènes dans la grosse baraque prétentieuse en Normandie quand je riais par inadvertance, quand je me transformais en une invincible armée du rire qui terrassait l'austérité sérieuse de ces adultes condescendants qui se prenaient dans la toile du sérieux des discussions politico-culturelles, et moi je faisais semblant de m'ennuyer mais en fait je guettais, je guettais l'instant propice et j'imitais un président ou un ministre avec une imitation un peu sinistre et j'avais sur mon visage la malice de l'enfant, du coin de l'œil qui clignait je regardais maman et elle se mettait à rire, à se moquer comme une enfant elle aussi du gros Jean et ça m'illuminait de la voir rire sur ma blague alors je riais et papa riait, et eux, les autres, ersatz consanguins, au début ils avaient pas le choix, ils riaient pour éviter le ridicule, pour faire comme ci, mais moi j'explosais, je rentrais en tempête, je me faisais ouragan, tout en spasmes, en tremblements, en excès comme Bird des fois quand il s'emballe je m'emballais dans le papier cadeau du rire et tout le monde ouvrait le paquet et dans le paquet il y avait ce rire d'un jeune ange taquin, d'un jeune adolescent à l'œil brillant et ils finissaient par accepter le cadeau et le rire leur rentrait dedans, les infiltrait par tous les pores, se glissait dans leurs veines, leur montait aux zygomatiques et moi je devenais de plus en plus nigaud, je pleurais toutes mes larmes de rire et mon ventre faisait des nœuds de rire, des nœuds de marins impossibles qui me faisaient plier en quatre, et eux en huit, en seize, tout se multipliait, les pliures étaient partout, le gros Jean mincissait et la Baleine plongeait dans les grands fonds, papa pliait et maman était malmenée, alors ils essayaient de m'arrêter, pour me sauver, pour se sauver surtout on en aurait tous crevé de ce rire, ce rire qui était la main-mise du réel sur le doute de la réalité,&amp;nbsp; que tu aimais tant au début mais je sais, je sais il était tellement rare ces derniers temps, tellement rare mais je le retrouverais, on va partir et je le retrouverais, je te jure ne meurs pas je le retrouverais... Tiens lis je sais c'est pas marrant mais lis, lis ou plutôt écoute, c'est juste une petite charade, une petite charade parce que tu es sorti, et puis là j'entends ton cœur qui bat la chamade...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Un moment de silence...&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Sors s'il te plaît mon cœur. Sors j'ai pas envie de la dire, j'ai envie de te la poser dans les yeux, tu sais ces yeux sans amphigouris il me les faut et je te dirais la charade, ça ne sera pas à résoudre, juste une petite histoire, une petite charade… Sors s'il te plaît, j'ai vu que tu avais pris les cigarettes que j'avais laissé sur la table du salon, et aussi le petit flacon je l'avais laissé exprès ce petit flacon, je savais que tu sortirais pendant que j'étais dans le bureau, je t'ai fais croire que j'irais dans le bureau pour t'écrire une lettre mais je voulais juste entendre tes pas, je savais que tu sortirais, je te connais, je te connais tellement, tu es sorti, tu as pris les cigarettes et le flacon, tu me connais aussi tu savais que je laisserais ça sur la table, comme un présent, comme on laisse un sacrifice sur un autel, que je te laisserais faire, que si tu ne veux pas me voir je ne te surprendrais pas, que je ne suis pas comme ça... Mais tu aurais peut-être aimé que je te surprenne, peut-être que je ne te surprends plus mais je ne sais plus, la complicité c'est ça peut-être, on est peut-être trop complice, mais je t'ai surpris tu pensais que je t'écrirais une lettre mais je n'ai pas pu, j'ai écris une petite charade, je te la dirais peut-être, si tu me le demandes, demande-moi quelque chose, de résoudre l'énigme, de créer le mystère, d'inventer une vérité, de tordre le cou à un mensonge, d'arrêter de dire &quot; peut-être &quot; à tout bout de champ, de chanter autre chose, de faire une pause, de stopper cette litanie, de me renier, de nier tout ce que je ne t'ai jamais dit mais que j'aurais dû, peut-être te dire... Demande-moi quelque chose, n'importe quoi je le ferais...&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Un court instant de silence...&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Ce que tu veux sauf rire mais c'est sûrement ça que tu voudrais, m'entendre rire à nouveau, ou m'entendre faire de la musique, je t'ai tellement parlé de musique... Mais je ne peux plus... Je ne peux plus faire de musique, la musique c'est pas comme écrire, c'est pas comme écrire, la musique, on peut toujours écrire, on peut toujours écrire qu'on ne peut plus faire de musique mais on ne peut pas faire de musique pour dire qu'on ne peut plus écrire c'est peut-être ça la différence, l'énigme, l'écriture c'est tellement facile... C'est peut-être ça la question du Sphinx, et la noyade dans le Styx, les portes de la mort qui se referment comme une partition qui s'arrête...&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;i&gt;Un moment de silence...&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Demande-moi tout mais pas la musique je ne peux plus. La musique est morte en moi ne me demande pas ça, l'impossible mais pas ça... Ne me demande pas de racheter une batterie tu sais j'avais la plus belle du monde, une vieille Gretsch tout en érable, celle des plus grands, celle d'Elvin Jones et d'Art Blackey, une vieille batterie en érable et des fois je chatouillais Dieu avec tu sais, avec mon papa, puis avec des amis, des amis musiciens on jouait et c'était ça le grincement harmonieux et tribal des portes d'un drôle du paradis qui s'ouvraient et on rentrait, et j'acceptais de rentrer et je retrouvais ce rire d'Enfant, ne me demande pas il n'y plus d'enfant en moi, il n'y en a plus que les caprices et les regrets, l'amertume d'un mort-né, ma petite mort, je ne peux pas, peut-être si on part je pourrais mais là je ne peux pas, ne me demande pas ça, je peux t'écrire une lettre si tu veux, une lettre oui je peux, je peux mais il ne faut pas, tu t'enfermeras dans la salle de bain si je t'écris une lettre... Je pourrais aller chercher le tambour mais je ferais semblant, semblant de rire et de jouer et quelle image tu aurais de moi, tu ne m'as jamais entendu jouer, toujours parler, je veux te laisser dans cette idée que j'étais magicien des fois, que j'étais un peu Africain parfois, qu'il m'arrivait d'avoir ce rire venu d'un antan Absolu qui dictait à mes membres une danse venue de loin, une transe irréfléchie, un système-réflexe de mon corps qui abrogeait les lois de la raison, qui dansait dans des cercles de Swing ; un effet concentrique, la Sphère c'est ça parfois que je savais faire, créer une sphère comme les derviches c'était rare mais ça m'arrivait, &lt;b&gt;&lt;i&gt;c'était les impulses sans prix de mes évasions dans les lointains d'une vie aurifère&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, tu ne sais pas tout ce que je donnerais pour connaître à nouveau cet état mais je ne peux pas, c'est mort avec mes rires d'enfants mais pas vraiment, demande-moi de rire, parfois ça je sais encore, je peux retrouver un peu de ce rire mais pas la musique, ne me demande pas ça s'il te plaît c'est parti en fumée au-dessus des collines de Manosque, dans les ombres d'un crématorium ne me demande pas ça... Sors, Grégoire! Vient m'embrasser et me dire que ce n'est pas ça que tu me demandes, que ce n'est pas grave, qu'un jour ça sera comme une étoile filante que j'attraperais au vol, que je chevaucherais, que je serais à nouveau ce petit démon du swing sur sa vieille batterie en bois d'érable...&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Un moment de silence...&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Peut-être que si tu m'avais vu derrière ma Gretsch tu me croirais vraiment, c'est ça il te manque des preuves de ce que j'ai pu être, peut-être que tu m'aimerais d'avantage encore, à nouveau, à nouveau si j'avais les preuves mais non, tu as raison, tu le penses si fort, je t'entends et tu as raison on aime pas quelqu'un pour ce qu'il a été mais pour ce qu'il est, ce qu'il sera, même pas pour ce qu'il voudrait être c'est trop facile, on ne peut pas vivre sur le dos des rêves, se nourrir sur le dos de la bête onirique qui murmure ses espoirs et rugit ses déceptions... Tu as raison mais il n'y a pas besoin de raisons, pas de règles pour aimer, on aime ou pas c'est tout sors s'il te plaît, ne cherche pas de raisons, ne cherche pas il n’y en pas, il n'y a que déraisons et désordres…&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Un moment de silence...&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Tu aimais mon errance, toujours à cheval au galop de l'enfance, cette folie sans queue ni tête, ces cris à tue-tête sur la déshérence de l'époque, psalmodie de chaos d'un seul mouvement de refus quand j'hurlais pour la fin du Médiocre, sans cohérence me lançant vers Ailleurs et tu te laissais entraîner, c'était ma nouvelle musique, la musique d'un temps nouveau qui flirtait avec des horizons flous mais j'étais fou, dés le premier jour tu te souviens, tu savais cette folie alors peut-être aussi que c'est un peu de ta faute, de vouloir dompter, d'être parfait, mais non ne m'écoute pas, d'être parfait je ne peux pas, je sais que tu ne me demandes pas ça alors demande-moi quelque chose, n'importe quoi, d'arriver à subir, d'essayer de comprendre, de faire l'effort du Pardon, de lisser mes propos, de faire bonne figure, de ne plus faire mon dos d'âne devant les moulins du Contemporain, d'aimer les Beatles, de lire le dernier Goncourt et de dire que c'est bien, d'allumer la télé, de ne plus ronfler et de ne plus me lever avec ce teint de vieux cadavre, de me coucher tôt et de me lever tôt avant qu'il ne soit trop tard demande-moi ce que tu veux, peut-être même de me remettre à la musique, de retrouver ce rire et de racheter une batterie, tout ce que tu veux mais non, pas ça, ne me demande pas cet impossibilité là, pas la musique, le rire et le reste peut-être, la musique il faut que tu sortes, me le demander dans les yeux, demande-moi, d'accord finalement on va arrêter de croupir ici, franchir le pas, construire le pont, quitter, rompre, partir en Afrique, en orient, je ferais une batterie de mes propres mains, cercles et coquilles, fûts, peaux de chèvres elle aura ce son unique des vieilles Gretsch et je jouerais à nouveau, je retrouverais le rire mais il faut que tu sortes, me le dire dans les yeux, tu sais ces regards qui...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;i&gt;Un moment de silence...&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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